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Violences en Guadeloupe : une crise sociale qui dépasse le rejet de l’obligation vaccinale


Incendies, pillage, Violences… La Guadeloupe est actuellement paralysée par un mouvement de révolte qui prend de l’ampleur. Lancé le 15 novembre dernier par un collectif d’organisations syndicales et citoyennes, il avait à l’origine pour but de contester l’obligation vaccinale imposée à tous les travailleurs de la santé dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Mais, depuis, la situation a dégénéré. Les opérations escargot et les barrages routiers des débuts ont laissé place à des heurts, et même à des fusillades. Sur place, les secours déplorent un «contexte de guérilla urbaine.

Les tensions traversent toute l’île et des dizaines d’interpellations ont déjà eu lieu, notamment à Pointe-à-Pitre. Deux enquêtes ont aussi été ouvertes pour «dégradation par incendie en bande organisée» et «vols avec dégradation en bande organisée». Selon le procureur de la République, Patrick Desjardins, trente personnes devaient être jugées hier en comparution immédiate, soupçonnées d’avoir participé à ces violences urbaines.

Dans ce contexte explosif, l’accueil des élèves dans les écoles, collèges et lycées de l’île principale a été suspendu. Toute l’île fonctionne au ralenti en raison des nombreux blocages et les émeutiers, souvent cagoulés, tiennent le siège sur les barrages érigés un peu partout. Les services de secours sont quant à eux restreints puisque certains pompiers sont eux-mêmes mobilisés contre l’obligation vaccinale, à laquelle ils sont soumis, et les seuls véhicules pouvant accéder au CHU sont les ambulances.

Le couvre-feu, décrété vendredi, entre 18h et 5h, heure locale, n’a pas permis de faire évoluer la situation. L’Union générale des travailleurs de Guadeloupe a même appelé, dimanche, «à poursuivre la mobilisation et à renforcer les piquets de revendication populaire». L’île est donc traversée par une véritable crise sociale qui dépasse largement le simple rejet de l’obligation vaccinale. Valérie Denux, directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS), estime que la crise est «incompréhensible», car près de 90 % des soignants du territoire sont désormais vaccinés et «en conformité avec la loi». 

Des «tensions historiques»

En réalité, l’obligation vaccinale n’explique pas à elle seule cette colère. Enumérant les taxes «sur les carburants, sur les transports, les collectivités», Ary Chalus, président de la région, évoque «près de 30 millions» d’euros perdus par l’île lors de la crise sanitaire. «Beaucoup sont accompagnés, sont aidés au niveau de l’Hexagone» mais les Antilles «ne sont pas prises en compte», déplore-t-il.

Il demande à ce que «les doléances des Guadeloupéens» soient entendues, mais l’Etat a plutôt opté pour un renforcement des effectifs des forces de l’ordre, avec 200 policiers et gendarmes ainsi qu’une cinquantaine de membres du GIGN et du RAID envoyés sur place. Quelques heures avant que les élus guadeloupéens ne soient reçus à Matignon hier, Emmanuel Macron a évoqué «un contexte très local» et des «tensions […] historiques».

Il estime avoir fourni «les soutiens, les moyens, les matériels, les lits» dont la Guadeloupe avait besoin. Dénonçant le «mensonge» et la «manipulation», le chef d’Etat considère que «certains intérêts […] cherchent à utiliser ce contexte […] pour mener des combats politiques». Des paroles qui pourraient ne pas apaiser la situation.





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