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Vendée Globe 2020 : Kevin Escoffier, OFNIS, zone des glaces … l’avis de Christopher Pratt, co-skipper Charal


Remplaçant de Jérémie Beyou sur le Vendée Globe 2020, le skipper professionnel Christopher Pratt, aussi entrepreneur chez Marsail, ne participe pas cette année à la reine des courses au large en solitaire. Il n’en demeure pas moins un observateur averti et livre chaque semaine à CNEWS son éclairage sur le déroulé sur ce tour du monde à la voile qui s’annonce historique.

La casse matérielle et les abandons avaient jusque-là épargné les skippers et leurs navires. Ces derniers jours ont remis le Vendée Globe au rang qui est le sien : une course impitoyable, dangereuse et que seulement la moitié des partants termine…

Le naufrage de Kévin ESCOFFIER

Nous avons passé, excusez-moi de la familiarité de mes propos une… putain de nuit. Voilà le message que j’ai posté suite à cette nuit cauchemardesque :

Kévin, tellement heureux que tu sois à bord d’Hubert (le nom du bateau de Le Cam en hommage au frère de Mich Desjoyaux grand ami de Jean) avec le roi Jean ! Une nuit d’angoisse… Je l’ai vécue, comme si j’y étais, imaginant la manœuvre pour sortir le radeau et sauter dedans, me disant que pour que toi, avec ta force, ton courage et ton expérience, que tu te sois résolu à aller foutre ton cul dans ce putain de radeau… Il fallait vraiment que la situation soit critique. Puis j’ai commencé à cogiter, à douter, à essayer de comprendre pourquoi tu n’étais pas déjà à bord. En voyant les autres arriver sur zone, j’ai vite compris… Et là, l’angoisse, encore plus forte… Un radeau de survie, au milieu de l’océan, avec des vagues de 5 mètres, c’est pire qu’une aiguille dans une botte de foin…. Putain, non, pas possible ! En même temps, s’il y en a un qui peut tenir longtemps, s’il y en a un qui est costaud physiquement, solide mentalement, c’est bien toi !  Forcément, j’ai repensé au mien de naufrage, ce chavirage lors de la Transat Jacques Vabre, dans des contrées bien plus hospitalières. Cette décharge d’adrénaline quand j’ai failli me noyer… L’angoisse de mes proches à terre, dont je ne comprends l’ampleur qu’aujourd’hui. Être à terre, ne pas savoir, douter, avoir peur, imaginer tous les scénarios est bien pire que de le vivre… Alors, quand je vois ta tronche de cake et tes blagues à la con au petit déj, je me dis, ouf… Là aussi, on a grillé un joker…  Bravo à toi Kéké. Bravo Jean. Pour votre sang-froid, votre professionnalisme, votre humilité et votre sens de l’humour intact en toutes circonstances.

Depuis, ce sauvetage a été salué de toutes parts, jusqu’au Président de la République qui a organisé une visio avec les deux marins. Et si nous gardions cette «leçon» de vie ? Cette solidarité des gens de mer rarement vue de tous et que nous pourrions, ou même devrions, appliquer à l’ensemble de nos sociétés occidentales.

Les avaries et abandons en cascade

Suite à cette fortune de mer incroyable vécue par Kevin, (rappelons que son bateau s’est plié en deux ne lui laissant que quelques minutes pour enfiler sa combinaison de survie et sauter dans son radeau), c’est Sébastien Simon qui était contraint de stopper son navire après une collision avec un OFNI. Même chose dans la nuit de mercredi à jeudi pour Sam Davies. Ces deux skippers font route au nord afin d’évaluer sereinement les dégâts dans des conditions plus maniables et d’envisager des réparations pour continuer leur route.

Et puis que dire de l’abandon de Thomson… Le BOSS ne fera pas de remontada incroyable suite à son tour de force de la semaine dernière (il avait réussi à réparer la structure de son bateau gravement endommagée).

Nous attendions impatiemment de voir comment Dark Vador et son Étoile Noire allaient dévaler les vagues des mers du Sud, nous espérions un retour sur la tête de flotte (cela aurait été le cas quand on voit le classement des bateaux proches de lui au moment de son abandon). Un OFNI a arraché son safran tribord, ne lui permettant plus de diriger son bateau normalement. Une avarie irréparable et un handicap trop important et dangereux pour s’élancer dans les mers du sud.

La vidéo postée il y a quelques jours sur ses réseaux est poignante, il a d’ailleurs mis quelques jours à digérer cet abandon. Il n’en a pas moins les larmes aux yeux, au moment de remercier son team ses partenaires et ses fans pour leur soutien inconditionnel. Il va nous manquer, tout comme Kévin, deux grands champions, deux types bien, deux favoris.

Au sujet des OFNIs, il est étonnant de constater que c’est en entrant dans les 40ème, qui sont pourtant des zones de navigation très peu fréquentées par les navires marchands, que trois chocs ont eu lieu en une petite semaine…. Je ne sais pas l’expliquer et c’est inquiétant pour la suite du parcours des skippers en course dans les mers du sud.

La zone des glaces 

La zone des glaces est définie par la direction de course en concertation avec CLS (organisme spécialisé dans l’étude des zones glacières).

Elle se matérialise sous la forme d’une ligne continue tout autour de l’Antarctique. Cette ligne a été positionnée avant le début de la course mais elle peut être modifiée par avenant notifié aux concurrents. Elle vient d’ailleurs d’être décalée un peu vers le nord, aux alentours des Îles Kerguelen. CLS a en effet repéré via les images satellites des glaces dérivantes dans cette zone.

Le plus dangereux pour un voilier de type IMOCA n’est pas les grands icebergs, car nous les repérons au radar et sur les images satellites fournies par la direction de course. Non, le vrai danger ce sont les «growlers» : des blocs de glace de «petite» taille, qui, si on les percute, peuvent causer des dégâts majeurs voire couler le navire…

Ce que j’ai aimé

Le sauvetage de Kevin. L’engouement populaire, bien au-delà du microcosme voileux, est la preuve que cette discipline est bien plus qu’un sport. Le talent, le sang-froid de Kevin et Jean pour réaliser ce qui restera probablement un des plus beaux sauvetages maritimes de notre siècle.

Ce que je n’ai pas aimé

Les OFNIs. C’est vraiment la roulette russe, cela rend cette course terriblement aléatoire et cruelle. Vous pouvez être le mieux préparé du monde mais un choc avec un OFNI et la course s’arrête, voire pire….

Retrouvez toute l’actualité du Vendée Globe ICI

 

 

 



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