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Un agriculteur vend sa parcelle pour sauver une petite leucémique


Un agriculteur a accepté de vendre sa parcelle de terrain pour épargner Cloé, 11 ans. Atteinte d’une leucémie, la fillette doit éviter tout contact avec la poussière et les agents chimiques.

«Cloé a une leucémie à fort taux de récidive dont la maladie cousine est reconnue maladie professionnelle agricole liée à l’utilisation des pesticides», explique Stéphane Dubreil, le père de Cloé.

La jeune fille, qui habite à Saint-Nolff (Morbihan), était juste «un peu essoufflée» quand le diagnostic d’une leucémie lymphoblastique est tombé, en octobre 2019.

Commencent six semaines de traitement intensif avec cortisone et chimiothérapie, privant la fillette de ses défenses immunitaires. Fin 2019, Cloé est autorisée à se soigner alternativement à l’hôpital et à la maison. Ce traitement durera quinze mois.

Une vie «dans un cocon»

«A son retour, il a fallu tout nettoyer car il ne fallait pas qu’elle soit en contact avec la poussière ni avec des agents chimiques. On ne pouvait plus passer l’aspirateur dans la même pièce (quand Cloé s’y trouvait, NDLR) mais il fallait le passer plusieurs fois par jour» quand même, poursuit Isabelle. Cloé s’est même vu attribuer un placard spécial pour sa vaisselle, qui ne doit pas être en contact avec celle de la famille.

Face à cette vie «dans un cocon», la famille s’interroge sur l’impact possible des épandages de pesticides dans un champ de blé situé à un jet de pierre de leur maison.

Soutenue par le Collectif de soutien aux victimes des pesticides, la famille entame une négociation avec l’agriculteur et la mairie, sous l’égide du premier adjoint Daniel Bertho, agriculteur bio.

Dès la première réunion, en mars 2020, l’agriculteur accepte de ne pas épandre de pesticides sur une bande de 70 m de large jouxtant le lotissement de Cloé. En retour, la mairie s’engage à dédommager les pertes financières.

La parcelle va revenir à un agriculteur bio

«On a remercié chaleureusement l’agriculteur», se souvient Michel Besnard, membre du collectif. Mais l’été suivant, l’exploitant se lance dans la culture de pommes de terre, l’un des légumes qui nécessite le plus de traitements. Une pétition est lancée. 

De nouvelles négociations démarrent et c’est finalement la solution d’un «échange parcellaire», officialisée le 26 mai, qui l’emporte. Épaulé par la mairie, l’agriculteur revend ses 8,7 ha et parvient à racheter des terres face à une quinzaine de candidats, alors qu’il n’était «pas prioritaire». Son ancienne parcelle devrait revenir bientôt à un agriculteur bio.

Interrogé par l’AFP, l’agriculteur n’a pas souhaité s’exprimer, assurant avoir eu «tellement de pression» qu’il a «bien été obligé de trouver une solution».

Le collectif de soutien et l’association écologiste «Saint-Nolff 21» évoquent une «victoire emblématique» dont ils aimeraient qu’elle «fasse boule de neige». «Il y a un aspect émotionnel car c’est une petite fille, mais c’est pareil pour une personne de 70 ans. La santé doit passer avant tout le reste», plaide Michel Besnard, qui souhaite l’interdiction de ces produits.



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