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Trop de médicaments prescrits aux enfants en France, selon une étude


Les enfants français, et notamment les moins de six ans, se font trop prescrire de médicaments par les médecins, a mis en garde ce lundi une étude de l’Inserm.

«La France est un des pays les plus prescripteurs de médicaments en pédiatrie ambulatoire» (c’est-à-dire hors hôpital), détaille ainsi dans un communiqué l’institut de recherche. La comparaison est cependant à prendre avec prudence, car «les systèmes de santé et les politiques de remboursement des médicaments diffèrent entre les pays».

«Ces résultats préoccupants nécessitent des analyses détaillées pour mieux cibler les futures campagnes de formation (afin) d’optimiser l’usage des médicaments en pédiatrie», estime la co-auteure de l’étude, la docteur Marion Taine, citée dans le communiqué. «Une meilleure information de la population et des prescripteurs vis-à-vis de l’usage des médicaments chez l’enfant est indispensable», insiste-t-elle.

«Les enfants les plus jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets indésirables à court et à long terme des médicaments», ajoute l’Inserm. «De plus, le profil de sécurité (éventuels risques et effets indésirables, ndlr) de nombreux médicaments utilisés en pédiatrie n’est que partiellement connu», avance l’institut.

86 mineurs sur 100 ont reçu une prescription dans l’année

Publiée dans la revue The Lancet Regional Health Europe, l’étude se penche sur ce type de prescriptions en 2018-2019, comparativement à 2010-2011, sur la base des données de remboursement par la Sécurité sociale.  Elle porte sur les médicaments remboursés prescrits aux moins de 18 ans, hors hospitalisations, par un médecin, une sage-femme ou un dentiste. Au total, pour 2018-2019, plus de 230 millions de dispensations de médicaments ont été analysées.

Sur cette période, «en moyenne, 86 enfants de moins de 18 ans sur 100 ont été exposés à au moins une prescription médicamenteuse au cours d’une année», soit «une augmentation de 4% par rapport à 2010-2011», selon l’Inserm. «Les enfants de moins de six ans représentaient la catégorie des enfants la plus exposée aux médicaments avec plus de 97 enfants sur 100 concernés sur une année». En outre, «un enfant de moins de 6 ans sur trois a reçu une prescription de corticoïdes oraux», un niveau stable depuis 2010-2011 «malgré les effets indésirables connus».

Les familles de médicaments les plus prescrites sont les analgésiques (64% des mineurs en ont eu), les antibiotiques (40%), les corticoïdes par voie nasale (33%), la vitamine D (30%), les anti-inflammatoires non stéroïdiens (24%), les antihistaminiques (25%) et les corticoïdes par voie orale (21%).

Selon l'Ordre des sages-femmes, le manque d'effectifs dans les maternités est tel qu'il met les patientes et les nouveau-nés en danger.

Une image positive des médicaments en France

Conformément aux recommandations officielles, l’étude note «une diminution de 12% de la fréquence de prescriptions d’antibiotiques sur les dix dernières années». Mais cela reste «insuffisant car plus d’un enfant de moins de 6 ans sur deux a reçu une prescription d’antibiotique dans l’année», selon la docteur Marion Taine.

Les chercheurs estiment que «ces niveaux élevés de prescriptions pourraient s’expliquer notamment par l’image positive qui est associée aux médicaments en France, tant dans la population que parmi les prescripteurs». «Dans les autres pays à économie avancée, il existerait un rapport plus conscient de la balance bénéfice-risque des médicaments», jugent-ils.

Ainsi, «les fréquences de prescriptions de corticoïdes par voie orale pour les enfants français étaient (respectivement) 5 et 20 fois plus élevées que celles observées pour des enfants américains et norvégiens dans d’autres études récentes». Et «pour les antibiotiques, la fréquence de prescriptions aux enfants français était 5 fois supérieure à celle observée aux Pays-Bas».

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Inserm, de l’Université de Paris, de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines/Université Paris-Saclay, de l’AP-HP et du groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare.



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