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Trafic de médicaments : 15 personnes interpellées


Quinze personnes ont été interpellées en France et à l’étranger depuis l’ouverture de l’information judiciaire en janvier 2020. Elles sont soupçonnées d’avoir participé à un vaste système d’arnaque à l’assurance maladie visant à récupérer gratuitement des médicaments très onéreux en France pour les revendre en Egypte. Le préjudice est évalué à plusieurs centaines de milliers d’euros.

C’est un réseau de criminalité organisée très structuré que les enquêteurs de l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) viennent de mettre hors d’état de nuire sous l’autorité du parquet de Mulhouse. Réseau qui sévissait au détriment du système de santé français. 

Il y avait les petites mains, recrutées sur Snapchat à condition qu’elles soient bien bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) pour aller se faire remettre en pharmacie des médicaments anticancéreux ou antihépatiques par exemple, confiés ensuite à des «récupérateurs» qui eux-mêmes les amenaient aux exportateurs chargés d’acheminer en Égypte les précieuses boîtes de médicaments qui pouvaient valoir jusqu’à 14.000 euros chacune. Le tout au préjudice de la Caisse primaire d’assurance maladie française. 

Une première arrestation le 14 janvier 2020

Les premiers doutes sont apparus fin 2019. Des pharmaciens, mais aussi des industriels pharmaceutiques signalent aux forces de l’ordre des retraits douteux de médicaments. Dans le cadre du G5 Santé, qui a développé un partenariat entre les entreprises du médicament et l’Oclaesp, ces inquiétudes remontent rapidement et l’Office central les rapproche de certaines alertes lancées par les hôpitaux qui sont confrontés à des ordonnances volées ou falsifiées. «Début janvier 2020, nous avons donc diffusé une fiche d’alerte sur le phénomène de ces escroqueries ou tentatives d’escroqueries aux médicaments», explique à CNEWS le colonel Ludovic Ehrhart, commandant en second de l’Oclaesp. «Et le 16 janvier 2020, la justice a ouvert une information judiciaire.»

Car la première arrestation a lieu le 14 janvier 2020, à Saint-Louis dans le Haut-Rhin. Il s’agit d’un individu suspecté d’avoir essayé de se faire remettre des médicaments dans une pharmacie Alsacienne avec une fausse ordonnance. «En garde à vue, il a reconnu en être à sa deuxième tentative», relate le parquet de Mulhouse. Il avait été recruté via Snapchat pour cette mission et avait donné à une personne de région parisienne les 4 boîtes de médicaments qu’il avait réussi à obtenir moyennant 200 euros chacune, selon le parquet. 

L’enquête a donné lieu à une première vague d’interpellations en juin 2020. Six personnes sont arrêtées dans le quartier Barbès à Paris, soupçonnées d’être à la tête de cette organisation criminelle internationale et d’acheter les boîtes environs 1000 euros aux intermédiaires aussi appelés dans cette affaire les «récupérateurs», avant de les envoyer en Egypte pour les y revendre. En perquisition, les hommes de l’Oclaesp ont saisi 200.000 euros de médicaments et 30.000 euros en espèces. Au même moment, un homme était interpellé en Italie, suspecté d’être un co-auteur.

Mi-novembre 2020, les enquêteurs déclenchent la deuxième séquence d’arrestations, et placent 5 individus en garde à vue, suspectés d’être les récupérateurs, et donc d’avoir fait le lien entre ceux qui collectaient les médicaments en pharmacie et les exportateurs. 

«Au total depuis le début des investigations, 15 interpellations ont eu lieu note le parquet de Mulhouse, plus de 400 000 euros de médicaments français ont été saisis et plusieurs milliers d’euros en liquide.»

«Nous étudions actuellement 800 à 1000 signalements sur des arnaques similaires»

Mais l’affaire ne s’arrête pas là, car les enquêteurs cherchent maintenant à identifier les collecteurs de ce réseau, à évaluer précisément le préjudice subi par le système de santé français et aussi à recenser les signalements sur d’autres affaires potentielles. Une cellule nationale d’enquête a donc été créée par l’Oclaesp, baptisée Sekhmet, du nom de la déesse de la mythologie Égyptienne qui envoyait sur terre maladies, épidémies et autres fléaux, déesse aussi de la médecine : «Nous poursuivons les investigations sur la filière égyptienne qui a été mise au jour mais nous élargissons notre travail d’enquête à ce qui s’avère être un phénomène plus global puisque nous étudions actuellement 800 à 1000 signalements sur des arnaques similaires avec un préjudice qui se compte en millions d’euros», précise le colonel Ehrhart.

Un filon criminel qui se développe alors que la France connaît une pénurie de certains médicaments anticancéreux, comme le détaillait la Ligue contre le cancer en septembre dernier, qualifiant la raréfaction de ces substances médicamenteuses de «fléau silencieux».

L’Oclaesp travaille parallèlement avec l’Oclti (Office central de lutte contre le travail illégal) et la Mission interministérielle de coordination anti-fraude pour comprendre le phénomène criminel mis au jour et apporter une réponse coordonnée aux faiblesses que peut présenter le système de santé français face à l’ingéniosité des malfaiteurs. 

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