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Tout savoir sur Jean-Marc Borello, le nouveau numéro 2 de LREM

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A la suite de la démission, lundi 21 septembre, de Pierre Person, délégué général adjoint de la République en marche (LREM), le bureau exécutif du parti majoritaire a approuvé la nomination d’un binôme pour numéro 2 composé de la députée de l’Essonne et ex-juppéiste Marie Guévenoux, ainsi que du président du groupe d’entrepreneuriat social SOS, Jean-Marc Borello. Mais qui est cet homme d’affaires de 62 ans, proche d’Emmanuel Macron, au parcours pour le moins atypique ?

Né le 7 décembre 1957 à Aix-en-Provence, d’un père militaire et d’une mère ouvrière, Jean-Marc Borello a grandi à Gardanne.

De cette enfance dans les Bouches-du-Rhône, cet Aixois à la carrure de rugbyman – il mesure près de 2 mètres – a toujours conservé un accent marseillais drapant une voix rocailleuse.

Un parcours qui commence dans l’associatif

Son parcours commence dans le monde associatif au mitant des années 1970, lorsqu’il devient éducateur spécialisé dans un centre de jeunes délinquants en Essonne, près de Paris. 

En tant qu’éducateur, Jean-Marc Borello s’est intéressé aux cas extrêmes, et, en particulier, à un jeune déclaré «inassumable en milieu carcéral», comme il le raconte lui-même dans le livre-entretien «SOS contre toute attente» (Ed. Rue de l’échiquier).

Une expérience ponctuée de bons résultats qui le feront remarquer et digresser une première fois vers le monde politique. Après avoir intégré le cabinet de l’emblématique maire de Marseille, Gaston Defferre, en 1981, il sera ainsi nommé chargé de mission auprès de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), dans le gouvernement de Pierre Mauroy.

Se revendiquant jusqu’à maintenant de gauche, par ailleurs ouvertement homosexuel, il fonde, deux ans plus tard, sa propre association SOS drogue international. Au cours de cette période, l’ambitieux Borello «apprend comment fonctionne l’administration, ses besoins et ses rouages et comment s’y tisse des relations à haut-niveau», explique la journaliste du Monde Annie Khan, dans un des nombreux portraits consacrés à l’homme d’affaires, paru celui-ci en 2009.

Une incursion dans le monde de la nuit

Parallèlement, Jean-Marc Borello rencontre Régine Choukroun, plus célèbre sous son simple prénom «Régine», auquel on accole parfois sa réputation de «Reine de la nuit». Ensemble, ils ouvrent des centres de dépistage et s’attellent à la réinsertion des personnes séropositives. A l’époque, l’épidémie de sida fait des ravages et décime des vies par dizaines dans la communauté gay, encore largement opprimée. 

L’association SOS drogue International se développe et d’autres associations la rejoignent pour créer le groupe SOS. «Tout ce qu’on a fait à SOS vient de SOS drogue International : les centres de soins palliatifs, c’était parce qu’on avait vu comment on traitait nos compagnons et nos amis. L’insertion, le logement social… Personne ne voulait d’eux, alors nous, on le faisait», explique Jean-Marc Borello dans un article de Libération paru en 2018 et retraçant son itinéraire.

Le groupe SOS : un poids lourd de l’économie sociale et solidaire

Avec Régine, connue pour ses boîtes de nuit, restaurants et hôtels, Jean-Marc Borello trace par ailleurs son sillon dans le monde de la nuit. En 1986, il dirige notamment le Groupe Régine. Mais dix ans plus tard, en tant que patron du Palace, mythique boîte de nuit de la capitale et épicentre du Paris gay, il écopera de six mois de prison avec sursis au motif qu’un groupe de jeunes vendait de l’ecstasy dans l’établissement. Une affaire qui précipitera d’ailleurs la chute du Groupe Régine. 

L’homme consacre ensuite tout son temps au développement du groupe SOS, dont il est salarié depuis 1998 et président du directoire. Le groupe est aujourd’hui pilier mondial de l’entrepreneuriat social, fort de 15.000 salariés et 405 établissements et services dont le but est d’ouvrir à tous l’accès à des services essentiels, tels que l’éducation le logement, l’accès aux soins ou l’insertion professionnelle.

Au début des années 2000, Jean-Marc Borello rencontre un certain Emmanuel Macron à Sciences-Po, où il enseigne. Entre le professeur et son élève le courant passe immédiatement, au point que le premier prépare le futur plus jeune président de la Ve République au concours d’entrée de l’ENA.

Seize ans plus tard, alors candidat d’En marche ! Emmanuel Macron propulsera le président de SOS comme l’un de ses neuf délégués nationaux pour l’épauler dans sa course à la fonction suprême. Les deux hommes avaient en effet renoué le contact deux ans plus tôt, en août 2014, lorsque Emmanuel Macron est devenu ministre de l’Economie de François Hollande. 

Un parcours éclaboussé par des accusations d’attouchements sexuels

Le parcours hors norme de Jean Marc Borello a toutefois été éclaboussé en décembre 2018 avec la publication, à quelques semaines d’intervalle, dans Le Monde, puis dans Libération, de deux articles faisant état d’attouchements, de baisers non consentis et même de faits relevant de l’agression sexuelle sur la base de nombreux témoignages de jeunes hommes anciens collaborateurs du groupe SOS et recueillis par les deux médias.

Dans Libération, Jean-Marc Borello s’est défendu en invoquant une certaine «culture du groupe» héritée de son passé militant. «Cela peut choquer, mais nous savons d’où nous venons, c’est-à-dire d’Arcat, du Kiosque, des premières associations de lutte contre le sida», avait-il notamment plaidé, alors qu’aucune plainte n’avait été déposée.

Aujourd’hui, en devenant avec Marie Guévenoux le numéro 2 du parti présidentiel, il va avoir la lourde tâche, en lien avec le délégué général de LREM Stanislas Guerini, de remettre tant que faire se peut de l’ordre dans une formation en pleine crise.

Une tâche loin d’être gagnée. Devant le résultat du vote qui a porté le binôme qu’il forme avec la députée de l’Essonne aux instances du mouvement (19 voix pour, 1 contre et 4 abstentions), l’élue des Yvelines, Aurore Bergé, a notamment immédiatement confirmé sa démission de ses fonctions de porte-parole. Peut-être de quoi ajouter un nouveau chapitre au parcours atypique de Jean-Marc Borello, qui, s’il a été marqué par des hauts et des bas, a toujours été mouvementé.

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