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Tout savoir sur Gérald Darmanin, le nouveau ministre de l’Intérieur


Ex-«étoile montante» du parti Les Républicains avant d’être sacré une première fois ministre sous Emmanuel Macron, à Bercy, Gérald Darmanin est nommé, ce lundi 6 juillet 2020, ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement de Jean Castex, en remplacement de Christophe Castaner.

Auparavant ministre de l’Action et des comptes publics, ce jeune homme politique (37 ans), s’est toujours défini comme «un Gaulliste social».

Une caractéristique qu’il avait tenu à rappeler, en 2017, lors de sa prise de fonction à Bercy, lui dont le profil correspondait, en tous points, à l’un de ceux recherchés par Emmanuel Macron après sa victoire à la présidentielle.

A l’époque, Gérald Darmanin n’avait d’ailleurs pas caché sa volonté de rejoindre l’équipe du président élu, en ayant été à l’origine notamment d’un mémorable appel diffusé par vingt-deux élus de droite prêts à «répondre à la main tendue par le Président de la République», suite à la nomination d’Edouard Philippe au poste de Premier ministre.

Nommé ministre de l’Action et des Comptes publics le 17 mai 2017, poste qu’il va donc désormais quitter, il a adhéré à la République en marche (LREM) dans la foulée de sa première nomination, après avoir été exclu des Républicains, lui qui était considéré jusqu’alors comme l’un de ceux à même d’incarner la nouvelle génération de la formation de droite.

Des origines modestes

Né à Valenciennes le 11 octobre 1982, d’un père tenancier de bar et d’une mère concierge et femme de ménage à la Banque de France, Gérald Darmanin est issu d’une famille métissée.

Son grand-père maternel, d’origine algérienne, avait participé à la guerre d’Algérie au sein de l’armée française. C’est ce dernier, survivant de la bataille de Monte Cassino en 1944, qui a transmis à son petit-fils la fibre Gaulliste, ainsi que son deuxième prénom, «Moussa». Son grand-père paternel était, lui, un juif maltais.

Si ses origines sont modestes, Gérald Darmanin a pourtant effectué sa scolarité dans le centre de Paris, au collège puis au lycée privé catholique des Francs-Bourgeois, dans le 4e arrondissement. Il intègrera ensuite Sciences Po Lille, d’où il sortira diplômé.

Toubon et Séguin comme mentors

Sa construction politique s’est faite très tôt, après avoir assisté à un meeting de Philippe Séguin à l’âge de 16 ans. C’est à ce moment-là qu’il se décide a rejoindre les Républicains, le parti s’appelant encore alors RPR.

Une fois ses études terminées, il devient assistant de Jacques Toubon, alors député européen. Il rejoint ensuite Christian Vanneste, qui venait alors d’être condamné pour des propos homophobes, dont il devient le directeur de campagne pour les élections législatives de 2007 et les municipales de 2008. Il s’occupera aussi de la campagne des législatives de David Douillet en 2009, avant d’être lui-même élu conseiller régional en 2010. 

Gérald Darmanin connaît bien les cabinets ministériels, puisqu’il fut chef de cabinet de David Douillet lorsque celui-ci était secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, puis ministre des Sports. 

Conservateur sur les sujets de société

S’il se revendique du Gaullisme social, sa fibre sociétale, elle, semble s’être figée. Gérald Darmanin a ainsi par le passé pris des positions décrites comme conservatrices, voire qualifiées par d’aucuns de réactionnaires.

Porte-parole de Nicolas Sarkozy lors de la campagne pour la présidence de l’UMP en 2014, il s’était alors prononcé pour la remise en cause du mariage gay. «La loi Taubira sera abrogée, réécrite profondément», avait-il affirmé. «Avant un débat dans le pays, il y aura un débat à l’UMP et un vote sur tous les projets famille. A la fin, les militants voteront», avait-il ajouté.

Gérald Darmanin avait d’ailleurs également pris position, cette même année, contre la «théorie du genre», que le gouvernement Hollande était alors accusé de vouloir imposer dans les programmes scolaires. «La théorie du genre est une absurdité absolue. Il faut s’y opposer totalement. Cependant, ce n’est pas ce que les Français attendent aujourd’hui. Je crois que la gauche utilise un peu trop les questions de société. Il vaut mieux s’attaquer au chômage à la délinquance», avait-il déclaré. 

Deux ans auparavant, il avait aussi fait parler de lui lorsqu’il avait appelé la ministre des Sports Valérie Fourneyron à «interdire le port du voile sur les terrains de football», suite à une décision de la FIFA de l’autoriser. Il s’était ensuite prononcé pour l’interdiction du voile à l’Université.

Il avait cependant dénoncé «l’instrumentalisation de l’Islam» et le climat «d’hystérie» qui l’entoure, pronant une approche raisonnée de l’Islam de France. En juin 2016, Gérald Darmanin avait ainsi publié un «plaidoyer pour un islam français», le faisant parvenir à tous les candidats à l’investiture de la primaire à droite. «La France couve les principes d’une possible guerre civile», y écrivait-il notamment, appellant à une «concorde», afin que l’Islam «s’intègre à la République».

PAS TENDRE AU DEPART AVEC Macron

Estimant que Nicolas Sarkozy était «le plus proche du peuple de droite» et rassuré par «la présence de François Baroin», il s’était engagé en faveur de l’ancien président lors de la primaire de droite. Il l’avait pourtant critiqué par le passé, estimant qu’il était «plus dans l’identitaire que dans l’identité». 

Alors que la campagne de la primaire à droite battait son plein, il s’en était alors pris vivement à Emmanuel Macron. Dans le journal l’Opinion, il dénonçait ainsi encore en janvier 2017 «le bobopopulisme de Monsieur Macron», estimant que le nouveau président est «le pur produit du système : beaux quartiers, belles études, belle fortune, belles relations». «Comme le caméléon, Macron change, se transforme sous nos yeux. De gauche, il l’est évidemment, par son histoire, ses actes, son créateur. Mais, ce qu’il est, surtout, c’est populiste», disait-il alors. 

En 2015, Gérald Darmanin avait déja apporté un soutien, teinté d’ironie, envers un Emmanuel Macron en difficulté alors qu’il était ministre de l’Economie. «J’offre ma circonscription à monsieur Macron. Et d’ailleurs, je créerai son premier comité de soutien. Je pense qu’il faut aider monsieur Macron, c’est vraiment important pour le pays», avait-il déclaré. «C’est manifestement un garçon intelligent qui a compris ce qu’était le problème du pays, c’est-à-dire un Code du travail rigide, une fiscalité trop importante, et il veut libéraliser l’économie. On ne peut être que d’accord avec ça.» Un discours teinté d’une certaine ironie qui contraste aujourd’hui avec la promotion et la confiance accordée par le chef de l’Etat.

Des controverses et affaires judiciaires

Aux manettes en tant que ministre, Gérald Darmanin a porté avec un certain succès la réforme du prélèvement de l’impôt à la source, initiée sous le quinquennat précédent et qui entrée en vigueur au début de l’année 2019.

Lors du mouvement des gilets jaunes, il se plaint des «additions dans les restaurants parisiens tournant autour de 200 euros lorsque vous ne prenez pas de vin», ce qui sera perçu comme un élément de la «déconnexion des élites» vis-à-vis des Français. Peu après, il dira que «c’est la peste brune qui a manifesté» dans les rues de Paris.

Au plan personnel, Gérald Darmanin reste enfin visé par des accusations de viol par une ancienne militante de l’UMP âgée aujourd’hui de 46 ans pour des faits présumés remontant à l’année 2009.

Le 11 juin dernier, la cour d’appel de Paris a à ce sujet ordonné la reprise des investigations visant le ministre de l’action et des comptes publics. La chambre de l’instruction de la cour d’appel n’avait pas suivi les réquisitions du parquet général et estimé, selon une source judiciaire, que le juge d’instruction «ne pouvait se fonder uniquement sur les résultats de l’enquête préliminaire» pour refuser le 16 août 2018 de relancer l’enquête dans cette affaire. 

La Cour de cassation avait déjà ordonné, en novembre 2019, à la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris de réexaminer la validité du non-lieu dont Gérald Darmanin avait bénéficié l’année précédente.

Gérald Darmanin a toujours assuré qu’il n’avait «rien à se reprocher». «Il faut savoir rester tranquille comme Baptiste quand on n’a rien à se reprocher, ce qui est mon cas», a-t-il déclaré se disant être «à la disposition de la justice».

«Il y a eu deux classements sans suite (…) il y a eu un non-lieu. Ça fait trois ans, avec ces trois décisions de justice qu’on me calomnie», a-t-il conclu. 

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