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Tout savoir sur François Molins, pressenti au ministère de la Justice

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Alors que le nouveau gouvernement pourrait être annoncé jeudi 2 ou vendredi 3 juillet, rien ne semble plus arrêter la valse des noms de personnalités pressenties pour devenir ministre. Parmi eux, l’un se fait plus insistant ces jours-ci : celui du procureur François Molins, évoqué pour la Justice.

Né le 28 août 1953 à Banyuls-dels-Aspres, dans les Pyrénées-Orientales, François Molins, 66 ans, est peut-être le magistrat le plus connu du pays.

Le «PG», pour procureur général et comme le nomment ses équipes, a en effet été, et sept ans durant, la voix de la France face aux attentats comme procureur de Paris.

Le visage de l’antiterrorisme français

Sa nomination à ce poste s’était faite en novembre 2011, quatre mois avant les attaques meurtrières de Mohamed Merah et dans les premières semaines de la guerre en Syrie, pays vers lequel de nombreux jihadistes français ont fui.

Mais c’est surtout à partir de 2015, face aux attentats successifs qui ont endeuillé l’Hexagone, que tous les Français connaîtront le nom et le visage de François Molins. Sa voix aussi, teintée d’un notable accent pyrénéen, retentissant après chaque attaque pour décrire, de façon claire, méthodique et presque clinique, l’horreur et les détails de la tragédie.

Désormais, et depuis octobre 2018, François Molins occupe le poste de procureur général près la Cour de cassation, le plus haut niveau de magistrat du parquet en France.

Son nom évoqué en 2018 pour Beauvau

A l’époque, fait notable, son nom avait déjà été évoqué dans le cadre d’un remaniement. Il ne s’agissait pas alors de rejoindre la place Vendôme, mais Beauvau.

Après la démission de Gérard Collomb, Emmanuel Macron devait en effet trouver un nouveau ministre de l’Intérieur, et si selon des informations de presse François Molins aurait bien été approché par l’exécutif pour le remplacer, c’est finalement Christophe Castaner qui sera nommé.

Et si l’histoire ne dit pas pourquoi le «PG» n’y est pas allé, cela lui aura quoi qu’il en soit permis de s’épargner la gestion de l’une des plus fracassantes crises sociales de ces dernières années. Celle des gilets jaunes, qui samedis après samedis, se sont mobilisés sans discontinuer.

François Molins prendra-t-il cette fois la suite de Nicole Belloubet, l’actuelle garde des Sceaux que l’on dit fragilisée et dont le sort paraît plus que jamais scellé ? Sur ce sujet, le magistrat n’a en tout cas jusqu’à présent pas souhaité faire de commentaire, se contentant de répondre que ses fonctions actuelles s’achèvent le 30 juin 2023.

Accaparé par la CJR

Peut-être une façon subtile de dire qu’il compte rester là où il est, lui qui pourrait déjà avoir fort à faire avec la crise sanitaire. 

De par son autre casquette de procureur général près la Cour de justice de la République (CJR), dont le rôle est de juger les membres du gouvernement pour les actes délictueux ou criminels commis dans l’exercice de leur fonction, François Molins pourrait en effet avoir prochainement beaucoup de travail, si les différentes plaintes déposées jusqu’à présent contre l’Etat étaient jugées recevables.

Interrogé le 16 juin dernier sur RTL, le magistrat a ainsi lui-même indiqué que «84 plaintes» avaient été déposées contre le gouvernement auprès de la commission des requêtes de la CJR.

Sollicité par CNEWS, Maître Etienne Denarié, avocat au barreau de Paris, explique qu’il ne s’agit là que d’une étape préalable, cette commission des requêtes de la Cour de justice de la République étant une assemblée composée de dix-huit magistrats.

«Ils sont tenus, de par la séparation des pouvoirs, à une stricte indépendance. A telle enseigne que seuls eux ont la capacité de dire si les plaintes sont recevables. Si oui, elles seront transmises à François Molins, autrement, dans le cas contraire, elles seront classées de façon définitive», décrypte le spécialiste. Une donnée que François Molins avait d’ailleurs lui-même indiqué, ajoutant que l’examen desdites plaintes par la commission des requêtes de la CJR pourrait durer «jusqu’à la fin du mois de juin». 

Une hypothétique entrée au gouvernement dans un contexte particulier

Reste que si la commission des requêtes de la CJR venait à décider que des plaintes sont recevables, François Molins serait alors tenu de saisir la commission d’instruction, qui à l’instar d’un juge d’instruction mènerait des investigations. Un contexte pas franchement favorable pour rentrer au gouvernement d’autant plus que plusieurs plaintes visent le Premier ministre Edouard Philippe et les deux ministres de la Santé qui se sont succédé, Agnès Buzyn et Olivier Véran.

S’il devenait ministre de la Justice, François Molins aurait par ailleurs la lourde tâche de renouer les liens précisément avec la magistrature, que l’on dit catastrophiques aujourd’hui avec l’actuelle garde des Sceaux. 

Arrivée en 2017 du Conseil constitutionnel pour remplacer François Bayrou, démissionnaire, Nicole Belloubet, numéro deux du gouvernement dans l’ordre protocolaire, aura en effet vu ses relations avec les magistrats se détériorer rapidement.

Emmanuel Macron veut rapidement enclencher la «nouvelle ère» de son quinquennat.

«Elle suscite un rejet inimaginable chez les avocats qui ont pourtant voté massivement pour Macron en 2017», résume un député qui connaît bien la profession, sous couvert de l’anonymat.

François Molins, décrit comme un «grand commis de l’Etat, un honnête homme, il faut le reconnaître» par Maître Denarié, pourrait-il être la clé pour repartir sur des bases plus apaisées ? C’est tout-à-fait possible. Mais dans le cas contraire, cette entrée au gouvernement, si elle venait effectivement à se faire, pourrait vite s’apparenter à une cruelle fin de carrière.

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