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Solitude, frustration, anxiété… Les étudiants à la peine pendant ce deuxième confinement


Après une fin d’année scolaire chaotique, les étudiants se sont retrouvés de nouveau confinés fin octobre, à devoir suivre des cours à distance. Loin de la vie sociale qui les anime et des bancs de l’université, les étudiants vivent mal ce deuxième confinement, et sont angoissés quant à sa prolongation, mettant leur moral, leurs études et leurs perspectives professionnelles en péril.

«On est chanceux d’être en bonne santé et oui, il y a bien plus grave. Mais il faut accepter de voir la vérité en face : un confinement peut peser lourd sur le moral», confie Manon, 23 ans, étudiante en Master de recherche à la Sorbonne et en première année de licence Accès Santé. Confinée avec son conjoint dans un appartement à Rouen, les journées sont parfois «interminables», malgré les cours à distance.

Ayant déjà fait une dépression nerveuse il y a plusieurs années, Manon craint de devoir de nouveau consulter un médecin si le confinement se prolonge. «C’est un mal-être dont il est difficile de faire part à certains amis, par gêne ou honte certainement», explique-t-elle. Si elle juge ce confinement moins «stressant» que le premier, le mois de novembre reconfiné est bien plus «déprimant».

«Le lien social, c’est ce qui me manque le plus. Je sortais peu mais je mangeais très souvent avec mes amis. Il y a des jours où j’aimerais sortir pour voir des amis ou rentrer chez mes parents», avoue-t-elle.

Un confinement plus difficile, notamment à cause de l’incertitude qui règne encore autour de maladie, selon Christine Barois, psychiatre et psychothérapeute : «Il y a une idée de durée. Au premier confinement, il y avait une espèce de nouveauté. Ce deuxième confinement, on ne sait pas combien de temps il va durer, même s’il y a de bons espoirs avec les vaccins. Avec le manque de contact sociaux, cette incertitude est une frustration qui est compliquée à vivre.»

Des difficultés à travailler à distance

Pour Agathe, qui a entamé une première année de Master en information et communication en septembre, le manque de lien social se fait d’autant plus ressentir qu’elle n’a pas beaucoup côtoyé ses nouveaux camarades avant : «je n’ai vu les gens de ma classe que pendant un mois. Je n’ai donc pas vraiment eu le temps de nouer des liens, et les cours en Zoom ne favorisent pas les interactions», résume-t-elle.

Outre le manque d’interaction, le travail à distance pèse aussi sur la santé mentale des étudiants. Agathe explique se sentir parfois épuisée après une journée de cours en visioconférence : «les profs se rendent davantage compte sur Zoom du temps qui passe, et accélèrent parfois le rythme. Écouter le cours, prendre des notes, vérifier des informations sur internet, pendant plusieurs heures d’affilée, c’est fatiguant. Je sors lessivée de certains cours».

Vivant avec son conjoint dans un appartement parisien de 15 mètres carrés, les deux étudiants ont finalement décidé de braver le confinement au bout de quelques semaines, et de repartir en région chez les parents d’Agathe. «Ça se passait bien, on avait déjà vécu le premier confinement ensemble dans un appartement plus grand, mais là je sentais que j’étais un peu à l’étroit», raconte-t-elle, heureuse d’avoir au moins retrouvé un lieu où chacun bénéficie de son espace de travail.

Morgane, étudiante en master de droit des affaires à l’Université d’Artois, confinée chez ses parents dans l’Oise, rencontre elle aussi des problèmes de concentration. «C’est très difficile de suivre un cours à distance. Ce n’est que de la prise de note, et je trouve ça très compliqué parce que le prof a perdu ses repères. Il ne sait pas si ça va trop ou pas assez vite. Et Zoom ça plante, ça grésille, ça coupe, les joies de la technologie. Je trouve ça très compliqué de suivre un cours, c’est beaucoup moins intuitif», regrette-t-elle.

La concentration peut en effet être altérée par l’écran d’ordinateur. «Dans la réalité, quand on est en présentiel, on n’est pas attentif tout le temps. Normalement, l’attention est flottante, mais la visioconférence modifie l’attention. Quand on est à distance, on est obligé de se concentrer davantage devant l’écran d’ordinateur, car on capte moins d’éléments de contexte. C’est d’autant plus fatiguant», analyse Christine Barois.

L’inquiétude de la poursuite des études

Une année universitaire qui s’annonce donc difficile, pour toutes les étudiantes interrogées dans cet article. Leur principale crainte : ne pas être suffisamment bien formées, voir leurs stages de fin d’étude s’annuler, et ne pas avoir les clés en mains pour s’insérer dans la vie active à la fin de leurs études. «L’année dernière je n’ai pas eu d’examen, cette année je n’aurai peut-être pas de stage, je me dis qu’il ne vaut rien, mon master», se désole Morgane.

Des craintes partagées par Audrey*, étudiante en dernière année de Direction artistique dans une école d’art parisienne : «Je me demande sincèrement ce que ça va donner. Je me pose beaucoup de questions et je suis très anxieuse. Je me dis que ce qui se passe actuellement ne sera pas sans répercutions. Je sais que la suite va être difficile, avec la crise économique qui se profile, alors je m’y prépare mentalement», avoue-t-elle.

Les jeunes diplômés ont du mal à trouver du travail

«Avec la crise sanitaire, les modalités changent, notamment dans l’enseignement supérieur, ce qui les plonge dans l’incertitude. Et l’anxiété, c’est l’intolérance à l’incertitude. Légitimement, ils sont inquiets, et vivent dans un climat anxiogène», explique Christine Barois.

D’autant que les étudiants, seuls à véritablement basculer en cours à distance à 100%, se sentent laissés pour compte dans la gestion de l’épidémie. Et cette détresse inquiète aussi les professeurs et les responsables pédagogiques des établissements d’enseignement supérieur. Dans une tribune publiée ce mercredi 25 novembre sur Franceinfo, 10 présidents d’Universités françaises implorent le gouvernement de rétablir au plus vite les cours en présentiel, au même titre que les lycées. «Qui se rend compte que cette situation est une véritable bombe à retardement sociale et humaine ?» s’interrogent-ils.

Pourtant, le gouvernement n’a annoncé la réouverture des universités qu’à partir de la fin du mois de janvier, voire début février.

* Le prénom a été modifié

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