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Six mois après la mort de Claude Jean-Pierre, suite à un contrôle de gendarmerie, sa famille attend toujours des réponses

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Il y a six mois jour pour jour, le 3 décembre, Claude Jean-Pierre décédait au CHU de Pointe-à-Pitre. Il y était hospitalisé depuis le jour de son interpellation, le 21 novembre à Deshaies (Guadeloupe), par les gendarmes. Depuis, la famille veut comprendre comment l’intervention des militaires, filmée, a mené à la mort du sexagénaire.

«On ressent toujours de la colère car on pense que ça devrait aller plus vite, a confié à CNEWS Christophe Sinnan-Ragava, le beau-fils de la victime. Après on manque peut-être d’objectivité car on est dans l’émotionnel mais plus ça dure et plus on souffre. Même si on comprend qu’il y a des procédures».

Cela fait maintenant plusieurs mois qu’en compagnie de Fatia Alcabelard, la fille de Claude Jean-Pierre, ils multiplient les interventions médiatiques et les rassemblements, notamment contre les violences policières, ou même dans l’affaire Marjorie, cette adolescente de 17 ans poignardée à mort à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 14 mai dernier.

Attendu pour le mois de février, le retour de la commission rogatoire est enfin entre les mains des avocats. «Malheureusement, nous ne sommes pas personnellement en possession de ces éléments», a précisé Christophe Sinnan-Ragava. Les proches espèrent savoir «d’ici à la semaine prochaine qui a été interrogé et quels actes ont été rajoutés à cette commission rogatoire».

La famille, qui «attend clairement que les choses avancent plus rapidement», va enfin savoir si les militaires présents lors de l’interpellation ont été entendus.

luxation de deux cervicales lors de l’exfiltration

Un coup de pouce est arrivé la semaine dernière avec la diffusion par Le Média de la vidéo de l’interpellation de l’homme de 67 ans. Celle-ci a de nouveau propulsé l’affaire sur le plan national. Sur la séquence, Claude Jean-Pierre est extrait avec force de son véhicule. Or, selon Le Média, le rapport d’autopsie évoquerait «la luxation de deux cervicales» lors de l’exfiltration de sa voiture.

Alors qu’il avait déjà eu accès à la vidéo, Christophe Sinnan-Ragava a, lui, été surpris par cette nouvelle publication : «Ça nous a permis de constater certaines choses. Comme la scène du chapeau. C’est une scène incroyable». Alors que le sexagénaire est inanimé sur le sol, en pleine soleil, un militaire lui place un chapeau sur le visage et le maintient avec son pied.

Fatia Alcabelard, elle, «refuse de voir la vidéo». En janvier, elle avait pu la regarder jusqu’à l’interpellation. Beaucoup lui ont parlé de la scène du chapeau. «Je refuse de le savoir», concède-t-elle.

Une vidéo dure à regarder mais qui aura au moins permis à l’opinion publique de se rendre compte «que les propos que l’on tenait dès le départ étaient vérifiés, souligne le beau-fils de Claude. Pour nous, c’est important car on a ce souci de transparence dès le départ».

Seulement, la procédure est longue. Trop longue pour les proches du sexagénaire. Fatia s’étonne que l’enquête dure aussi longtemps avec autant d’éléments sur la table. «On nous a endormi avec pas mal de comptes-rendus médicaux qui pour moi n’ont pas de sens à la vue de la vidéo».

Les soutiens d’Assa Traoré ou Ramata Dieng 

La famille attend maintenant «les résultats de la commission rogatoire. Nos avocats décideront des suites à donner», confient les proches.

De son côté, Xavier Sicot, procureur de la République de Basse-Terre, a déclaré lors d’une conférence de presse, suite à la diffusion de la vidéo par Le Média, que «tout est fait pour trouver les éléments de réponse à apporter à la famille : «Cinq mois certes c’est long pour des familles qui attendent des réponses, mais on est sur des investigations qui demandent du temps».

Si la famille comprend le délai des procédures, cette conférence a laissé un goût amer. «J’ai eu l’impression que le procès de mon père avait commencé, pas celui sur sa mort, analyse Fatia. Ce qui m’a dérangée, c’est qu’il (le procureur) a beaucoup mis en avant l’état d’ébriété présumé de mon père sans mentionner les actes des gendarmes. C’était le procès de la victime», regrette-t-elle.

A l’approches des élections régionales, de nombreuses personnalités politiques ont demandé publiquement des comptes sur les circonstances de la mort de Claude Jean-Pierre. Un soutien bienvenu pour les proches du défunt, qui acceptent «toute aide qui pourra nous faire avancer dans notre procédure».

Durant ces mois de lutte, ils ont également été soutenus par Ramata Dieng ou encore Assa Traoré. «Elle transmet son expérience de son combat, des barrières et des murs rencontrés. Elle sait nous prémunir de ces pièges avec bienveillance et c’est appréciable», salue Fatia.

De précieux conseils afin «d’éviter de tomber dans certains pièges pour rester concentrés sur l’objectif qui est très difficile à atteindre» : faire la lumière sur la mort de son père.





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