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Sida : le «patient zéro» identifié ?


Le mystère de l’origine du sida résolu ? Dans une version mise à jour de son célèbre livre «Aux origines du sida», l’infectiologue et épidémiologiste canadien Jacques Pépin affirme que le «patient zéro» du VIH est un soldat de la Première Guerre mondiale affamé, blessé lors d’une chasse aux chimpanzés dans une forêt du Cameroun.

Ce militaire ferait partie de l’armée de 1.600 soldats français et belges des forces alliées ayant pris part à l’invasion du Cameroun, colonie allemande à l’époque, durant la «Grande Guerre». Cette opération les a menés notamment en 1916 à Moloundou, un village à la frontière avec le Congo, que ses habitants ont quitté avant l’arrivée des troupes européennes, par peur des massacres et des viols.

Les soldats se sont donc rapidement retrouvés en manque de nourriture et ont été contraints d’aller chasser dans la brousse. «Mon hypothèse est que l’un des militaires a été infecté en chassant dans la forêt. Un chimpanzé a été tué et en coupant l’animal pour le ramener, ce soldat s’est fait une blessure qui a été infectée par le virus», explique au Daily Mail le Dr Jacques Pépin, médecin dans un hôpital de brousse du Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo ou RDC) avant de devenir professeur au département de microbiologie et de maladies infectieuses de l’Université de Sherbrooke, au Canada. De précédentes études ont en effet montré que l’origine du VIH se trouvait chez le virus de l’immunodéficience simienne (VIS), équivalent du sida chez les singes.

Cette version diffère donc de celle figurant dans la première édition de l’ouvrage de Jacques Pépin «Aux origines du sida», sortie en 2011, selon laquelle le «patient zéro» du sida était un chasseur local. Cette nouvelles conclusion résulte de recherches supplémentaires de l’infectiologue canadien dans les archives médicales africaines et européennes.

Kinshasa berceau de l’épidémie

Selon Jacques Pépin, après la Première Guerre mondiale, le soldat contaminé «est retourné à Léopoldville», aujourd’hui Kinshasa, une ville qui appartenait à l’époque au Congo belge (la RDC) et par laquelle était passée l’armée alliée avant d’envahir le Cameroun. C’est à ce moment-là qu’il «a probablement démarré le tout premier train de transmission, à Léopoldville même», indique Jacques Pépin.

Puis, en 1960, le Congo belge devient indépendant. Sa capitale, Léopoldville, voit les migrants et les réfugiés affluer. Sa population explose, accélérant la transmission du VIH. Au même moment, un Haïtien attrape le virus dans le pays avant de le ramener chez lui. C’est le point de départ de la propagation internationale du sida, qui a fait des ravages dans la communauté gay aux Etats-Unis au début des années 1980, date à laquelle il a été découvert par des chercheurs français de l’institut Pasteur. Depuis, le VIH a tué 33 millions de personnes dans le monde et infecté 76 millions d’individus, selon les derniers chiffres d’ONUSIDA.

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