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Remaniement : une femme nommée à Matignon ?

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Edith Cresson, sous François Mitterrand, avait été la première femme à occuper le poste de Premier ministre, de mai 1991 à avril 1992. Et depuis, plus rien. Mais alors qu’un remaniement d’ampleur est de plus en plus évoqué, l’idée, en France, d’une femme chef de gouvernement refait à nouveau surface, en 2020.

L’option est d’autant plus sérieuse que l’actuel locataire de Matignon, Edouard Philippe, a de bonnes chances de l’emporter lors du second tour des municipales, et ainsi retourner au Havre (Seine-Maritime) à l’issue du scrutin du dimanche 28 juin. Nommer une femme pour le remplacer, alors que sa cote de popularité est au beau fixe, constituerait en outre un geste fort pour impulser la suite du quinquennat. Un coup politique, donc, que le Président de la République pourrait bien être tenté de jouer, et cela d’autant plus que l’idée n’est pas nouvelle.

En mars 2017, alors en campagne à la fonction suprême, Emmanuel Macron avait en effet déjà évoqué, lors d’un rassemblement au théâtre Antoine à Paris, son «souhait» de nommer une femme Premier ministre. «Je ne vais pas choisir un Premier ministre parce que c’est une femme. Je choisirai le Premier ministre le plus compétent, le plus capable possible, avec le souhait et la volonté que ce soit aussi une femme», avait-il toutefois prévenu.

Des paroles à considérer à nouveau aujourd’hui alors que plusieurs noms auraient déjà été soufflés à son oreille, plus ou moins en catimini. Mais si certains noms reviennent avec insistance dans la presse ces jours-ci, l’enjeu ne devrait pas seulement consister à choisir une femme compétente – car elles sont nombreuses – mais aussi à désigner celle à même d’incarner un vrai virage politique.

Marlène Schiappa

Bien que très jeune (elle est âgée de seulement 37 ans et a longtemps été la benjamine de la Macronie avant l’entrée en fonction de Gabriel Attal, 31 ans) et titulaire d’un petit portefeuille, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes a réussi à se faire un nom en un temps record. Au point qu’en juillet 2018, un an seulement après sa prise de fonction, un sondage Elabe indiquait que 60 % des Français connaissaient déjà Marlène Schiappa. Une notoriété éclair due à un aplomb, une force de travail et une énergie incontestables, mais aussi un sens aigu de la communication.

De quoi faire de cette «marcheuse de la première heure», comme elle se définit elle-même, une candidate sérieuse pour Matignon ? «Je veux faire plus et donc porter davantage de choses», a déjà fait savoir, le 8 juin dernier, l’intéressée, avant d’ajouter, prudente, qu’elle ne souhaitait néanmoins s’exprimer que «sur des sujets qui sont ceux de son expertise», et que, de ce fait, elle n’était «pas candidate» au poste de «Première ministre». Si pour Matignon, tout porte à croire qu’il faudra encore un peu patienter, Marlène Schiappa «va avoir une promotion», croit pourtant savoir de son côté un haut responsable dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD). Reste donc à savoir de quel ordre celle-ci pourrait être. Plusieurs sources évoquent un élargissement de son portefeuille à celui de la famille. A voir.

Florence Parly

Beaucoup plus en retrait, moins dans la lumière, le nom de Florence Parly circule pourtant lui aussi beaucoup parmi ceux à même de remplacer Edouard Philippe à Matignon. L’actuelle ministre des Armées, 57 ans, est en effet, «très appréciée» d’Emmanuel Macron, selon l’un de ses intimes sollicité par le JDD. Elle semble même être d’ailleurs «la seule» au sein du gouvernement actuel à être «jugée apte à accéder à la fonction», analyse de son côté l’Opinion.

Dans ce cas de figure, la nomination de Florence Parly, au-delà de ses compétences largement reconnues, constituerait aussi un avantage non négligeable au regard de son passé socialiste (elle fut notamment secrétaire d’Etat au budget sous Lionel Jospin, NDLR) surtout au moment où, épidémie de coronavirus oblige, les revendications économiques et sociales vont pleuvoir en cascade. 

«C’est simple, Florence Parly est aussi compétente qu’Edouard Philippe», résume un ministre sous couvert de l’anonymat. Et son symétrique opposé aussi pour cette femme de centre-gauche, face à un Premier ministre de centre-droit.

Christiane Taubira

Ce serait une véritable surprise pour ne pas dire un coup d’éclat. Christiane Taubira pourrait-elle devenir Premier ministre ? En 2017, face aux interpellations de Marine Le Pen lors de leur face-à-face télévisé de l’entre-deux-tours, Emmanuel Macron avait assuré qu’il ne choisirait pas, en cas de victoire, l’ancienne ministre de la Justice de François Hollande. Mais trois ans plus tard, le contexte a changé.

Alors que le gouvernement est aux prises avec un débat compliqué sur les violences policières en plein mouvement mondial contre le racisme, la personnalité et le parcours de Christiane Taubira pourraient constituer un message d’apaisement envers les quartiers populaires, en plus de constituer un signal fort à certains mouvements dits «antiracistes».

Mais, à l’inverse, cette même personnalité et ce même parcours politique, commencé en 1978 au sein d’un mouvement indépendantiste guyanais, clive et braque fortement à droite. Au sein de cet électorat, la récente déclaration de Christiane Taubira à Assa Traoré, qui réclame depuis près de quatre ans la «vérité» sur la mort de son frère Adama, n’est d’ailleurs absolument pas passée. «Vous êtes une chance pour la France», avait notamment lancé l’ancienne garde des Sceaux à la jeune femme devenue figure de proue de la lutte contre les violences policières.

Nommer Christiane Taubira à Matignon constituerait donc davantage une stratégie de court terme, avec le risque de pousser certains électeurs à s’orienter vers le vote RN en 2022, en plus de cabrer, un peu plus encore, l’institution policière.

Laurence Tubiana

Si Emmanuel Macron décide de se séparer de son Premier ministre, il pourrait également, afin de donner une nouvelle impulsion à son quinquennat en vue de la présidentielle de 2022, nommer Laurence Tubiana.

Âgée de 68 ans, cette universitaire est notamment connue pour avoir été, en 2015, la cheville ouvrière de François Hollande lors de la COP21, la Conférence de Paris sur les changements climatiques. Professeure associée depuis 2003 à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) où elle est titulaire de la chaire de développement durable, elle est aussi présidente du Conseil d’administration de l’Agence française de développement depuis 2013 et dirige depuis 2017 la European Climate Foundation.

Un profil écolo et «techno, ni de droite ni de gauche» qui pourrait constituer autant d’atouts pour lui ouvrir les portes de Matignon. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que son nom circule dans les couloirs de l’Elysée, indique Gala. Laurence Tubiana avait en effet été citée pour remplacer Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire. Mais c’est finalement François de Rugy qui avait été nommé à ce poste en 2018, avant de démissionner en juillet 2019 après des révélations de Mediapart sur son utilisation de fonds publics.

Marisol Touraine

Dans le top 5 des personnalités féminines citées pour remplacer Edouard Philippe, le nom de Marisol Touraine revient lui aussi régulièrement.

Sur le papier, la ministre des Affaires sociales et de la Santé de l’ère Hollande, de 2012 à 2017 – un record – a elle aussi un profil «social» qui pourrait être utile en ces temps perturbés. Mais, en pratique, le bilan de son mandat, s’il se distingue par sa longévité, est apparu plutôt mitigé sur fond, déjà, de manifestations, et cinq ans durant, de défense de l’hôpital public.

En mars dernier, au plus fort de la crise du coronavirus, Marisol Touraine avait d’ailleurs été au cœur d’une polémique après avoir été accusée d’avoir laissé les stocks de masques se vider lorsqu’elle était au gouvernement.

Si son endurance, ou son inflexibilité selon certains, pourrait s’avérer utile pour tenter de mener à bien certaines réformes, comme celle des retraites, elle pourrait en revanche raviver davantage certaines colères, surtout à l’hôpital. Au risque d’attiser un incendie qui couve encore sous le Covid.

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