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Réchauffement climatique : Canada, Allemagne, Chine… Quand la planète s’affole

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Vagues de chaleur intense au Canada, aux Etats-Unis ou en Espagne, inondations meurtrières en Allemagne, en Belgique ou en Chine… Les événements météorologiques extrêmes se multiplient ces dernières semaines partout sur la planète, et les experts semblent unanimes à y voir la main du réchauffement climatique.

Dernière catastrophe en date, les inondations, «extrêmement graves» de l’aveu même du président chinois Xi Jinping, provoquées par des pluies torrentielles, qui ont frappé la ville de Zhengzhou, capitale de la province du Henan (centre-est). Elles ont fait au moins 25 victimes, dont 12 prises au piège dans le métro submergé. Pas moins de 200.000 habitants ont dû être évacués.

Un drame qui survient quelques jours à peine après d’autres crues meurtières, en Europe cette fois-ci. Selon le dernier bilan provisoire, les intempéries ont provoqué la mort, les 14 et 15 juillet dernier, de 169 personnes en Allemagne, et de 31 en Belgique. Des dizaines de disparus sont encore à déplorer.

Dans le même temps, nombreux sont les pays à battre des records de chaleur ces dernières semaines. Un «dôme de chaleur» s’est abattu fin juin sur l’ouest du Canada et des Etats-Unis, faisant grimper le mercure à des températures avoisinant les 50°C à Lytton, dans la province canadienne de Colombie-Britannique. Si le lien avec ces chaleurs extrêmes reste à prouver, près de 500 morts soudaines au Canada et au moins 20 aux Etats-Unis ont été déplorées. Les deux pays ont été en proie à des dizaines d’incendies provoqués par cette canicule.

Chaleurs extrêmes au Maroc comme en Sibérie

Le même phénomène du «dôme de chaleur», lié aux hautes pressions atmosphériques qui emprisonnent l’air chaud à un même endroit, s’est produit il y a dix jours sur le sud de l’Espagne et le nord du Maroc, avec un thermomètre frisant les 45°C en Espagne et les 50°C au Maroc. Les pays du nord de l’Europe n’ont pas été en reste. S’ils n’ont pas connu de «dôme de chaleur», ils ont malgré tout enregistré des records de température : près de 35°C dans le nord de la Finlande et de la Norvège, dans l’Arctique.

Plus à l’est du cercle arctique, en Sibérie (Russie), le mercure a atteint les 48°C fin juin. Cet été particulièrement chaud dans la région a provoqué d’importants incendies, qui ont déjà ravagé 1,5 million d’hectares de forêt. Toujours en Russie, la capitale Moscou a battu fin juin un record de chaleur datant de 120 ans (près de 35°C), avant d’être noyée sous des torrents de pluie.

L’Inde a également suffoqué sous des températures caniculaires entre fin juin et début juillet. C’est aujourd’hui au tour du Royaume-Uni. Le service météorologique britannique a déclenché sa première alerte aux chaleurs extrêmes en début de semaine. Mardi, plus de 32°C ont été enregistrés au niveau de l’aéroport londonien d’Heathrow.

La responsabilité du réchauffement climatique

Si ces pluies et ces chaleurs extrêmes ont des causes naturelles et ne sont pas exclusivement liées au dérèglement climatique, les experts s’accordent à dire que ce dernier a malgré tout sa part de responsabilité. «Le changement climatique augmente la fréquence des événements météorologiques extrêmes, et il a été démontré que de nombreux événements isolés ont été aggravés par le réchauffement climatique», a expliqué l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’ONU, dans un communiqué publié le 16 juillet dernier.

Cette conséquence dramatique du changement climatique, la communauté scientifique l’annonce déjà depuis longtemps. «Ce qu’il se passe actuellement, c’est ce qu’on l’envisage depuis une trentaine d’années, en particulier depuis le troisième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDLR), publié en 2001», affirme le climatologue Jean Jouzel, ancien vice-président de l’organisme. Il y a vingt ans, ce texte «annonçait des événements extrêmes plus intenses et plus fréquents dans un contexte de réchauffement climatique», se souvient le membre de l’Académie des sciences.

L'ancien ministre de la Transition écologique entre 2017 et 2018 lance un cri du coeur alarmiste pour accélérer la prise de conscience mondiale face aux problèmes écologiques.

Si l’on pose le problème dans l’autre sens, l’expert du climat juge en revanche qu’il est «plus difficile de prendre un événement spécifique et de l’attribuer ou non au réchauffement climatique lié aux activités humaines». L’attribution scientifique est malgré tout «plus facile pour les vagues de chaleur pour les précipitations intenses», affirme-t-il. Cette remarque s’est vérifiée avec le «dôme de chaleur» qui a touché dernièrement le Canada et les Etats-Unis. Quelques jours après, une analyse du World Weather Attribution, une initiative regroupant des scientifiques de divers instituts de recherche dans le monde, a estimé que ce pic de chaleur aurait été «presque impossible» sans le réchauffement climatique causé par les humains. Il aurait en effet rendu cet événement au minimum 150 fois plus susceptible de se produire.

Et Jean Jouzel, prix Nobel de la paix en 2007, attribué au GIEC, d’alerter sur le risque que ces événements extrêmes «s’amplifient encore et deviennent de plus en plus récurrents et dévastateurs si on ne lutte pas sérieusement contre le réchauffement climatique». Selon lui, les efforts des pays sont encore insuffisants, comme en témoignent les prévisions dévoilées mardi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), selon laquelle les émissions mondiales de CO2 devraient atteindre un niveau jamais vu d’ici à 2023.



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