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qu’est-ce que le «carrefour à la hollandaise» qui protège les cyclistes ?


Quelques jours après la mort d’une jeune femme de 24 ans, renversée par un camion à Boulogne-Billancourt (92), alors qu’elle circulait sur le pont d’Issy à vélo, de nombreuses associations de cyclistes montent au créneau pour réclamer la création de carrefours dits «à la hollandaise». En quoi consiste cet aménagement ?

Venu tout droit des Pays-Bas, où la pratique intensive du vélo depuis plus de 40 ans a poussé les autorités publiques à concevoir des aménagements pérennes et sécurisés, le «carrefour à la hollandaise» a été imaginé pour éviter que les cyclistes ne soient obligés à un moment ou un autre de quitter la piste cyclable et pour leur assurer, de cette façon, sécurité et priorité.

visibilité, protection et zéro angle mort

Frédéric Kroff, membre de l’association Mieux se déplacer à bicyclette (MDB), milite depuis plusieurs années pour la sécurisation des carrefours dits dangereux, notamment celui du pont d’Issy, à Boulogne-Billancourt, où a eu lieu l’accident mortel. Il détaille les 3 points clés de cet aménagement.

Selon lui, le premier point «est d’éloigner la piste de la route principale» afin d’améliorer la visibilité de tous, permettant ainsi aux cyclistes comme aux automobilistes d’avoir «une seconde de plus pour réagir».

Le deuxième point «est d’annuler l’angle mort». Le «carrefour à la hollandaise» va en effet permettre à l’automobiliste de prendre un virage à 90 degrés, afin de se retrouver non pas côte-à-côte mais perpendiculaire aux cyclistes et aux piétons qui traversent.

Et le dernier est «d’installer une protection en dur qui vient à l’intérieur du virage», obligeant les automobilistes à ralentir. Des plots qui viennent «couper la vitesse en créant un angle droit», explique-t-il.

Et pas question de se contenter de simples marquages au sol : «si ce n’est que de la peinture, ça ne marche pas», explique Frédéric Kroff, qui souligne que «la peinture n’est pas une infrastructure». Et pour cause, selon lui, dès lors que le feu est vert, «les automobilistes ne se posent même pas la question et foncent». «C’est un réflexe» ajoute-t-il, «qu’il faut casser en cassant leur vitesse et en les obligeant à contourner l’obstacle», ajoute-t-il. 

Des «carrefours à la hollandaise» à Pantin

En Île-de-France, de tels carrefours ont déjà été installés, notamment le long de la RD933 (ex-RN 3) à Pantin (93), en mars dernier. À l’époque, Simon Burkovic, chargé de projets mobilité durable au sein du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, avait éxpliqué en quoi consistait cet aménagement, qui permettait, selon lui, de «gérer deux types de mouvement».

Pour lui, le «premier conflit à gérer», «le plus fréquent», c’est quand le cycliste va tout droit, alors que la voiture tourne à droite. «L’objectif du carrefour est donc de décaler la trajectoire du vélo vers la droite, afin que la voiture qui tourne se retrouve perpendiculaire au cycliste et lui cède le passage», avait-il démontré.

Le «deuxième conflit à gérer, c’est quand le cycliste souhaite tourner à gauche», l’obligeant à couper la route devant les voitures, continue Simon Burkovic, qui souligne qu’il s’agit d’un «mouvement assez délicat» pour le conducteur du vélo. Grâce au carrefour à la hollandaise, le cycliste peut faire «le tour en deux temps, d’abord tout droit pour pouvoir ensuite faire son mouvement à gauche après avoir attendu que le feu passe au vert», en toute sécurité.

Le premier carrefour à la hollandaise a été installé au niveau du métro Hoche, à Pantin (93).

Pour Frédéric Kroff, les «carrefours à la hollandaise» sont une vraie philosophie venue des Pays-Bas. «En France, on compte sur les panneaux pour éviter les accidents. Là-bas, ils ont intégré le fait que, malgré les panneaux, personne n’est à l’abri de commettre une erreur d’inattention. Du coup, ils ont imaginé des aménagements qui pardonnent ces erreurs», explique-t-il.

Et de poursuivre : «un systeme de sécurité routière qui ne fonctionne que quand personne ne faute, ce n’est pas un bon système de sécurité routière. Il faut des aménagements qui absorbent ces erreurs, afin de diminuer drastiquement le nombre de collisions et donc le nombre de morts». «Oui, les humains commettent des imprudences, mais ce n’est pas une fatalité. Il y a des solutions développées ailleurs dans le monde», conclut-il.



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