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Pourquoi les jeunes se passionnent-ils autant pour l’astrologie ?

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De manière assumée ou pas, les jeunes se tournent de plus en plus vers l’astrologie, comme en témoigne le succès des comptes Instagram dédiés à cet art divinatoire, des vidéos Tiktok sur la compatibilité entre les signes, et de multiples études.

Selon une enquête récemment menée par l’Ifop en collaboration avec la Fondation Jean-Jaurès pour Femme Actuelle, près de 70% des 18-24 ans disent croire aux parasciences (73% des femmes contre 65% des hommes), en particulier l’astrologie. Mais comment expliquer un tel engouement ?

Une boussole réconfortante

Si l’astrologie est devenue un véritable phénomène auprès les Millenials, c’est notamment car ces derniers s’en servent comme d’une «boussole», estime Louise Jussian, qui a réalisé l’étude de l’Ifop. Et pour cause, «ils ont besoin d’être guidés, tant le monde est de plus en plus incertain».

«Même si on dit que nous sommes dans une société de plus en plus rationnelle, poursuit-elle, ce n’est pas une donnée qui se confirme si on analyse les chiffres». D’autre part, ajoute l’experte, l’astrologie s’inscrit dans «un mouvement de développement personnel, où le bien-être est favorisé». Analyser son thème astral ou lire son horoscope «peut donner un sens à sa journée. Ce sont des éléments de réponse réconfortants».

En effet, pour Marion, 23 ans, étudiante en droit à Paris, lire son horoscope sur internet est un véritable rituel. «Je le fais tous les jours. Cela me fait du bien. Parfois ça me motive, d’autres fois moins, mais dans tous les cas, j’ai l’impression d’être préparée à ce qu’il peut m’arriver», explique-t-elle, tout en ayant quand même conscience que ces prédictions ne sont pas toujours fiables.

Mais peu importe. Pour Marion, le principal c’est que, sur le moment, «ces petites phrases (lui) mettent du baume au cœur». «Quand je lis que je vais bientôt rencontrer quelqu’un ou que tous mes petites problèmes ne seront bientôt qu’un lointain souvenir, cela me réconforte», surtout en cette période de crise sanitaire.

Comme l’explique de son côté Romy Sauvayre, maître de conférence en sociologie à l’université Clermont Auvergne et au Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (CNRS), «nous sommes dans une période trouble et forcément anxiogène». Dans ce contexte, «si tant est qu’on adhère à l’astrologie, au moins partiellement, ses prédictions rassurent».

Mieux se comprendre et cerner l’autre

De plus, «on engage peu de risque à y croire», note la spécialiste, soulignant qu’il y a aussi «un effet de mode». Selon elle, la génération Z «s’est réappropriée l’astrologie».

D’autres préfèrent étudier le tempérament de chaque signe pour mieux cerner leur entourage. C’est le cas de Justine, qui travaille dans la communication. «Au boulot, explique la jeune femme de 28 ans, j’ai fait en sorte de connaître rapidement le signe de mes collègues en leur demandant leur date de naissance.» De cette manière, «je peux connaître les traits principaux de leur personnalité, m’adapter, et ainsi mieux m’intégrer dans l’entreprise», estime-t-elle.

Les jeunes voient en l’astrologie «un mode d’emploi pour mieux se connaître, mais aussi mieux connaître les autres», complète Romy Sauvayre, précisant que si cette tranche d’âge s’intéresse autant à l’astrologie c’est également parce qu’elle est plus accessible. Aujourd’hui, «l’information se diffuse, se partage, et s’appréhende plus facilement grâce aux applications, comme par exemple Co-Star, et aux réseaux sociaux».

C’est d’ailleurs sur Instagram que Naomi, 19 ans, lycéenne à Metz (Moselle), s’est formée. «Au lycée on m’a surnommée l’astrologue», affirme non sans fierté la jeune femme, qui a fait des fiches sur chaque signe du zodiaque.

«Quand je dresse le portrait des autres élèves de ma classe en fonction de leur signe, ils sont tous surpris». Mais impressionner la galerie n’est pas son objectif. «Je suis une personne très anxieuse», confie-t-elle. Et d’une certaine manière, «cela m’aide à faire face à certaines situations». 

Quand on est jeune, décrypte Louise Jussian, «on se pose beaucoup de question, on doit prendre des décisions importantes. Les parasciences peuvent ainsi apparaître comme une réponse, une porte de sortie, et une clé de lecture supplémentaire du monde». Les jeunes ont un réel besoin de «se comprendre, de décrypter leurs émotions, mais aussi de quelle manière elles agissent sur les autres».

trOUVER L’AMOUR

Antoine, 20 ans, étudiant en langues à Montpellier (Hérault), s’est quant à lui passionné par l’astrologie il y a un an, à la suite d’une rupture amoureuse. «Je suis tombé une peu par hasard sur une publication qui listait les signes qui ne sont pas faits pour s’entendre et en voyant Lion, le signe de mon ex-copain, et Cancer, le mien. Et c’est comme si j’avais trouvé une excuse pour expliquer notre séparation», admet-il.

Depuis, il préfère mettre son avenir amoureux entre les mains des astres et des planètes. Et il n’est pas le seul. D’après un sondage réalisé par MTV Insights, 66% des 14-29 ans sont convaincus que la compatibilité amoureuse peut s’expliquer par l’astrologie. Plus d’un jeune sur trois choisirait même son partenaire en fonction de son signe astrologique. Et ce ne sont pas les sites qui manquent pour la calculer, ni les comptes Instagram.

Selon l’astrocoach Nathalie Marcot, dans le cadre d’une rencontre amoureuse, «demander à l’autre son signe astrologique est une question courante», voire l’une des premières. En ayant cette information, «on est moins dans l’inconnu, car on peut avoir des indications sur son tempérament», et ainsi avoir moins de mauvaises surprises.

De plus, «on est face à une génération qui cherche l’efficacité, la rapidité et la facilité», poursuit la spécialiste, également experte en connexion intérieure et en relations de couple. S’en remettre à l’astrologie est un moyen «d’éviter de perdre son temps avec une personne avec qui on n’est a priori pas compatible».

Si le signe de l’autre n’est pas favorable, et que «la relation n’a pas de grandes chances de marcher, ou qu’elle sera compliqué, certains d’entre eux préfèrent aussi laissent tomber dès le début plutôt que de faire des efforts». Les jeunes ne veulent pas «se compliquer la vie». En effet, d’après cette même étude, si le signe de la personne ne leur convenait pas, 25% des sondés affirment être capables de refuser un date. 



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