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Pourquoi il faut aller visiter «Pierres précieuses» au Museum national d’Histoire naturelle

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Prévue en avril, l’exposition «Pierres précieuses» se tient finalement du 16 septembre 2020 au 14 juin 2021 à la Grande Galerie de l’Evolution du Jardin des plantes. Et elle est magnifique.

«On a essayé de ne pas être trop didactique, en laissant une grande place à l’émotion», explique d’emblée Bruno David, le président du Museum national d’Histoire naturelle. C’est chose réussie. Comment de minerai, la matière devient gemme et enfin bijou ? Collaboration entre le Museum national d’Histoire naturelle et le joaillier Van Cleef & Arpels, cette très grande et dense exposition met à l’honneur l’incroyable richesse de la planète et fait dialoguer la science avec l’esthétique et les arts.

Des sous-sols de la Terre à la métamorphose en bijoux

Dès l’entrée, le visiteur plonge directement au coeur du métier de joaillier. Il peut admirer l’une des pièces maîtresses de l’exposition et visuel de l’affiche – le clip pivoine constitué de platine, d’or jaune, de rubis et de diamants –  au côté de la gemme et du minerai de départ, devant une présentation filmée de la confection du «serti mystérieux», une technique demandant plus de 300 heures de travail pour un seul clip, que seule une petite dizaine de personnes possèdent.

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Le clip «Pivoine» de la collection Van Cleef & Arpels © DR

Que ceux qui ont de mauvais souvenirs de leurs cours de géologie se rassurent : rien de rébarbatif dans cette première partie d’exposition qui explique avec clarté et une certaine brieveté comment les minéraux se forment.

On doit remonter à la formation de la Terre il y a environ 4,56 milliards d’années, bombardée alors de météorites venus des quatre coins de l’univers.

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© DR

Tout n’est donc que matière cosmique à la diversité vertigineuse. Les minéraux, eux, continuent ensuite à se diversifier grâce à l’eau qui ruisselle, aux fossilisations des animaux ou aux activités de ces derniers (comme les coraux ou les huîtres à perles), aux collisions de plaques tectoniques mais aussi aux activités telluriques.

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Agate formée au coeur d’un fémur de dinosaure fossilisé © DR

Après avoir assisté à la modelisation de ces petits miracles, le visiteur pénètre alors dans la seconde partie de l’exposition.

Les différents cristaux d’origine y sont présentés en regard des gemmes correspondantes et des bijoux ensuite créés par les artistes de la maison Van Cleef & Arpels. Le rapprochement entre minéralogie, gemmologie et joaillerie s’avère émouvant. On y découvre pierres précieuses et semi-précieuses et leur minerai d’origine. Quartz, ambre, émeraude, rubis, diamant, lapis-lazuli, tourmaline, or, platine, amethyste, saphir… ne sont qu’une partie des nombreux minéraux et métaux précieux qui deviennent ensuite des chefs d’oeuvres étourdissants.

Des collections du monde entier et des pièces exposées pour la première fois

Pour cette exposition exceptionnelle, ont été rassemblés des bijoux venus de collections rares telles que celle de la reine Nazli d’Egypte (notamment une magnifique collerette en platine et en diamants), des joyaux de la couronne (comme le collier en amethyste de Marie-Louise d’Autriche), ou des frères Arpels qui ont ramené des trésors du monde entier au détour de leurs voyages (comme cette parure Panka en turquoises, diamants et or jaune ramenée d’Inde dans les années 1970).

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Collier hindou en émeraudes, diamants, platine et or jaune (1949), Van Cleef & Arpels, collection Faerber© DR

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Tiare transformable en collier (1976) en diamants, platine et or blanc, collection Van Cleef & Arpels © DR

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Plus qu’une exposition, «Pierres précieuses» propose une déambulation pleine d’émotion entre les savoirs-faire et les merveilles du monde entier, «une promenade esthétique dans deux univers», précise Bruno David. On passe ainsi certaines vitrines pour mieux en admirer d’autres, on découvre que le bois fossilisé peut devenir un magnifique clip en forme de papillon, que le corail sait devenir parure délicate et que l’amethyste était l’une des pierres les plus prisées au 19e siècle.

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Coffret dit «Anne d’Autriche» en ambre et ivoire, XVIIe siècle, Muséum national d’Histoire naturelle © DR

La dernière partie de l’exposition fait un bref détour vers la recherche en minéralogie (notamment effectuée au sein du Muséum) et s’attarde sur les ponts entre joaillerie, arts et littérature. On découvre un bracelet inspiré de la célèbre vague d’Hokusai ou encore un texte d’André Breton célébrant les minéraux, appreciés ensuite de nombreux surréalistes. Les cristaux bruts, estimés pour leurs formes géométriques ont pu aussi nourrir les sensibilités cubistes.

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Bracelet courant marin (2015) en opale, saphirs, lapis-lazuli, diamants et or blanc de Van Cleef & Arpels et fac-similé de «La grande vague de Kanagawa de Katsushika Hokusai, Museum national d’Histoire naturelle © DR

«Il est important que cette catégorie des arts décoratifs soit présentée à un public plus large que celui qui passe habituellement les portes des salons Van Cleef & Arpels de la plâce Vendôme», conclut Nicolas Bos, président de la marque, en introduction à la visite.

Nul besoin d’être amateur de bijou, la beauté de ces créations casse en effet les codes et se place bien au-delà du luxe et des représentations sociales.

Pierres précieuses, Grande galerie de l’évolution, Museum national d’Histoire naturelle, du 16 septembre 2020 au 14 juin 2021.

Retrouvez toute l’actualité des expositions ICI



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