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Pour éviter d’être filmés, des policiers américains diffusent de la musique sous copyright


En Californie, plusieurs vidéos montrent des policiers, téléphone portable à la main, en train de diffuser des morceaux non libres de droits lorsqu’ils sont filmés par des citoyens, un procédé qui viserait à empêcher la diffusion de ces images sur les réseaux sociaux.

Le 6 février, l’activiste américain Sennett Devermont a publié sur son compte Instagram – dont le credo est «Toujours filmer la police» – une vidéo enregistrée au commissariat de Beverly Hills, en Californie, rapporte Courrier International. Après avoir reçu une contravention qu’il jugeait injuste, il s’est rendu dans ce commissariat pour réclamer les images de la caméra d’intervention du policier, en vertu de la Freedom of Information Act (Loi sur la liberté d’information), une loi américaine sur la transparence permettant aux citoyens d’avoir accès à certains documents administratifs. 

Alors que le militant filmait en direct sa discussion avec un policier, ce dernier lui a demandé combien de personnes regardaient le live, puis a sorti son téléphone et a lancé le morceau «Santeria», du groupe de musique californien Sublime. L’homme, identifié comme étant le sergent Bill Fair, a «augmenté le volume» et est «resté silencieux pendant près d’une minute» tandis que la musique se poursuivait, relate Vice.

«Si on part du principe que Fair n’essayait pas simplement de partager avec les résidents de Beverly Hills son amour pour la musique de fumeurs de joints des années 1990, commente le site d’information, il semble qu’il s’agisse d’une tactique délibérée (bien que malavisée) pour éviter de se faire filmer en s’appuyant sur la protection des droits d’auteur en vigueur sur les réseaux sociaux.»

En effet, détaille Vice, la musique sous licence «est susceptible d’être retirée même si elle passe en arrière-plan» car elle fait l’objet d’une réglementation stricte sur les réseaux sociaux, et notamment sur Instagram.

«Une attaque contre la liberté d’expression»

Interviewé par l’antenne locale de CBS News à Los Angeles, Sennett Devermont a déclaré que ce procédé utilisé par la police était «une atteinte à la liberté d’expression», précisant qu’il avait déjà eu un incident de ce type avec un autre policier de Beverly Hills, nommé Julian Reyes. Le militant a d’ailleurs diffusé une seconde vidéo dans laquelle cet autre policier utilise la même méthode. 

«Apparemment, la police de Bevery Hills ne craque pas que pour Sublime – elle aime aussi les Beatles», commente Vice dans un autre article. Dans ce second extrait, on peut en effet voir Julian Reyes – accompagné du sergent Fair – interrompre l’activiste pour diffuser le morceau Yesterday du célèbre groupe britannique. Cette nouvelle vidéo suggère que «cette tactique est employée par plusieurs policiers et n’était donc pas un cas isolé», fait valoir le média en ligne.  

Le droit d’auteur en passe de devenir une arme politique ?

Les restrictions liées à la musique sous copyright ont déjà provoqué une forme de censure par le passé, rappelle le site de Lumen, un projet dédié aux contenus numériques du centre de recherche Berkman Klein, émanant de l’université Harvard. Ce fut le cas notamment en juillet 2020 lors de manifestations du mouvement Black Lives Matter («Les vies des Noirs comptent») contre le racisme et les violences policières : une vidéo du média alternatif Unicorn Riot avait par exemple été supprimée par YouTube et Facebook en raison de la présence des morceaux Let’s Get It On, de Marvin Gaye, et Keep Ya Head Up de 2Pac en toile de fond. 

Le centre de recherche donne un autre exemple, celui de Greg Doucette, un «avocat de Caroline du Nord spécialisé dans les droits civiques» qui documentait les faits de violences policières en lien avec le mouvement Black Lives Matter dans une série de vidéos sur Twitter. À la suite d’une plainte pour atteinte au droit d’auteur, l’un des tweets de l’avocat avait été supprimé. Mais devant les critiques exprimées par Me Doucette, sa publication avait finalement été restaurée par le réseau social. «La liste des rétropédalages au sujet de vidéos retirées d’Internet ces deux dernières décennies est longue», souligne le centre de recherche américain. 

Le droit d’auteur est-il en passe de devenir une arme politique ? Longtemps avant les vidéos de ces policiers californiens – qui semblent l’utiliser pour dissuader les citoyens de les filmer –, l’idée avait déjà germé dans l’esprit de certains activistes. En témoigne notamment cette «astuce» partagée en juillet 2019 par un militant antifasciste – et repérée par Lumen – qui suggérait de «passer de la musique sous droit d’auteur pendant les rassemblements [fascistes], [pour] signaler leurs vidéos et [obtenir] facilement leur retrait à cause du droit d’auteur».

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