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«Petit pays» : pourquoi faut-il aller voir l’adaptation du roman de Gaël Faye sur grand écran?


En compétition au Festival du film francophone d’Angoulême, «Petit pays» d’Eric Barbier, programmé initialement en mars, sortira en salles ce vendredi 28 août. Une adaptation touchante et émouvante du best-seller éponyme du rappeur, auteur et compositeur Gaël Faye, paru en 2016.

Réussir à porter à l’écran une histoire qui s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires, qui a été traduite dans une quarantaine de langues et qui a reçu le prix Goncourt des lycéens… Le pari était risqué pour Eric Barbier, qui avait déjà signé l’adaptation du roman autobiographique de Romain Gary, «La promesse de l’aube», avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney, en 2017.

Mais le challenge est en grande partie réussi puisque le réalisateur parvient à garder l’essence même du récit, et rend compte de la détresse d’un enfant qui voit son paradis disparaître, alors que la guerre civile frappe son pays en 1993 après un coup d’Etat.

Avant que la violence et la peur ne fassent partie de son quotidien, le jeune Gabriel, 12 ans, vivait paisiblement à Bujumbura, capitale du Burundi, avec son père français, entrepreneur, sa mère, réfugiée rwandaise, et sa petite sœur Ana. Après l’école, ce gamin joyeux, pur et innocent rejoignait ses copains dans un van abandonné dans lequel il s’amusait à faire les quatre cents coups avec eux, comme de voler une poignée de mangues dans la plantation d’à côté dans l’espoir de remplir sa tirelire. En somme, une enfance ordinaire…

Jamais Gaby n’aurait imaginé qu’un jour ses parents se sépareraient, faisant voler en éclats la cellule familiale, et qu’à cette tristesse viendrait s’ajouter l’horreur de la guerre qui opposa les Hutus aux Tutsis.

Un huis clos familial oppressant, un pan de l’histoire oublié

C’est au sein même de la maison de Gabriel qu’Eric Barbier a choisi de raconter cette histoire tragique inspirée de la vie de Gaël Faye. Cette cuisine où l’on avait l’habitude de préparer des crêpes, ce salon où la musique africaine résonnait à la tombée de la nuit, cette terrasse où la famille se retrouvait avec joie… tous ces lieux perdent peu à peu leur âme. Entre ces quatre murs, la famille tente de résister aussi longtemps qu’elle le peut à la violence qui sévit au-delà du portail. Le réalisateur a joué sur le hors-champ pour faire comprendre l’indicible, préférant donc s’intéresser à la psychologie des personnages plutôt que de filmer le sang, les coups de machette et les corps démembrés.

Plus condensé que le livre, plus focalisé sur le noyau familial que sur la bande de copains, ce film de près de deux heures revient avant tout sur le génocide du Burundi, dont des milliers de personnes en gardent encore les stigmates aujourd’hui. Un génocide qui reste méconnu, l’opinion publique connaissant davantage les épisodes dramatiques qui ont eu lieu dans le pays voisin, le Rwanda. 

 

 

 

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S’il a activement participé au projet, Gaël Faye n’a pas souhaité apparaître à l’écran. Celui qui sortira un nouvel album, baptisé «Lundi méchant», le 6 novembre prochain, a préféré rester dans l’ombre, gardant pour lui des souvenirs douloureux qui ont ressurgi lors de l’avant-première organisée en mars à Kigali, au Burundi. «J’avais presque oublié cette tension et le film m’a rappelé une certaine réalité de la situation dans laquelle je me trouvais : tous les jours amenaient son lot d’angoisses avec le bruit de la guerre qui devient comme une musique de fond», a expliqué l’artiste de 38 ans.

Derrière la caméra, là comme un simple spectateur, il a observé celles et ceux qui avaient la lourde tâche d’incarner une partie de son enfance. A commencer par Jean-Paul Rouve, crédible – et loin de son image de Jeff Tuche – dans la peau de ce papa courageux prêt à tout pour sauver les siens. Djibril Vancoppenolle, Isabelle Kabano et de nombreux acteurs amateurs complètent le casting.

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