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Paris : une grève reconductible lancée dans les crèches jusqu’au 1er décembre

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A l’appel de plusieurs syndicats (CGT, UCP, SUPAP, FSU), une «grève reconductible jusqu’au 1er décembre» a été lancée, ce jeudi 19 novembre, par le personnel des crèches parisiennes. Les contestataires dénoncent le manque d’effectifs et l’impossibilité de respecter l’ensemble des règles sanitaires.

Comme les autres établissements scolaires, les crèches municipales de la ville de Paris sont restées ouvertes pendant ce deuxième confinement, afin de permettre aux parents de continuer à travailler mais aussi pour que l’apprentissage des enfants ne soit pas interrompu. Une décision qui met en péril, selon les syndicats, la santé du personnel mais aussi la sécurité des enfants.

Ce jeudi soir, impossible de savoir combien de crèches parisiennes étaient concernées par cette mobilisation, tant du côté syndical que municipal. Certains établissements n’avaient même pas pris la peine d’en avertir les parents, les enfants étant accueillis comme d’habitude, alors que d’autres, qui avaient pris soin de tenir au courant les familles, n’ont finalement pas été touchés.

Mais avec cette mobilisation reconductible jusqu’au mardi 1er décembre, les grévistes entendent «mettre la pression» sur la Direction des familles et de la petite enfance (DFPE) de la ville de Paris. Christine Derval, secrétaire générale CGT Petite Enfance à Paris, déplore en effet l’impossibilité pour le personnel accueillant de respecter l’ensemble du protocole sanitaire, notamment la désinfection minutieuse des jouets et des salles, tout en surveillant les enfants. «Certaines collègues sont parfois seules le matin pour accueillir les familles qui arrivent, surveiller les enfants déjà présents et faire appliquer les gestes barrières», détaille-t-elle.

Le respect du protocole sanitaire impossible ?

«Nous avons été interpellés à de nombreuses reprises par des agents de la ville [puéricultrices, assistantes maternelles…] qui étaient en grande souffrance, paniquées à l’idée que la Covid envahisse les structures d’accueil [crèches familiales et municipales, lieu d’habitation des assistantes maternelles… ndlr]», argumente Christine Derval.

La secrétaire générale CGT Petite Enfance explique également que beaucoup de structures parisiennes manquent d’effectifs, entre les agents absents parce qu’atteints par la Covid et ceux en arrêt maladie, parce que jugés «personnes à risque». C’est le cas notamment pour le personnel souffrant de pathologies chroniques, telles que l’asthme ou le diabète.

Manque d’effectifs, mélange des enfants…

Autre problème, selon Christine Derval, le nombre d’enfants par section. Les tout-petits seraient parfois jusqu’à 32 dans certains établissements, alors que la jauge maximale est fixée à 30. «Lors du premier confinement, toutes les structures n’étaient pas ouvertes, le personnel qui le souhaitait pouvait aller dépanner dans les structures qui en avaient besoin», explique-t-elle. Elle souhaiterait ainsi «limiter l’accès aux crèches aux seuls enfants dont les parents travaillent».

Enfin, alors que la mairie de Paris leur a demandé de garantir «l’étanchéité des groupes d’enfants», la déléguée syndicale juge cette demande «incohérente». «C’est impatricable dans les faits» dit-elle. Avant de donner des exemples de situation où tout le monde se mélange : «certains ateliers sont organisés dans les crèches familiales et accueillent d’autres enfants des haltes-garderies du quartier» ou encore prend l’exemple de «la cuisine chez l’assistante maternelle, où ses propres enfants et ceux qu’elle accueille déjeunent dans la même pièce».

A la mairie, on répond que «la Ville a fait le choix depuis le début d’aller plus loin que le cadre national, en fournissant depuis mars les équipements de protection individuelle aux agents, en maintenant l’étanchéité des groupes d’enfants alors que le guide ministériel ne la recommandait plus et en nettoyant systématiquement et de manière approfondie les établissements de la petite enfance tous les jours».

La municipalité indique également «avoir fait le choix de ne pas facturer les parents qui ne déposeraient pas leur enfant à la crèche, ce qui a pour effet de diminuer le nombre d’enfants accueillis et de rendre les conditions d’exercice de nos agents un peu plus favorable». Une baisse du nombre d’enfants gardés «peu flagrante» selon Christine Derval, qui admet que les horaires ont toutefois été adaptés. «Pour l’instant, la seule chose que la DFPE nous a proposé, c’est d’ouvrir les crèches de 8h30 à 17h30 [au lieu de 7h30-18h30, ndlr] pour pallier le manque de personnel et mieux accueillir les familles. Mais ce n’est pas suffisant», tempête-t-elle.

Une mobilisation à suivre

Les syndicats réclament également «le retour de la prime de reconnaissance» et «l’arrêt du jour de carence», qui soustrait un jour de salaire à toute personne malade qui ne viendrait pas travailler une journée. A ce sujet, Christine Derval souligne qu’«on parle quand même de petits salaires de catégorie C, donc la crainte, c’est que des agents viennent travailler même s’ils sont symptomatiques, pour ne pas perdre d’argent».

Des discussions ont déjà eu lieu la semaine dernière entre les représentants de la ville et les syndicats, mais ces derniers parlent d’«une réunion pas du tout concluante» lors de laquelle «la direction n’a rien voulu entendre». Un CHSCT exceptionnel a été convoqué à leur demande jeudi 26 novembre prochain, u, espérant que la souffrance des agents soit entendue.

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