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Paris : jugés «néfastes pour le petit commerce», il y a désormais plus de 60 «dark stores» dans la capitale


Zapp, Gopuff, Gorillas, Getir, Cajoo… Selon une étude, il y aurait désormais 60 «dark stores» dans la capitale, occupés par des enseignes spécialisées dans la livraison ultra-rapide de produits de première nécessité. Certains élus appellent à les sanctionner, pour ne pas tuer le commerce de proximité.

Le système est simple : implantés un peu partout dans Paris, le plus souvent au rez-de-chaussée d’immeubles donnant directement dans la rue, ces «dark stores» permettent d’entreposer des produits de première nécessité (nourriture et produits d’hygiène…), qui seront ensuite livrés en un temps record – parfois en dix minutes – par des livreurs en scooter ou à vélo.

Des «dark stores» installés au cœur de Paris

Une récente étude de l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme) porte leur nombre à 60 à Paris. «Actuellement, une petite dizaine d’opérateurs de «dark stores» ont commencé à prendre position dans Paris et dans la métropole», explique l’Apur, qui ajoute que ces «dark stores» se sont installés «au cœur de quartiers denses», «dans de petites surfaces […] aux vitrines souvent opacifiées», «concurrençant ainsi les commerces alimentaires situés autour».

D’après les données de la BDCom dévoilées par l’Apur, la moitié de ces 60 locaux utilisés aujourd’hui par ces «dark stores» étaient en effet «autrefois des commerces ou des services commerciaux». Soit 30 «dark stores» venus remplacer entre autres «11 supérettes, 5 magasins de meubles, 2 magasins de mode ou 3 restaurants», détaille l’Apur. Les 30 restants ont remplacé des bureaux, mais aussi des cabinets médicaux ou para-médicaux ou encore des parkings.

Une réalité que dénonce Emile Meunier, élu parisien, membre du groupe des Ecologistes au Conseil de Paris, qui juge ces «dark stores» particulièrement «néfastes pour le petit commerce» mais aussi pour «l’animation du quartier», sans parler des «livreurs soumis à des conditions de travail déplorables». «Le vrai sujet, c’est quand il y a une boutique et qu’on en fait un «dark store» dans une logique d’entrepôt, car on fait concurrence au commerce de proximité», regrette-t-il.

«IL FAUT ÊTRE SANS PITIÉ»

De plus, selon lui, ces entrepôts ne respecteraient pas les règles d’urbanisme. «L’étude soulève en effet 3 points : le premier est que le PLU n’accepte pas d’entrepôts dans les immeubles d’habitation, le deuxième est que certaines rues font l’objet d’une protection commerciale notamment d’artisanat, or quand on remplace un commerce par un «dark store», il y a un changement de destination interdit, et le troisième est que les «dark stores» n’ont pas le droit d’occulter leur devanture», explique-t-il.

«Nous avons déjà les outils pour les sanctionner, voire les interdire», estime Emile Meunier, pour qui «il ne faut pas attendre la révision du PLU, il faut pouvoir agir dès maintenant sur la base du règlement actuel». «Dès lors qu’il y a une infraction, il faut sanctionner. Parce qu’on est dans une logique de prédation du marché, celle du « winner takes all ». C’est à la Ville de le faire et il faut être sans pitié». 

Et le risque selon l’élu écologiste est que la montée en puissance de ces enseignes – dont certaines réalisent des levées de fonds qui dépassent le milliard d’euros – ne s’arrête pas là. Le meilleur exemple d’après lui ? «C’est Airbnb, dont on ne s’est pas méfié, et qui représente aujourd’hui 20.000 logements en moins pour les Parisiens». Et de conclure : «les «dark stores» sont aux commerces, ce qu’est Airbnb aux logements».

Des pratiques critiquées et critiquables 

Des pratiques confirmées par l’Apur, qui explique que les enseignes de «dark stores» ont profité durant quelques mois «d’un effet de nouveauté et d’un certain flou autour du statut juridique de leur activité», leur permettant «de s’installer en rez-de-chaussée d’immeuble d’habitation en remplacement de commerces ou de bureaux». Et ce, «sans solliciter les autorisations d’urbanisme nécessaires, contrevenant même parfois aux protections commerciales du plan local d’urbanisme».

Mais à l’instar de ce qu’il s’est passé à Paris lors de l’explosion du nombre d’opérateurs de trottinettes électriques en free-floating, certains pourraient vite jeter l’éponge et faire faillite. C’est en tout cas ce qu’avance l’Apur, pour qui «il est fort probable que leur nombre se réduise, le marché n’étant sans doute pas assez important pour autant de candidats».

De nombreux «dark stores» voient le jour à Paris, comme ici, à Berlin.

Selon l’Atelier parisien d’urbanisme, un premier opérateur aurait d’ailleurs été «mis en redressement judiciaire au début du mois de décembre 2021», arrêtant définitivement son activité, alors que d’autres seraient actuellement «en pourparlers en vue de collaborations et regroupement de leurs activités. A voir doncsi  leur croissance leur permettra de préempter de nouveaux commerces.

Dans une tribune publiée dans le Jdd.fr au mois de décembre dernier, le premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire avait déjà fait part de ses craintes à ce sujet. Assurant qu’«aucune loi ne permet de réguler directement les dark stores», cet élu notamment chargé de l’urbanisme avait annoncé vouloir «prendre les mesures nécessaires» afin de «faire respecter» le PLU. Et avait promis «de lourdes conséquences financières et pénales pour les récalcitrants».





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