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Paris : grâce à une association, les lapins de garenne pourraient ne plus être chassés des Invalides


L’association Paris Animaux Zoopolis (PAZ) a décidé de venir en aide aux lapins de garenne et réclame que ces derniers – qui ont élu domicile aux Invalides (7e) – ne soient plus chassés. La justice a tranché ce jeudi 22 juillet en faveur des lapins : l’arrêté autorisant leur chasse a été annulé.

Chaque année, la préfecture de police de Paris prend un arrêté fixant la liste des animaux classés «susceptibles d’occasionner des dégâts et les modalités de destruction de ces animaux», tels que les sangliers, les pigeons ramiers ou encore les lapins de garenne. Cette année, un arrêté préfectoral daté du 25 juin dernier a uniquement classé comme «nuisibles» les lapins de garenne, qui ont élu domicile sur les pelouses des Invalides (7e). 

Une décision que dénonçait l’association PAZ, qui a oeuvré pour que cet arrêté soit suspendu, le temps qu’une décision sur le fond du dossier soit prise par le tribunal. Depuis 2018, l’association de protection animale milite en effet pour l’arrêt définitif de la chasse des lapins, prétextant notamment qu’il n’existait pas de preuves des dégâts causés par ces derniers.

En 2018 et 2019 déjà, et à nouveau en 2021, l’association a obtenu l’annulation des arrêtés de la préfecture, alors que «le tribunal administratif de Paris les avait jugé « disproportionnés »», explique Amandine Sanvisens, la présidente de l’association PAZ, qui ajoute que d’après ses recherches et les réponses apportées par la Mairie de Paris, seules «plusieurs dizaines» de lapins seraient installés dans la capitale et «uniquement aux Invalides». Une quantité qui «ne correspond pas», selon elle, «à une espèce qui peut occasionner des dégâts».

Plus de 50 lapins chassés chaque année ?

D’après ses estimations, jusqu’à 55 lapins seraient ainsi «capturés» tous les ans par la préfecture de police de Paris, «sans que l’on sache vraiment dans quelles conditions». «Nous n’avons jamais réussi à savoir quand est-ce qu’ils chassaient ces lapins», admet Amandine Sanvisens, qui relate que cette chasse serait réalisée par «furetage». Et de décrire : «concrètement, un piégeur agréé par la fédération de chasse vient sur place chasser les lapins à l’aide d’un furet qui les déloge de leur terrier en leur faisant peur. Officiellement, les lapins sont capturés, mis en cage avant d’être relâchés».

Une pratique d’autant plus «scandaleuse» selon la présidente de l’association, que les lapins de garenne sont une espèce menacée en France. En effet, espèce plutôt commune dans l’Hexagone, le lapin de garenne est une espèce «quasi menacée» selon son statut de conservation. Son nombre est en baisse, à cause notamment de l’intensification des pratiques agricoles et la transformation des paysages qui entraînent la perte d’habitats essentiels à sa survie.

Pelouses dégradées et attaques de câbles

Interrogée à ce sujet, la préfecture de police de Paris a de son côté expliqué que ces «colonies de lapins de garenne provoquaient des dégâts sur le site des Invalides» à un montant «estimé à 15.000 euros par an» et ce, «depuis des années». Pelouses dégradées, terres grattées et mises à nue, pourrissement des racines des arbres mises à nu, attaques sur les câbles électriques et le réseau d’arrosage intégré… La liste des dégradations est longue.

Par ailleurs, la PP souligne que «cette surpopulation engendre une forte mortalité sous l’effet du froid et de la chaleur», qui entraîne la dispersion de «cadavres en décomposition» et qui nécessite une prise en charge spécifique pour les ramasser. Car en l’absence «de prédateur naturel sur le territoire de Paris», ces cadavres peuvent rester très longtemps «à la vue des publics».

Pire, selon la PP, il apparaît, cette année tout particulièrement, «que les zones abimées par les lapins sont devenues des lieux de refuge pour les rats dont la population a explosé sur le site des Invalides». «Les galeries et les terriers creusés par les lapins sont colonisés par les rats», déplore l’institution, qui souligne que leur volonté n’est pas de chasser les lapins mais «d’assurer leur régulation» ainsi que «la protection sanitaire» du site.

La Darse du fond de Rouvray, aujourd'hui inaccessible au public.

Une victoire pour l’association

«En attendant une décision sur le fond», l’association s’est félicitée ce jeudi que la justice ait tranché en faveur d’une suspension de l’arrêté préfectoral daté du 25 juin. Quant à la «décision sur le fond», Amandine Sanvisens garde espoir : «ça peut être long mais tant que l’arrêté est suspendu, c’est du temps de gagné».

«Nous défendons une vision globale [de protection animale, ndlr], qui consiste à ne plus vouloir ni de pêche ni de chasse à Paris pour que les animaux puissent y vivre tranquilles», a quant à elle conclut la présidente de l’association, pour qui les animaux ne devraient pas – en plus de «subir une urbanisation outrancière et leur perte d’habitat» – être pourchassés.





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