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Paris : élus et riverains mobilisés contre l’ouverture d’une «salle de shoot» dans le 20e


Alors que les rumeurs de l’ouverture d’une salle de consommation à moindres risques (SCMR) – plus communément appelée «salle de shoot» – à destination des consommateurs de crack, dans une ancienne école maternelle de la rue Pelleport dans le 20e, se sont confirmées, de nombreux riverains – soutenus par plusieurs élus locaux – sont montés au créneau, mobilisés pour mettre fin au projet.

Et dire que l’annonce de ce projet, dont les contours sont encore très flous, n’a pas été bien reçue est un euphémisme. En quelques jours seulement, les riverains se sont regroupés et ont créé le Collectif Paris 20, après s’être rapprochés de ceux qui existent déjà dans le nord-est parisien. Bien mobilisés pour empêcher l’ouverture de cette SCMR au 172, rue Pelleport (20e), ils ont déjà prévu de manifester tous les samedis. «On s’arme à tous les niveaux, juridique comme opérationnel», explique Greg H., père de famille et membre du nouveau collectif.

«Nous habitons un quartier familial, où se trouvent un énorme groupe scolaire ainsi qu’une copropriété de 450 lots dans laquelle il n’y a que des familles et des personnes âgées», poursuit-il, jugeant «irresponsable» voire «criminel» d’ouvrir une SCMR à cet endroit, «entre des écoles, une crèche et un Ehpad». «Plus de 1.500 élèves sont scolarisés dans ce quartier», ajoute celui qui espère que le maire du 20e, Eric Pliez, va reconnaître son erreur et faire machine arrière.

un projet «décidé en catimini» ?

Des craintes partagées par François-Marie Didier, élu LR du 20e et membre du groupe Changer Paris. Pour lui, l’ouverture d’une SCMR dans ce quartier sera inévitablement synonyme «de problèmes de santé publique et d’ordre public». «On va forcément avoir des zones de deal et des drogués au crack qui errent dans les rues», estime cet élu, qui regrette «la méthode» utilisée pour la mise en place de ce projet «décidé en catimini» au «mépris des habitants». Et s’il assure par ailleurs ne pas être opposé à la prise en charge des toxicomanes, celle-ci ne peut se faire, selon lui, «sans concertation des habitants, ni des élus».

Un argument également soulevé par Danielle Simonnet, élue Insoumise dans le 20e, qui relaie la «forte inquiétude» des habitants et déplore le «manque d’information officielle». Pour elle, qui se dit «tout à fait favorable» à l’ouverture de centres de consommation et de soins à destination des toxicomanes à Paris, il n’y a «aucun élément d’argumentation sur comment s’est fait le choix de ce lieu». «J’entends qu’il ne faut pas concentrer ces salles dans les 10e, 18e et 19e, mais pourquoi la question n’a pas été étudiée dans d’autres quartiers comme les abords de la Gare de Lyon (12e) et les Halles (Paris Centre), où il y a déjà un début de problème de consommation», souligne-t-elle, avant de conclure : «est-ce que le 172, rue Pelleport est le lieu le plus pertinent ? Je me pose la question».

Et preuve que les élus de tous bords sont inquiets, la délégation LREM du 20e, par la voix de son référent Mohamad Gassama, a également remis en cause l’ouverture de cette SCMR, dont la grande sœur dans le 10e n’aurait, selon lui, «pas rencontré les résultats escomptés». «Le 20e, arrondissement populaire de Paris, connaît déjà des problèmes sociaux, de délinquance, d’insécurité, de dégradations de l’espace public, d’incivilités si difficiles à enrayer et qui dégradent la qualité de vie de ses habitants. Si des points de deal existent malheureusement dans le 20e, ils ne concernent pas la vente du crack. Dès lors, il apparaît totalement inapproprié d’ajouter à ces difficultés celles qu’entraîne la présence d’un tel lieu», écrit-il dans un communiqué.

Une réunion d’information le 15 septembre

Après plusieurs jours de silence, le maire du 20e, Eric Pliez, a finalement répondu lundi soir aux critiques. Pour lui, l’école de la rue Pelleport est «un site adapté pour l’accueil, le repos et le soin […] identifié dans le quartier Pelleport à l’initiative de la maire de Paris».

Affichant son «plein soutien» à Anne Hidalgo, l’élu plaide au côté de l’exécutif parisien pour la création d’«un réseau métropolitain de lieux de prise en charge du crack […] disséminés sur l’ensemble du territoire du Grand Paris» et rappelle que ce projet a été adopté au Conseil de Paris. 

Conscient des problèmes d’ordre public que pourrait générer l’ouverture d’une SCMR dans ce quartier, Eric Pliez promet qu’il «renforcera, avec l’appui du commissaire du 20e et des services de la police municipale parisienne, la sécurisation de l’espace public afin de prévenir tout trafic et toute nuisance pour les riverains».

La municipalité plaide depuis des mois pour l'ouverture de centres d'accueil pour les toxicomanes.

Se disant «prêt à répondre aux questions» et «à témoigner sur son expérience de ces lieux de soins», celui qui n’est autre que directeur général de l’association Aurore – chargée entre autres de venir en aide aux toxicomanes en grande déshérence – promet un temps d’échange ouvert aux habitants et leur donne rendez-vous le mercredi 15 septembre, de 19h30 à 21h, à la MJC des Hauts de Belleville (20e).





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