heureux-qui.com
Image default
Fil Info

NBA, JO, NFL… La longue histoire de la contestation dans le sport


Ce 26 août aura marqué un tournant dans l’histoire du sport. En refusant de participer à des matchs de play-offs pour protester contre les brutalités policières contre les Noirs américains, les basketteurs NBA rappellent que les sportifs peuvent s’engager pour leurs convictions. Ce n’est cependant pas la première fois que la politique et les contestations sociales s’invitent dans le monde du sport.

Bill Russell, 60 ans avant Jacob Blake

Le boycott de la NBA pour dénoncer les brutalités policières et l’inégalité raciale suite à l’affaire Jacob Blake (un Noir américain qui s’est fait tirer dans le dos à 7 reprises par la police) n’est pas le premier de ce genre. En 1961, le légendaire joueur des Boston Celtics Bill Russell avait lui-aussi initié ce type de contestation. Le pivot avait refusé de participer à un match d’exhibition contre les Saint Louis Hawks car il n’avait pas été servi dans un restaurant à cause de sa couleur de peau. Ses coéquipiers noirs suivront le mouvement. Les joueurs blancs, en revanche, participeront à la confrontation, contrairement à ce qui a été observé le 26 août 2020. 

Mohamed Ali en boycott forcé

Mohamed Ali n’avait pas nécessairement prévu de se mettre en boycott. Très engagé dans la lutte pour les droits civiques et l’égalité raciale, le boxeur américain a refusé d’être envoyé au Vietnam comme soldat en 1967. Condamné pour son refus, il a perdu son titre de champion du monde des poids lourds et sa licence. Refusant de s’excuser pour ses propos ou son refus de s’engager, il ne participera pas à un combat professionnel pendant plusieurs années. Il faudra attendre 1970 et la décision d’un tribunal estimant que sa condamnation ne justifiait pas l’interdiction de boxer. Il retrouvera son titre en 1974 à Kinshasa contre George Foreman. 

La légende de la boxe Mohamed Ali salué par l'acteur Dustin Hoffman au Madison Square Garden à New York le 10 novembre 2010 [TIMOTHY A. CLARY / AFP/Archives]

Tommie Smith et John Carlos lèvent le poing  

Il s’agit peut-être de l’image la plus marquante attachée aux mots «sport et contestation». En 1968, Tommie Smith et John Carlos, médaillés d’or et de bronze aux Jeux de Mexico, lèvent un poing ganté sur le podium pendant l’hymne américain. Cette référence évidente au mouvement des Black Panthers, qui luttait pour les droits civiques, restera dans l’histoire mais détruira la carrière des deux sportifs noirs américains. Exclus de l’équipe d’athlétisme, ils n’ont plus jamais couru pour une médaille olympique. Après des années à répéter qu’ils ne regrettaient pas leur geste, ils ont été introduit au Hall of Fame du Comité olympique et paralympique de leur pays en 2019. 

Les 9 de Syracuse

Tommie Smith et John Carlos n’ont pas été les seuls à perdre une carrière prometteuse pendant cette période. En 1970, neuf jeunes footballeurs américains ont décidé de protester contre les discriminations en place au sein de leur université à Syracuse. Ils ont notamment refusé de participer à des entraînements, demandant d’avoir accès au programme de tutorat, d’avoir un meilleur suivi médical, d’embaucher des personnes issues des minorités dans le staff de l’équipe et enfin que les postes de titulaires ne soient donnés qu’au mérite. S’ils n’ont pas été exclus de l’université, peu rejoueront pour Syracuse, et aucun n’atteindra la NFL. Certains étaient pourtant considérés comme des joueurs très talentueux. À noter que malgré le fait qu’ils étaient 9, ils sont désormais connus comme les «8 de Syracuse», à cause d’une erreur des médias qui couvraient l’information. 

En 2015, une équipe de football américain de l’université du Missouri a pris exemple sur Syracuse en organisant une grève pour lutter contre le racisme sur le campus. Ils demandaient notamment la démission du président de l’université, critiqué pour son laxisme sur la question. Ils obtiendront satisfaction en quelques jours. 

22 pays africains boycottent les jeux olympiques de Montreal

Les Jeux Olympiques sont régulièrement le théâtre de boycotts et de contestations. Ceux organisés à Montréal en 1976 ne font pas exception. 22 pays africains, menés par la Tanzanie, refusent de faire le déplacement. En cause ? La participation de la Nouvelle-Zélande. En effet, alors que l’Afrique du Sud n’avait plus le droit de participer aux Jeux Olympiques et à bon nombre d’autres événements sportifs en raison du régime d’apartheid, les rugbymen néo-zélandais s’étaient rendus en tournée dans le pays. Un soutien insupportable selon les 22 pays, qui boycotteront purement et simplement les Jeux Olympiques de 1976. 

Boycotts en pleine guerre froide

Quatre ans après le «boycott africain», les Jeux Olympiques connaissent de nouvelles péripéties. Cette fois-ci, ce sont les Etats-Unis qui demandent aux autres nations de ne pas se rendre à Moscou pour la grande messe du sport. En pleine guerre froide, les Américains veulent dénoncer l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques en 1979. L’initiative sera particulièrement suivie, puisque seulement 80 nations participent à l’édition, soit le «chiffre le plus faible jamais enregistré depuis 1956» explique le site officiel des Jeux Olympiques. L’Union Soviétique tentera de riposter en 1984 avec un boycott des Jeux de Los Angeles, mais celui-ci ne sera pas aussi suivi. 

Colin Kaepernick et le genou de la discorde 

Le 26 août 2016, 4 ans avant le boycott de la NBA, Colin Kaepernick ne participe pas à la cérémonie de l’hymne américain avant un match de football américain. Le quarterback star des 49ers de San Francisco avait décidé de rester en retrait pour dénoncer la brutalité policière contre les Noirs américains. Quelques semaines plus tard, il décide de poser un genou à terre au lieu de rester assis, expliquant que ce geste n’était pas un manque de respect à l’hymne, mais une manière de protester malgré tout. Il finira par résilier son contrat avec sa franchise, et n’a plus rejoué un seul match en tant que professionnel depuis. 

À noter que Colin Kaepernick n’a pas été le premier à utiliser l’hymne pour protester aux Etats-Unis. Mahmoud Abdul Rauf refusait ainsi de se lever pendant les hymnes en NBA pour des raisons politiques et religieuses. La Ligue réagira en lui infligeant une amende, estimant que les joueurs devaient s’aligner dans une «posture digne» au cours de la cérémonie. Il finira par se lever, la tête basse et les yeux fermés afin de prier pour «ceux qui souffrent». 

Retrouvez toute l’actualité sportive ICI





Source link

Autres articles à lire

Crack à Paris : trois maires lancent une pétition pour interpeller Emmanuel Macron

adrien

Anne Hidalgo envisage de créer des salles de soins pour toxicomanes près des hôpitaux

adrien

Coronavirus : les décès au plus bas depuis la mi-mars en France

adrien

Les meilleurs jeux de simulation auto et moto de 2020

adrien

Cancer du poumon : quels sont les symptômes possibles ?

adrien

Fabrice Di Vizio, l’avocat engagé et clivant des antipass

adrien