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Michael Jeremiasz, directeur du French Riviera Open : «les joueurs sont là en tant que champions, pas handicapés»

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Directeur du French Riviera Open, qui se dispute actuellement sur les courts de la Mouratoglou Academy, Michael Jeremiasz souhaite susciter des vocations et casser le cliché du sportif paralympique.

L’ancien numéro un mondial de tennis en fauteuil et porte drapeau de la France aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016 s’est confié à CNEWS sur ce tournoi, dont les demi-finales et la finale seront diffusées sur Canal+ Sport, qui est engagé dans la sensibilisation au handicap.

Cette année encore le French Riviera Open accueille les meilleurs joueurs de la planète…

On a un plateau extraordinaire. 15 des 20 premiers mondiaux sont inscrits chez les hommes et nous avons les 4 premières mondiales qui sont présentes. C’est une grande fierté.

Le niveau mondial a-t-il augmenté ces dernières années ?

Complètement même si malheureusement en France, c’est plutôt l’inverse. On a évidemment Stéphane Houdet (numéro un français) mais comme les autres, ils sont plutôt proches de leur fin de carrière. Et la relève ne suit pas encore. Pareil pour les femmes.

L’objectif de ce tournoi est aussi de créer des vocations ?

C’est en effet l’objectif. Nous voulons que les jeunes se disent «Je vais être comme Gustavo Fernandez (n°1 mondial), Alfie Hewett (N°2 mondial) ou Stéphane Houdet». Comme moi gamin, je voulais gagner Roland-Garros. C’est un de mes enjeux.

Mais pour cela, il faut qu’il y ait plus de médiatisation…

On sera en direct sur Canal+ Sport pour les demi-finales et la finale. C’est quelque chose de magnifique pour nous. On est le seul tournoi handisport de tennis à être diffusé. Pour les joueurs en fauteuil à Roland-Garros, il n’y a pas eu une minute de diffusion à la télévision. C’est aussi pour cela que nous avions créé le French Riviera Open. Nous voulions qu’il soit médiatisé, que l’on mette en lumière les champions et championnes sans tomber dans les clichés et dans les histoires qui font pleurer mais dans les performances sportives.

Le sensationnalisme, le larmoyant, ça ne nous sert pas.Michael Jeremiasz

C’est souvent le problème lorsque l’on parle du handisport…

On est toujours dans la belle histoire émouvante, le rebond grâce à sport. C’est très bien, il y a effectivement de belles histoires. Mais pour nous l’enjeu aujourd’hui à deux mois des JO de Tokyo et trois ans des Jeux de Paris, c’est de montrer des hommes et des femmes qui s’entrainent très dur. Montrer la performances, l’endurance, la vitesse, l’intelligence de jeu, la qualité. L’idée, ce n’est pas de cacher leur handicap mais que ce ne soit pas le point de départ. Le sensationnalisme, le larmoyant autour de la belle histoire, ça ne nous sert pas… Il faut que l’on soit considéré comme les autres.

Faut-il arrêter de parler des accidents de la vie ?

C’est quoi un accident de la vie ? C’est la perte d’un proche, c’est le Covid-19, c’est une rupture en amour… Je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir d’empathie mais il faut penser au sportif. Quand on est sur un tournoi de tennis en fauteuil, les joueurs ne sont pas là parce qu’ils sont handicapés mais parce que ce sont champions. 





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