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Les meilleures bd de l’année 2020

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Les sorties BD de l’année 2020 sont déjà très nombreuses, malgré la pause de parution durant le confinement qui a retardé toute une partie de la production. Sélection toute subjective de la crème du neuvième art.

«PAUL À LA MAISON», de Michel Rabagliati, éd. La Pastèque

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© Michel Rabagliati / La Pastèque

L’histoire : Paul, le double autobiographique de Michel Rabagliati, star du neuvième art au Québec encore trop peu connu en France malgré un Prix du public Fauve au 37e festival international de la bande dessinée d’Angoulême, est de retour. Dans «Paul à la maison», il est désormais séparé de sa femme Aline, sa fille Lucie, devenue adulte, a des envies d’ailleurs et lui, auteur de BD à temps plein, est attendu au Salon du livre de Montréal pour des dédicaces. Parallèlement, la mère du protagoniste, vieille dame attachante dans une résidence pour personnes âgées, ne va pas très bien. Et Paul déprime.

Pourquoi on a aimé : avec toujours cette même justesse qu’on connaît à Michel Rabagliati, le Montrealais traite du deuil sous toutes ses formes. On suit le dessinateur dans ses tâches quotidiennes, ses souvenirs, ses coups de gueule cocasses sur nos sociétés modernes. Derrière cette apparente légèreté, on assiste impuissant au délitement de sa cellule familiale. Si ce «Paul à la maison» est certainement l’album le plus sombre de la série, il n’en ressort pas moins une jolie lumière d’espoir tournée vers la faculté à renaître après des drames. On en redemande.

«Paul à la maison», Michel Rabagliati, éd. La Pastèque, 25 euros.

«PAYER LA TERRE», de Joe Sacco, ed. Futuropolis et XXI

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© Joe Sacco / éd. Futuropolis / XXI

L’histoire : grands comme la France et l’Espagne réunis, les territoires du Nord-Ouest du Canada sont longtemps restés ignorés des autorités et habités par moins de 50 000 personnes : les Dénés, peuples indigènes qui vivaient encore de manière traditionnelle jusqu’à ce que soient découvert du pétrole et de l’or. L’auteur raconte ici tout l’art des indigènes à vivre en harmonie avec la nature jusqu’à ce que l’industrie pétrolière engage un profond changement des mentalités, et qu’ils ne puissent plus refuser pour la plupart quelques dollars en échange de leur terre.

Pourquoi on a aimé : Joe Sacco – qui n’avait pas effectué de BD documentaire depuis «Gaza 1956» – livre l’épais et passionnant «Payer la terre». Le journaliste et dessinateur américain raconte ce moment de basculement entre un mode de vie ancestral et la sédentarisation de ces peuples avec les problèmes de pauvreté, d’acculturation, d’alcoolisme, de drogue inhérents. Et comme si tout cela ne suffisait pas, le forage classique est abandonné pour la fracturation hydraulique, un système d’extraction du pétrole par l’instillation dans la terre de produits chimiques, entraînant de lourds dommages écologiques. Un cercle vicieux qui est loin de trouver une solution. Dans un dessin au réalisme léché, Joe Sacco rassemble ici les témoignages et reconstitue les récits des habitants de la région avec minutie.

«Payer la terre», Joe Sacco, Futuropolis et XXI, 26€.

«SACRÉES SORCIÈRES», de Pénélope Bagieu, ed.Gallimard Jeunesse

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© Pénélope Bagieu / Gallimard Jeunesse

L’histoire : le cauchemar des enfants. Avec «Sacrées sorcières», Roald Dahl signait en 1983 l’un de ses chefs d’oeuvre, doublé d’une histoire qui aura terrifié (avec bonheur) nombre d’enfants, rendant les sorcières de notre monde moderne aussi nuisibles qu’insoupçonnables. Ici, le petite garçon, orphelin, vit avec sa truculente grand-mère – bagues au doigt, pantalon léopard et franc-parler délicieux – qui le met en garde contre les sorcières. Un chapeau pointu, un nez crochu et un balai ? Rien de tout cela. Ces sorcières sont des créatures maléfiques grimées en femmes qui ne souhaitent qu’une chose : exterminer les enfants jusqu’au dernier. Manque de chance, le garçon de 8 ans devient l’une des victimes de ces créatures maléfiques, entraînant notamment la vieille dame dans une aventure rocambolesque.

Pourquoi on a aimé : «Je place très haut  la littérature pour enfants», explique Pénélope Bagieu. Défi relevé pour la grande fan de l’écrivain, qui déteste qu’on prenne les «enfants pour des idiots». Action, frissons, scènes spectaculaire et humour sont au rendez-vous. Les lecteurs, de 6 à 107 ans, en prennent plein les mirettes et ne peuvent s’empêcher de tourner les pages jusqu’au dénouement final.

Sacrées sorcières, Pénélope Bagieu, Gallimard Jeunesse, 23,90€.

«LE CHANTEUR PERDU», de Didier Tronchet, ED. dupuis

L’histoire : Jean, un ancien étudiant en lettres idéaliste et rebelle, est devenu bibliothécaire dans une médiathèque. Alors qu’il est victime d’un burn-out face à la surproduction littéraire, il se met en tête de retrouver Rémy Bé, le chanteur de sa jeunesse et peut-être même de sa vie. La fleur au fusil, Jean s’en va à la rencontre de celui qui a disparu des radars depuis les années 1970. De déconvenues en rencontres touchantes, de Morlaix à une petite île malgache, Jean s’enfonce en même temps à la découverte de lui-même et de ses idéaux perdus.

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© Didier Tronchet / Dupuis

Pourquoi on a aimé :

Dider Tronchet, ancien journaliste au Matin de Paris, n’a pas perdu son goût pour l’investigation et tire cette BD de sa véritable recherche d’un chanteur oublié (avec qui il est, depuis, devenu ami).

Touchante, l’histoire de Rémy Bé, alias Jean-Claude Rémy, se relie à celle de Jean par des ficelles insoupçonnables grâce au talent de conteur de Didier Tronchet, qui fait jouer de sa superbe plume sur son dessin tout en sensibilité. Derrière cette quête, se cache de nombreux seconds rôles – un garagiste qui continue son métier malgré la mort de son fils dans un accident de la route, un ami de trente ans devenu directeur de l’hôpital de Berk, un chat bien heureux – peut-être tout aussi émouvants que les protagonistes de cette douce histoire située entre la pluie parisienne et l’île paradisiaque du bout du monde, sorte de refuge des âmes solitaires.

Les curieux peuvent aussi admirer les deux véritables amis sur une vidéo Youtube : on y découvre le véritable «chanteur perdu» accompagné de Didier Tronchet à la guitare. Rockn’roll et épicurien.

Le chanteur perdu, de Didier Tronchet, Dupuis, 23 €.

«LA BOMBE», d’Alcante, Bollée et Rodier, ed.glénat

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© Alcante, Bollée, Rodier / éd. Glénat

L’histoire : Le 6 août 1945, la ville d’Hiroshima est ravagée par une bombe atomique. Comment est née la bombe A ? Alcante, Bollée et Rodier creusent le sujet de manière exhaustive depuis la découverte de l’uranium jusqu’à l’explosion de la bombe.

Pourquoi on a aimé :

Alors qu’en 2020, on commémore le 75e anniversaire de la catastrophe, Didier Alcante («Rani», «XIII Mystery») et L.F. Bollée («Terra doloris») signent le scénario de cette passionnante saga sur l’histoire de la bombe atomique. Avec Denis Rodier au dessin (très connu Outre-Atlantique pour sa collaboration aux séries de DC Comics et Marvel), le trio signe une remarquable fresque historique, allant des confins des âges avec la formation de l’uranium sur Terre jusqu’au funeste jour du 6 août 1945. On croise entre temps Einstein, Oppenheimer, Fermi, Roosevelt, ou encore Truman et de nombreux protagonistes restés dans l’ombre, dont des militaires japonais comme américains. Toutes ces histoires forment alors ce puzzle entraînant qui mène à la catastrophe que l’on connaît. L’éditeur, Glénat, la compare très justement à Chernobyl, la série documentaire de Netflix. Elle est en tout cas au moins aussi addictive.

«La Bombe», d’Alcante, Bollée et Rodier, éd. Glénat, 39 €

«NEW CHERBOURG STORIES», de Gabus et Reutimann, ed.casterman

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© Gabus, Reutimann / éd. Casterman

L’histoire : Dans un Cherbourg de fiction – «New Cherbourg» – , une étrange créature est découverte sur la plage. Avant que le scandale n’éclate, son existence est étouffée. Mais un dossier en faisant état a été dérobé. Les agents Côme et Pacôme, deux frères jumeaux, sont missionnés pour le retrouver…

Pourquoi on a aimé :

Avis aux amateurs de ligne claire et aux aventures farfelues qui sont souvent attachées à ce type de graphisme. Les frères et agents, Côme et Pacôme, sont certes plus futés que Dupont et Dupond mais leurs aventures n’ont pas à rougir face à un Tintin ou un Mortimer. Pari risqué de la part des auteurs, Pierre Gabus et Romuald Reutimann, les auteurs de la remarquée «Cité 14», couronnée Meilleure série au Festival d’Angoulême en 2012, que d’imaginer cette histoire dans un Cherbourg aussi «belle époque» que totalement fictionnel, habité par des créatures venues d’un autre univers. Les deux auteurs jouent ici avec ce décalage et livrent un premier tome plein de promesses, composé de personnages attachants et plus complexes qu’il n’y parait. D’abord paru dans la presse locale, ce «New Cherbourg stories» multiplie habilement les clins d’oeil à la ville et possède ce je-ne-sais-quoi des feuilletons désuets de l’entre-deux guerres, rehaussé d’une bonne dose d’uchronie qui pourrait bien plaire à un large public.

«New Cherbourg stories», tome 1, «Le monstre de Querqueville», de Pierre Gabus et Romuald Reutimann, éd. Casterman, 14,50€

«PUCELLE», de FLORENCE DUPRÉ LA TOUR, ed.dargaud

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© Florence Dupré La Tour / Dargaud

L’histoire. Nouvelle pièce au puzzle autobiographique de Florence Dupré La Tour initié par «Cruelle» (Dargaud), l’auteur raconte son enfance et adolescence dans sa riche famille catholique entre un père tyrannique face à une mère au foyer effacée. Pour cette enfant bercée dans l’ignorance, devenir femme n’est alors que pêchés et horreurs en tous genres. Et personne chez elle pour éclaircir tous ces mystères et la rassurer. Un cocktail détonant.

Pourquoi on a aimé. Très loin de la comédie – et pourtant face au grotesque de certaines scènes, on ne peut que rire – , la dessinatrice raconte comment, dans son éducation, le tabou qui pesait autour de la sexualité et du corps de la femme, a pu transformer profondément sa vision de la vie, jusqu’à nier totalement son identité féminine. Si le trait tout en rondeur et en simplicité apparente de Florence Dupré La Tour a quelque chose de rassurant, le propos, extrêmement fort, donne un véritable coup de pied dans la fourmilière de l’éducation des filles.

Pucelle, Tome 1, de Florence Dupré La Tour, éd. Dargaud, 19,99 €

«Un travail comme un autre», d’Alex W. Inker, ed.sarbacane

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© Alex W. Inker /éd. Sarbacane

L’histoire : 1920, Alabama. Roscoe est passionné par l’électricité dont on se méfie encore. Obligé de reprendre la ferme familiale de son épouse, Marie, Roscoe ne met aucun entrain à son travail de fermier qu’il déteste. La ferme périclite et le jeune couple aussi… Un soir, Roscoe a une idée : détourner les lignes électriques passant non loin pour alimenter sa ferme et mécaniser ainsi les récoltes de maïs. Son stratagème fonctionne à merveille jusqu’à ce qu’un employé de la compagnie d’électricité meurt électrocuté à son branchement. Roscoe est condamné à 20 ans de prison.

Pourquoi on a aimé : avis aux amateurs de Steinbeck ! Cette adaptation du roman éponyme de Virginia Reeves saura captiver de bout en bout par la force de son propos où est décrit la misère rampante, le rude travail de la terre, le délitement d’un mariage face à la pauvreté, et la cruauté de quelques hommes dans un pénitencier qui ne pardonne rien. Une fable aux accents anticapitalistes mais passionnante aussi, car la grande dépression est montrée ici du point de vue d’un homme plutôt individualiste, mais au final très humain. Le dessin du Français Alex W. Inker, inspiré des comics de l’époque – ou même des vieux albums de Mickey dans la gestuelle des personnages et dans cet orange venu réhausser son noir et blanc – est bluffant de justesse et d’originalité. Un jeune talent à suivre avec grande attention.

Un travail comme un autre, d’Alex W.Inker, éd. Sarbacane, 28 €.

«LES CAHIERS D’ESTHER», TOME 5, de riad sattouf, ed. allary

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 © Riad Sattouf/Allary

L’histoire. Elle a désormais 14 ans. La petite Esther a bien grandi et ses préoccupations ont changé. Elle voyage avec sa classe, apprend à danser le «floss», écoute Angèle en boucle, découvre les joies de la transgression, l’éveil citoyen et les flirts. Durant toute une nouvelle année, Riad Sattouf, l’auteur désormais culte de l’Arabe du futur, a continué à recueillir les confidences de cette jeune fille bien réelle, cachée sous son pseudonyme désormais célèbre.

Pourquoi on a aimé. Un nouveau tome des «Cahiers d’Esther» de haute volée, avec un soin toujours plus grand apporté aux mots, témoins de notre époque. De l’humour toujours mais aussi une sensibilité non dissimulée, qui fera du bien à tous les ados et aussi à leurs parents.

Les cahiers d’Esther, Tome 5, de Riad Sattouf, éd. Allary, 16,90 €

Riad Sattouf a déjà vendu 650 000 exemplaires des quatre premiers tomes des Cahiers d’Esther

«peau d’homme», de hubert et zanzim, ed. glénat

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 © Zanzim / Hubert / Glénat

L’histoire. Dans l’Italie de la Renaissance, une jeune fille s’apprête à se marier en se désespérant de ne pas connaître son futur mari. Sa marraine lui dévoile alors un secret de famille : une «peau d’homme». Parée de cette dernière, la jeune fiancée va rencontrer, incognito, celui qui va partager sa vie, sans se douter que ce dernier a un gros penchant pour la gent masculine…

Pourquoi on a aimé. Le scénario enlevé et fin du regretté Hubert (Miss Patouche, Beauté, Ma vie posthume) couplé à la grande délicatesse dans le dessin de Zanzim (L’île aux femmes, Ma vie posthume) font de cet album un objet précieux. Derrière cette histoire de travestissement réussie, Hubert parle de sujets qui lui étaient chers : la tolérance, le caractère violent et sombre de l’humanité mais aussi la complexité des rapports humains au delà des genres et de la sexualité. Une oeuvre graphique qui fera date.

Peau d’homme, d’Hubert et Zanzim, éd. Glénat, 27 €

«L’Odyssée d’Hakim», de fabien toulmé, ed. delcourt

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 © Fabien Toulmé / Delcourt

L’histoire. Hakim, véritable pépinieriste syrien qui a tout perdu avec la guerre, a raconté son histoire déchirante à Fabien Toulmé. Dans le deuxième tome de cette trilogie, on découvrait tous les risques pris par Hakim pour rejoindre l’Europe avec son fils, notamment lors d’une traversée de la Mediterranée. Dans ce troisième volume, Hadi a un an et demi, Hakim continue à passer tant bien que mal les frontières. De la Macédoine à la France en passant par la Hongrie et l’Autriche, il continue de braver la faim, le froid et la fatigue pour sauver son fils et retrouver sa femme.

Pourquoi on a aimé. Dans un style dessiné aux lignes très épurées, qui peut faire penser aux reportages dessinés de Guy Delisle, Fabien Toulmé livre simplement (mais sûrement) la parole d’Hakim et offre l’occasion à ses lecteurs de donner corps à ceux qu’on appelle presque vulgairement «les migrants». Fabien Toulmé donne à lire une œuvre magistrale sur le sort de ces millions d’hommes et femmes qui chaque année tentent juste de survivre en fuyant leurs pays d’origine, et se retrouvent pris dans un engrenage cauchemardesque. Un livre que l’on referme en se promettant de ne plus jamais voir le monde avec les mêmes yeux.

L’odyssée d’Hakim, Tome 3, éd. Delcourt, 24,95 €

«Charlotte impératrice», de fabien nury et matthieu bonhomme, ed. dargaud

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 © Bonhomme/Nury/Dargaud

L’histoire. Charlotte de Belgique, épouse de Maximilien d’Autriche est devenue impératrice du Mexique. Le jeune couple met les voiles en direction cette terre rongée par la guérilla et les maladies. Une fois sur place, Maximilien s’adonne à ses activités favorites : l’oisiveté et la luxure. Charlotte ne devra compter que sur elle-même pour gouverner et faire régner un peu plus de justice. Secrètement, elle est en proie à des désirs que la morale réprouve…

Pourquoi on a aimé. On avait adoré «Il était une fois en France». Revoilà le talentueux Fabien Nury au scénario d’un biopic mâtiné d’un peu de fiction revigorante servi par le dessin très cinématographique de Matthieu Bonhomme, qui effectue ici un travail remarquable, notamment sur le cadrage. Dans ce second volet de la saga qui devrait compter quatre volumes, nous sommes cette fois loin des fastes princiers pour entrer dans une sorte de western réaliste où le typhus côtoie allègrement les manoeuvres souterraines d’une impératrice idéaliste mais pragmatique, tiraillée par ses «démons», et le pouvoir qu’elle ne possède que le temps des absences de son époux.

Charlotte impératrice, Tome 2, de Nury et Bonhomme, éd. Dargaud, 16,50 €

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