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Les 5 meilleures BD d’octobre


Un marsupilami plus vrai que nature, de l’humour très absurde, une prise d’otage pas banale, une femme noire traquée dans l’Amérique des années 1970, une jeune humanitaire pomponnée dans les ruines de Sarajevo… Ce mois d’octobre 2020 réserve une production variée autant que qualitative. Sélection.

La bête, de Franck Pé et Zidrou

L’histoire : Port d’Anvers, années 1950. Un cargo bourré de bestioles exotiques arrive à destination après une avarie de 21 jours dans les mers du sud. Tous les animaux ou presque ont péri à cause de la chaleur et de la soif. Une sorte de grand singe jaune à pois et à la queue démesurément longue fait partie des rares survivants. Féroce, il parvient à se débarrasser de ses geôliers et termine sa cavale chez François, un jeune garçon, passionné par la faune mais harcelé à l’école car fruit des amours de sa mère avec l’occupant pendant la guerre.

Pourquoi on a aimé : La créature mythique de Franquin revient dans un véritable roman graphique de plus de trois cent pages, scindée en deux tomes. Le premier, sorti ce 9 octobre, brille d’abord par le dessin de Franck Pé («Zoo») d’un réalisme à couper le souffle. Loin de la sautillante créature bien connue des lecteurs de Spirou, le marsupilami s’avère ici une bête sauvage traquée et dangereuse, empli d’une solitude qui va trouver écho dans celle du jeune garçon, lui aussi poursuivi pour ce qu’il est. Emouvante, cette histoire d’amitié parvient à garder l’esprit du Marsupilami de Franquin, puisqu’une certaine irrévérence parcourt le ô combien bien ficelé scénario de Zidrou («l’élève Ducobu»). Si le second volume s’avère aussi magistral que le premier, nous pourrions bien être en présence d’un chef-d’oeuvre. Houba !

La bête de Zidrou et Franck Pé, éd. Dupuis, 156 p., 24,95€

Faut pas prendre les cons pour des gens, d’Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud

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© E.Reuzé, N.Rouhaud / Fluide Glacial

L’histoire : aucune histoire mais une succession de gags imaginés par Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud qui plairont aux adeptes de l’absurde et de l’humour noir. Dans un style semi-réaliste, le duo d’auteurs s’amuse avec toujours autant de délectation des thèmes d’actualité pourtant très sombres comme l’urgence climatique, la vie en entreprise, l’hôpital public, la précarité, les écoles, le racisme…

Pourquoi on a aimé : on avait déjà adoré le premier tome dont le succès n’est plus à démentir, avec plus de 100 000 volumes écoulés en moins d’un an. Ce second opus se montre tout aussi réussi, tant les auteurs ont pris soin de peaufiner les chutes et le décalage entre le style graphique d’Emmanuel Reuzé volontairement retro, les situations et les dialogues. Et au-delà de son indéniable talent, le duo continue de servir une fine satire sociale et de tourner en dérision le quotidien et la bêtise ordinaire avec un aplomb, lui, extraordinaire.

Faut pas prendre les cons pour des gens, d’Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud, éd. Fluide Glacial, 56 p., 12,90€.

Des bombes et des hommes, d’Estelle Dumas, Julie Ricossé et Loïc Godard

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© E.Dumas, J.Ricossé, L.Godard / Futuropolis

L’histoire : Isabelle, 25 ans, se fait embaucher par l’ONG Equinoxe, afin de se rendre au coeur du conflit qui secoue les balkans en 1995. Alors qu’à Sarajevo, tout n’est plus que ruines et cadavres, la jeune Française décide, elle, de remplir sa mission sans oublier sa féminité pour autant. En jupe et maquillée, elle fera partie du premier convoi autorisé pour Gorazde, enclave bosniaque assiegée par les Serbes. Elle découvrira là-bas que les femmes et les hommes qui y survivent souffrent autant de manque de nourriture spirituelle que de vivres.

Pourquoi on a aimé : Depuis 25 ans, Estelle Daumas porte en elle son expérience du terrain. Cette histoire vraie, trame d’un scénario pour l’écran salué lors du Festival de Cannes 2015, n’a jamais pu aboutir au cinéma. Qu’à cela ne tienne, l’ancienne humanitaire en a fait une BD et elle a bien fait. 25 ans après les accords de Dayton, on redécouvre l’horreur de cette guerre fratricide, entre bombardements quotidiens, meurtres «en famille» et petites touches de lumière qui rendent aux protagonistes ici toute leur humanité. La préface d’Enki Bilal, touché de près par cette histoire, s’avère un texte profondément marquant sur les rapports entre art et guerre. A lire et à relire en ces temps troublés.

Des bombes et des hommes d’Estelle Dumas, Julie Ricossé et Loïc Godard, 160 p., éd. Futuropolis, 21€.

La cage aux cons, de mathieu Angotti et Robin Recht

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© M.Angotti, R.Recht / Delcourt

L’histoire : Un marginal, mis à la porte par la femme de sa vie, décide de se faire un max de pognon en s’introduisant la nuit chez un richissime héritier qui s’était un peu trop vanté de son argent quelques heures auparavant au bistrot du coin. Manque de bol, le petit malfrat se retrouve pris en otage par le grand bourgeois. Une cage dorée qui risque bien de mal finir.

Pourquoi on a aimé : Adapté du «Jardin du bossu» de Franz Bartelt, le scénario aux petits oignons de «La cage aux cons» de Matthieu Angotti se sert autant dans le cultissime «Psychose» d’Hitchcock (adapté lui aussi d’un roman) que dans les dialogues du vénéré Michel Audiard. D’ailleurs son «Les cons ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnait», aurait été un sous-titre parfait pour cette histoire en huis-clos culottée, grinçante, et glaçante. Une BD inclassable mais brillante, servie par le dessin au noir et blanc charbonneux mais impeccable de Robin Recht, déjà le complice de Matthieu Angotti pour «Désintegration – Journal d’un conseiller à Matignon».

La cage aux cons, de Matthieu Angotti et Robin Recht, éd. Delcourt, 152 p., 18,95€.

Traquée, de Grolleau et Pitz

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© Grolleau / Pitz / Glénat

L’histoire : la cavale d’Angela Davis. En mai 1970, cette militante noire et communiste est accusée (à tort) de meurtre et recherchée par la police et le FBI. Avant d’être cette étudiante rebelle, Angela Davis a grandi dans l’Alabama des années 1960 et a connu les exactions du Ku Klux Klan sur ses proches. Elle grandit entre ségrégation, meurtres et émeutes.

Pourquoi on a aimé : Fabien Grolleau au scénario et Nicolas Pitz armé de son coup de crayon dynamique et franc, nous plongent de plain-pied dans cette Amérique divisée des années 1960-1970. On y croise Richard Nixon à la tête du FBI, mais aussi Ronald Reagan, alors gouverneur de Californie au moment de la cavale d’Angela Davis, face à ces Black Panthers en demande de droits, un Martin Luther King qui n’aura pas pu exaucer son «rêve» et surtout des milliers de Noirs rongés par la peur du policier blanc, en quête de justice malgré tout. On frissonne à l’idée que rien n’a vraiment changé au pays de l’Oncle Sam. «Ne pas s’habituer» se répète inlassablement Angela Davis afin de faire bouger les lignes. Très éclairant à la veille d’une élection américaine rarement aussi déterminante.

Traquée, de Fabien Grolleau et Nicolas Pitz, éd. Glénat, 152 p., 22€

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