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Légion d’honneur à titre posthume : avant Samuel Paty, d’autres mémoires saluées


Alors que l’hommage national à Samuel Paty doit se tenir, ce mercredi soir, dans la cour de la Sorbonne, à Paris, en présence d’Emmanuel Macron, la veille, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a indiqué que l’enseignant tué à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) serait également décoré de la Légion d’honneur à titre posthume.

La Légion d’honneur est la plus ancienne décoration honorifique française. Cette récompense, instituée en 1802 par Napoléon Bonaparte, met en avant les «mérites éminents» militaires ou civils rendus à la nation.

Au départ, la loi de 1802 n’envisageait l’attribution de la Légion d’honneur qu’aux vivants, mais un décret du 1er octobre 1918, puis la loi du 16 août 1920, décidèrent de l’étendre aux morts glorieux de la guerre qui s’achevait, tant civils que militaires.

Le code de 1962 ne reprit pas les dispositions du décret de 1918, mais les décorations à titre posthume sont, malgré tout, décernées avec prise de rang antérieure au décès.

De nos jours, les militaires mutilés de guerre sont toujours nommés de droit. Autrement dit, d’une manière générale, ces combattants sont presque systématiquement honorés.

Mais ces dernières années, dans le contexte terroriste, la Légion d’honneur a de plus en plus été décernée à titre posthume à des victimes civiles. Ce que l’actualité récente, avec l’assassinat barbare de Samuel Paty décapité en pleine rue par un terroriste tchétchène, est venue brutalement rappeler.

Arnaud Beltrame

Un héros français. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est définitivement entré dans la mémoire populaire et militaire, pour son immense bravoure, lors de l’attentat terroriste qui avait frappé un supermarché de Trèbes dans l’Aude, en 2018.

Agé de 44 ans, cet officier supérieur avait volontairement pris la place du dernier otage retenu par le terroriste, avant d’être grièvement blessé par ce dernier, ce qui le conduira à la mort.

Fait chevalier de la Légion d’honneur avant sa mort, en mai 2012, il recevra, entre autres, la médaille de Commandeur de la Légion d’honneur à titre posthume.

Les victimes de charlie Hebdo et de l’hyper CACHER

Charb, Cabu, Honoré et Tignous, la chroniqueuse Elsa Cayat et le correcteur de presse Mustapha Ourrad, tués dans l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo ont été distingués chevaliers de la Légion d’honneur à titre posthume, lors de la promotion de janvier 2016, soit un an après la tuerie.

Le dessinateur Georges Wolinski et le chroniqueur Bernard Maris, également tués dans l’attentat, avaient, eux, déjà été distingués comme chevalier de la Légion d’honneur, respectivement en 2005 et en 2014.

Cette promotion avait également régularisé les nominations de chevalier faites par anticipation pour les quatre otages de l’Hyper Cacher tués le 9 janvier 2015 : Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab et François Michel Saada. Il en avait été de même pour les lieutenants Franck Brinsolaro et Ahmet Merabet, tués le 7 janvier à Paris et le brigadier Clarissa Jean-Philippe tuée le 8 janvier à Montrouge.

Aurélie Châtelain

Le procès de son meurtrier présumé, le terroriste Sid-Ahmed Ghlam se tient en ce moment-même et le verdict est attendu pour le 6 novembre prochain.

Aurélie Châtelain, professeur de fitness, originaire de Caudry (Nord), avait été retrouvée morte le 19 avril 2015 dans sa voiture près d’une église de Villejuif (Val-de-Marne) où Ghlam projetait de faire une attaque.

Agée de 32 ans à sa mort, elle a été décorée de la Légion d’honneur à titre posthume en mars 2016. Le décret portant cette décision mentionnait également Hervé Cornara, dont le meurtre, par décapitation, rappelle l’assassinat de Samuel Paty.

Hervé Cornara

Hervé Cornara est connu comme victime de l’attentat de Saint-Quentin-Fallavier. Ce chef d’entreprise de 54 ans avait été assassiné le 26 juin 2016 par un de ses employés, Y. Salhi. Ce dernier, chauffeur-livreur de 35 ans, avait tué puis décapité la victime, dont la tête avait été retrouvée posée sur un grillage, entourée de drapeaux de Daesh, dans l’usine où il travaillait. 

L’auteur s’était finalement suicidé dans sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne), laissant la famille d’Hervé Cornara sans réponse. Salhi avait rejeté tout lien avec le terrorisme, faisant plutôt référence à une querelle avec son patron. Reste que l’individu avait pris un selfie avec la tête décapitée d’Hervé Cornara, le cliché ayant même été relayé sur les réseaux sociaux.

Hervé Cornara a été décoré de la Légion d’honneur à titre posthume à Fontaines-sur-Saône, où il habitait, en juin 2016 par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, ainsi que le préfet d’alors du Rhône, Michel Delpuech et l’ex-sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb.

Les victimes de la préfecture de Police de Paris

Le 3 octobre 2019, un attentat au couteau est perpétré dans les locaux mêmes de la préfecture de police de Paris. Mickaël Harpon, un adjoint administratif né en 1974, tue quatre collègues, avant d’être abattu.

Prénommés Aurélia, Brice, Anthony et Damien, un hommage à leur mémoire leur avait été rendu par Emmanuel Macron le 8 octobre 2019, au cours duquel les défunts ont été décorés de la Légion d’honneur à titre posthume.

Il a été établi que Mickaël Harpon, affecté à la préfecture de police depuis 2003, était notamment chargé de la maintenance informatique auprès du millier de fonctionnaires de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. Il était habilité «secret défense», la plus haute habilitation au sein de la police et aurait pu avoir accès à la liste des policiers infiltrés dans les mosquées.

Les victimes de Mohamed Merah

Le 11 mars 2013, un an jour pour jour après les faits, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, rendait hommage à l’adjudant Imad Ibn Ziaten, première victime de Mohamed Merah, à qui il décernera la Légion d’honneur à titre posthume. 

Quelques jours plus tard, une autre cérémonie était organisée pour remettre, toujours sous l’égide du ministre de la Défense, la Légion d’honneur à titre posthume au caporal-chef Abel Chennouf et au caporal Mohamed Legouad, tués en mars 2012 à Montauban.

En mars 2016, François Hollande a décoré Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Imad, de la Légion d’honneur.

Le docteur Ali Djemoui

En première ligne dans la guerre face au coronavirus, le docteur Ali Djemoui était un médecin très apprécié dans le quartier du Bois-l’Abbé à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Mort du Covid-19 le 2 avril 2020, il est devenu un symbole des soignants dépourvus de masques et démunis au début de la guerre sanitaire.

Le docteur Ali Djemoui a été décoré de la Légion d’honneur à titre posthume, lors de l’hommage rendu aux soignants, le 14 juillet dernier.

Le maire de Signes, Jean-Mathieu Michel

Jean-Mathieu Michel était le maire de Signes, dans le Var. Il est mort en août 2019 à 76 ans, renversé par un jeune homme de 23 ans au volant d’une camionnette qu’il voulait verbaliser pour avoir jeter des gravats en bordure d’une route.

Au niveau local, ce drame avait profondément choqué la commune varoise, dont Jean-Mathieu Michel était maire depuis 1983. Au national, il avait relancé le débat sur la protection des édiles face aux agressions et incivilités.

Lors d’une cérémonie organisée à sa mémoire, Jean-Michel Michel a été décoré de la Légion d’honneur à titre posthume.

Mélanie Lemée

Mélanie Lemée, une gendarme de 25 ans, avait été tuée lors d’un contrôle routier dans le Lot-et-Garonne en juillet 2020 par un chauffard qui roulait à plus de 130 km/h. 

Originaire de l’Orne, elle était une sportive aguerrie, ancienne pensionnaire du pôle judo de l’Insep, avant de se reconvertir dans la gendarmerie après une grave blessure au genou.

Elle a été décorée de la Légion d’honneur et de la médaille d’or de la sécurité intérieure à titre posthume, lors d’une cérémonie organisée le 9 juillet dernier sous l’égide du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Christophe de Margerie

Alors patron du géant groupe pétrolier tricolore Total, Christophe de Margerie, décédé dans un accident d’avion en Russie en octobre 2014, avait été promu à titre posthume.

Agé de 63 ans à sa mort, il était déjà chevalier de la Légion d’honneur depuis 2003.

Cette promotion était intervenue par la volonté de François Hollande au titre des services que le dirigeant de Total «tué dans l’exercice de ses fonctions», avait rendu à la France dans le domaine énergétique. 

(Bonus) La légion d’honneur refusée à titre posthume à Marie Curie

Cette grande dame de la science n’a pas reçu la Légion d’honneur à titre posthume, alors qu’une demande avait bien été effectuée en ce sens.

En décembre 2014, soit quatre-vingts ans après sa mort, François Hollande a refusé, selon une information du Figaro, d’accorder la célèbre décoration à la chimiste (et prix Nobel de chimie) d’origine polonaise, comme le lui demandaient pourtant les auteurs du film Marie Curie, une femme sur le front.

Comme le rappelait alors le quotidien, la chimiste, connue pour ses travaux sur la radioactivité et panthéonisée, avait fait part de son vivant de ses conditions pour être honorée par la République : à savoir qu’elle souhaitait une distinction à titre militaire.

Résultat : les «conditions d’attribution» n’étaient pas réunies, comme l’avait expliqué la présidence de la République dans un courrier aux auteurs du film. Car pour être décoré de la légion d’honneur à titre militaire, il faut avoir été blessé ou tué au combat. Ce qui n’est pas le cas de Marie Curie.

Retrouvez toute l’actualité nationale ICI



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