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L’édito d’Eugénie Bastié : «Macron de retour en campagne, par la droite ?»


Dans son édito de ce mercredi 9 novembre, Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, revient sur l’allocution hier soir du président Emmanuel Macron.

Neuvième allocution depuis la crise du Covid, cette intervention était moins attendue que les autres. Malgré la une alarmiste du JDD du weekend dernier sur 500 000 morts, le chiffre qui fait peur, la mécanique habituelle de la préparation par l’angoisse distillée par les statistiques n’a pas vraiment marché. Tout le monde en réalité est passé à autre chose, et lors du débat sur la primaire de la droite lundi soir, personne n’a parlé de la crise sanitaire. Emmanuel Macron l’a bien compris : conditionnement du passe sanitaire à la troisième dose pour les + de 65 ans certes, mais pas de vaccination des enfants, comme c’était réclamé par certains professeurs Diafoirus.

Mais le véritable enjeu n’était pas là, c’est à une véritable entrée en campagne à laquelle le président de la République s’est livré. Et au lendemain du débat des candidats LR, c’est comme si un nouveau candidat de la droite était entré en lice.

Un «candidat» Emmanuel Macron en chasse sur les territoires de la droite ?

L’accent mis sur la valeur du travail, l’annonce du lancement de nouveaux réacteurs nucléaires (volte-face complet par rapport au début du quinquennat) et enfin, la proposition étonnante d’une suspension des allocations chômage pour les demandeurs d’emploi qui ne sont pas considérés comme étant en recherche active, sont autant de clins d’œil appuyés à l’électorat de droite classique.

Cette dernière proposition, héritée de Nicolas Sarkozy fait évidemment écho à droite, alors même que Valérie Pécresse propose la dégressivité des allocations et que Xavier Bertrand lui de les baisser en cas de refus d’offre d’emploi. Elle suscite l’indignation à gauche et l’embarras à droite. Emmanuel Macron prend ce risque car il sait que la majorité des français se situent à droite. Alors que la crise sanitaire lui a fait ouvrir largement les vannes de la dépense publique il veut montrer aussi qu’il est capable encore de réformer. Et d’embrasser cette droite juppéiste, centriste mollement libérale et résolument européiste qui n’est plus chez LR.

A droite, oui mais seulement sur le plan de la valeur travail. Il essaie aussi de déplacer le débat d’idées du terrain identitaire et migratoire vers celui de l’économie où il est plus à l’aise. Le pouvoir d’achat plutôt que la guerre de civilisation. «Economy first», tel pourrait être le résumé du discours d’hier soir, où la question migratoire pudiquement rebaptisée «défi démographique» ou l’insécurité n’ont été abordés qu’à la volée. Le président de la République a fustigé le «retour du nationalisme» et fait le pari que le retour de la croissance sera le meilleur gage de sa réélection, quitte à laisser de côté les questions clivantes. A voir si l’économie heureuse suffira à rassurer les français sur leur destin.



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