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L’édito de Guillaume Bigot : «Rixes mortelles : le péril jeune»


L’éditorialiste Guillaume Bigot évoque ce dimanche dans sa chronique le problème des rixes ainsi que les solutions pour répondre à ces affrontements.

Un mois après le lynchage de Yuryi, la guerre des bandes flambe à nouveau. Cette semaine, deux collégiens de 13 et de 14 ans, dont une jeune fille, ont été mortellement poignardés tandis qu’un adolescent de 15 ans a été tué par balles.

Trois interprétations de ce phénomène inquiétant sont largement répandues, toutes sont erronées.

D’abord, l’interprétation gouvernementale, celle de Gérald Darmanin qui souligne que «90% de ces combats se déroulent en région parisienne» et qui dénonce la démission des parents et le rôle délétère des nouvelles technologies. Cette vision omet que les parents sont souvent dépassés et fait le pari risqué que la propagation de cette culture des gangs pourra être contenue, en renforçant le nombre de policiers et en améliorant la surveillance des réseaux sociaux.

Ensuite, l’interprétation d’extrême-droite qui voit dans la violence des bandes l’échec de l’assimilation. Seule une hypothétique remigration offrirait une réponse efficace. Mais cette vision ignore que ce phénomène se répand hors des quartiers sensibles. Les jeunes de Dourdan ou la bande du 15ème à laquelle appartenait Yuriy ne sont pas tous issus de l’immigration extra-européenne.

Enfin, l’interprétation d’une certaine gauche bien-pensante. C’est le préjugé rousseauiste qui voudrait que l’enfant soit naturellement innocent (étymologiquement, celui qui ne tue pas). C’est la société qui le rendrait méchant. Cette vision irénique refuse de voir la fascination des jeunes pour la force et exige toujours plus d’éducateurs et d’assistantes sociales et veut renouer avec la police de proximité. Sauf que les jeunes en question haïssent la police.

Ces bandes cherchent la confrontation. C’est aussi pour cela que les autorités temporisent, laissant le problème s’aggraver. La répression seule risque de déclencher un bain de sang. Mais l’éducation seule est vouée à l’échec.

D’un côté, il y a des des parents, des professeurs, des assistantes sociales et même des grands frères qui essayent de les éduquer mais qui ont peur d’adolescents de plus en plus incontrôlables. Malheureusement, ces jeunes ne respectent que la force. De l’autre, il y a des policiers ou des gendarmes susceptibles de les tenir en respect mais qui ne sont pas là pour s’occuper d’eux mais pour les réprimer. D’autres adultes n’en ont pas peur, les dealeurs, mais les manipulent.

En réalité, enrayer le phénomène des bandes nécessite de prendre le contre-pied de ce qui existe.

L’idéologie bien-pensante est tournée vers l’individu. Sortir un jeune de son milieu ambiant pour l’éduquer peut marcher un temps mais s’il retourne dans son quartier, son groupe reprendra l’ascendant. Il n’y a pas d’autres solutions que de dominer les bandes et de reprendre le contrôle celui des territoires.

Seuls d’anciens militaires aguerris et entraînés au commandement peuvent espérer contrôler ces groupes de jeunes adolescents. Ils devront travailler avec une justice des mineurs totalement repensée.

C’est la culture de l’impunité qui alimente cette sauvagerie. Au premier acte de violence grave, l’incarcération en centre éducatif fermé doit être automatique. L’Etat doit se faire respecter. On en est loin. En autorisant les mineurs à se faire accompagner par les parents devant le juge, en détachant le prononcé de la sanction de son application, la réforme de l’ordonnance de 45 sur la justice des mineurs va à l’opposé de cet objectif.

Tant que l’on reste prisonnier des dénis bien-pensants, on ne pourra agir.

Opposer sanction et éducation est d’autant plus stérile que la sanction est la première mesure éducative qui s’impose.

Aucune relation éducative ne peut être instaurée avec ces bandes si elle ne commence pas par imposer un rapport de force.

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