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L’édito de Guillaume Bigot : «Génération identitaire : difficile dissolution ?»

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L’éditorialiste Guillaume Bigot évoque ce mardi dans sa chronique la dissolution du mouvement d’extrême droite Génération Identitaire souhaitée par Gérald Darmanin.

Le gouvernement pensera avoir musclé la jambe gauche du macronisme et avoir affaibli le séparatisme identitaire après avoir sévit contre le séparatisme islamique. Cette décision risque pourtant de lui coûter cher. Pourquoi ?

D’abord car les fondements juridiques mis en avant sont fragiles. Génération Identitaire serait une milice qui cherche à se substituer à l’Etat. Ce n’est pas ce qu’ont dit les tribunaux jusqu’à présent.

En janvier dernier, l’association s’est appuyée sur un arrêté préfectoral fermant le col du Portillon en raison « d’une menace très élevé de terrorisme » pour surveiller la frontière franco-espagnole et informer les autorités. 

Lors d’une opération dite anti-racaille dans le métro, ces militants en parka sans arme voulaient, d’après-eux, prévenir la police en cas d’agression. Ces coups de com ne servent à rien mais il est difficile de prétendre qu’ils troublent l’ordre public.

Gérald Darmanin se fonde aussi sur l’encouragement à la discrimination et au racisme. Empêcher les clandestins d’entrer en France ou établir un lien entre terrorisme et immigration illégale ne constituent pas des appels au racisme.

D’autant plus que le 5 novembre dernier,  le chef de l’État a lui-même affirmé le besoin de “renforcer des contrôles aux frontières”, dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine et le terrorisme.

Lorsque les militants de Génération Identitairedéploient une banderole sur la CAF de Bobigny pour exiger « de l’argent pour les français, pas pour les étrangers », l’appel à la discrimination est notoire.

Sauf que cette discrimination est fondée sur la nationalité et non sur la race. Toute démocratie repose d’ailleurs sur une discrimination juridique entre citoyens ayant le droit de vote et étrangers. 

Lorsque les militants identitaires occupent le chantier d’une mosquée pour exiger un référendum sur l’immigration, on peut les taxer d’islamophobes, pas de racistes, l’Islam étant une religion, pas une race. 

Appeler à organiser un référendum ne saurait en aucun cas être considéré comme une atteinte à la République.

Il n’en reste pas moins que le Conseil d’État va probablement confirmer la dissolution. Et le gouvernement pourra savourer sa victoire. Ce sera une victoire à la Pyrrhus. 

Pourquoi, selon-vous, il ne serait pas possible de renvoyer dos à dos les séparatistes islamiques et identitaires ?

Pour deux raisons simples. La première, c’est la nature de la menace. En France, depuis 2012, l’extrême droite a, en tout et pour tout, blessé grièvement 2 personnes alors que l’islamisme a en tué 267.

La deuxième raison, c’est la nature du séparatisme si j’ose dire. L’identité défendue par Génération Identitaire étant française, il est absurde de parler de séparatisme à son sujet. 

Aujourd’hui, chaque minorité étant, hélas, incitée à revendiquer son identité, il ne faut pas s’étonner que la majorité, blanche et catholique, finisse par revendiquer la sienne. 

En fait, sans être des enfants de cœur, ni de grands républicains, les militants de Génération Identitaire pratiquent l’agit prop à la mode de Greenpeace ou d’Act Up. 

Si l’on ne peut pas comparer Génération Identitaire aux islamistes, alors à qui les comparer ?

Plutôt aux associations d’aide aux migrants. Or, ces dernières ne sont pas dissoutes mais subventionnées alors même qu’elles sont dans l’illégalité en soutenant des clandestins. Ce deux poids deux mesures aura des effets politiques redoutables.

Car, sans adhérer aux idées extrêmes de Génération Identitaire, une majorité de Français exige un référendum sur l’immigration, sont-ils, pour autant, des adversaires de la République ?

En tous cas, il ne sera pas possible de dissoudre le peuple.

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