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Le «violeur de la forêt de Sénart» aux assises

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Une trentaine de viols, de tentatives et d’agressions sexuelles entre 1995 et 2000. Aïssa Z. est jugé à partir de ce mardi aux assises d’Evry, dans l’affaire du «violeur de la forêt de Sénart».

L’enquête, qui a duré près de vingt ans, aurait pu ne jamais déboucher sur un procès. Faute d’éléments solides, elle avait été close en 2005. Dix ans plus tard, de nouvelles techniques d’analyses ADN permettaient d’arrêter Aïssa Z., père de famille de 45 ans.

Il attendait ses victimes en simulant une panne de deux-roues

Les faits se déroulaient toujours selon un mode opératoire identique. Le violeur circulait à mobylette ou scooter dans les allées de la forêt de Sénart (Essonne) pour repérer sa future victime : une femme seule qui, souvent, promenait son chien. Il simulait alors une panne sur son deux-roues pour attendre qu’elle arrive à sa hauteur et lui sauter dessus.

Sans jamais quitter son casque de moto intégral (ce qui empêchait de le reconnaître), il les violait ou tentait de le faire, avant de prendre la fuite. Du sperme et du sang ont été retrouvés sur 16 victimes, permettant d’affirmer qu’il s’agissait d’un agresseur unique. Mais les échantillons n’avaient pas pu être analysés en lien avec le fichier national des empreintes génétiques (le Fnaeg), créé seulement en 1998.

Retrouvé grâce à l’ADN de son frère

Après sa clôture en 2005, le dossier est rouvert en 2014 et une nouvelle technique est utilisée avec l’ADN (recherche de lien de parenté proche entre le «propriétaire» des échantillons et d’autres personnes du fichier). Elle permet de trouver un ADN en parentèle avec un homme inscrit au Fnaeg, qui se révélera être l’un des frères d’Aïssa Z.

Via ce biais, les enquêteurs s’intéressent alors au profil d’Aïssa Z. Habitant près de Sénart au moment des faits, ayant beaucoup de temps libre, ressemblant à la description donnée par les victimes (malgré le casque qu’il n’enlevait jamais) et ayant possédé de nombreux deux-roues, il devient rapidement le principal suspect. Un test ADN direct permet ensuite de «l’identifier par probabilité quasi certaine» et de le mettre en examen en 2015 pour 35 faits de viols, tentatives de viol et agressions sexuelles.

A l’époque, l’homme avait alors formulé des aveux, expliquant ne se souvenir de rien mais ne pas contester les preuves et trouver «honteux ce qu’(il) a fait».

Depuis sa cellule, l’accusé conteste aujourd’hui ces propos et «revendique son innocence depuis le début de la procédure», affirme l’un de ses avocats. Un autre avance que l’enquête a été menée à charge et que le profil de l’agresseur ne correspond pas à la personnalité de son client.

Le procès, qui doit durer un mois, se déroulera en présence de plusieurs victimes.

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