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Le Salon de l’agriculture, passage obligé de la campagne présidentielle


Poser à côté d’une vache, la meilleure des campagnes pour la présidentielle ? Comme chaque année, lorsque le Covid-19 ne l’empêche pas, l’agriculture tient son Salon à Paris. Un rendez-vous familial, dont les politiciens se sont emparés pour communiquer. Lorsqu’il intervient à quelques semaines de l’élection présidentielle, s’y montrer, ou non, relève d’une grande importance.

Emmanuel Macron doit y venir ce samedi, Marine Le Pen, Yannick Jadot, Eric Zemmour, Valérie Pécresse, Anne Hidalgo ou Christiane Taubira ont déjà annoncé leur prochaine visite. Seul Jean-Luc Mélenchon, qui boude le rendez-vous depuis 2013, a indiqué ne pas y prendre part. Avec le risque de s’invisibiliser pendant quelques temps, tant l’événement, qui dure neuf jours (du 26 février au 6 mars), draine tous les projecteurs.

«Le Salon de l’agriculture a deux enjeux pour les candidats, avance Christel Bertrand, consultante en communication politique au cabinet EH&A consulting. Déjà, c’est un rendez-vous extrêmement populaire. Ensuite, il a une énorme couverture médiatique. Toutes les caméras sont là, avec un effet de meute, un engouement derrière la personne suivie. Ne pas y aller, c’est se priver de cette immense visibilité.»

L’image, mais aussi le travail

D’autant que les opportunités ne manquent pas pour créer une image positive. Boire un verre de vin, déguster un morceau de pâté, flatter une vache, toutes les occasions sont bonnes. «Et ça marche», estime Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de la communication politique. «Le candidat paraît d’un coup plus proche des gens, plus sympathique. Il rappelle Jacques Chirac, que les Français apprécient aujourd’hui». La filiation avec l’ancien chef de l’Etat est reprise par Christel Bertrand : «pas un seul candidat n’y va sans penser à Jacques Chirac. Il est la référence d’un passage réussi».

Mais au-delà de la simple image, le Salon de l’agriculture est aussi pour les candidats à la présidentielle le moment où l’on s’adresse à des électeurs. «Pour les politiques, c’est toute la France qui vient à Paris. La France profonde, sur laquelle et avec qui on peut communiquer sans avoir à bouger de chez soi», résume Philippe Moreau-Chevrolet. «Il y a ce que l’on voit, mais aussi tout le « off »», détaille Christel Bertrand. «Le candidat va rencontrer les organisations syndicales, les acteurs de la filière, s’assurer des soutiens. Les agriculteurs sont des relais d’opinion. Et là, tout le monde est réuni au même endroit».

Attention aux débordements

Si la visite d’une personnalité politique est anticipée par ses équipes -d’autant plus lorsqu’il est candidat à la présidentielle-, la mauvaise surprise peut cependant surgir à tout moment. Une rencontre, un dialogue, une échauffourée peuvent faire basculer la journée. «Il n’y a pas de barrière physique et énormément de monde, la possibilité d’être interpellé devant une caméra est un risque», reprend l’experte en communication. Et de rappeler l’épisode du «casse-toi pauvre con» de Nicolas Sarkozy en 2008, face à un individu refusant de lui serrer la main.

Après deux ans de Covid et de difficultés rencontrées (la dernière édition a été annulée), difficile de prévoir dans quel état d’esprit les agriculteurs, les exposants, et surtout le public, accueilleront le personnel politique. Certains moments de tension sont à prévoir.

«Si l’accueil est mauvais, si un candidat est sifflé, alors le moment est perdu», pointe Philippe Moreau-Chevrolet. Il rappelle que les réseaux sociaux et certains médias ne manqueront pas de faire ressortir l’image gênante de la journée. Le tout sans compter sur un risque plus sournois, qui en a déjà piégé certains, conclut avec le sourire Christel Bertrand : «ceux qui vont goûter les vins devront boire beaucoup d’eau entre les verres, sinon attention à la façon dont ils finiront la visite».



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