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Le jeu de la dame : tout savoir sur Judit Polgar, la «vraie» Beth Harmon


Elle ne porte pas le même carré roux, n’est pas américaine et n’est pas un personnage de fiction. Mais, à y regarder de plus près, Judit Polgar partage bien des ressemblances avec Beth Harmon, l’héroïne de la série Le jeu de la Dame (The Queen’s gambit, en anglais). Aujourd’hui âgée de 44 ans, cette Hongroise est encore considérée comme la meilleur joueuse d’échecs de tous les temps.

L’histoire de la série n’est pas inspirée de sa vie, pourtant elle-même parle d’une «sensation de déjà-vu» après l’avoir visionnée. Le jeu de la Dame est une adaptation du livre éponyme, écrit par Walter Tevis, dans lequel le lecteur suit le parcours d’Elizabeth Harmon, une jeune orpheline qui se découvre un don pour les échecs et atteint l’excellence. Le récit s’inscrit dans les années 1960, à une époque où il n’existait en réalité aucune femme championne d’échecs. Il a fallu attendre Judit Polgar, deux décennies plus tard.

Les échecs dès le plus jeune âge

Dans Le jeu de la Dame, Beth Harmon découvre la pratique des échecs alors qu’elle est âgée d’une dizaine d’années. De son côté, Judit Polgar, né en 1976 à Budapest, a joué ses premières parties… à l’âge de trois ans. Son père, psychanalyste, s’était mis en tête de faire de ses trois filles des championnes en la matière.

C’est peut-être la principale différence entre l’histoire fictive de Beth Harmon et la vie de Judit Polgar. Cette dernière n’a pas découvert les échecs par hasard, elle a suivi, avec ses soeurs, un entraînement intensif et rigoureux au cours duquel elle s’est néanmoins rapidement distinguée.

Une ascension fulgurante

Considérée comme une prodige des échecs, Beth Harmon gravit rapidement les échelons à l’écran, enchaînant les compétitions sans connaître de défaite avant d’atteindre les plus hautes sphères.

Le destin de Judit Polgar est semblable puisqu’après être devenue championne du monde mixte des moins de 12 ans à l’âge de huit ans, la joueuse a connu de nombreux succès. En 1988, au sein de l’équipe féminine hongroise avec ses soeurs, elle remporte notamment l’or aux Olympiades des échecs. Le tout face aux Russes, jusqu’alors considérées comme invincibles.

Mais Judit Polgar est entrée dans l’histoire de la discipline quelques années plus tard, en devenant le plus jeune «grand maître international», à l’âge de 15 ans. A partir de là, elle n’a plus joué que contre des hommes. Et seulement les meilleurs.

Une femme parmi les hommes

Les femmes sont clairement sous-représentées dans les tournois d’échecs auxquels participe Beth, l’héroïne du Jeu de la Dame. Dans la réalité, Judit Polgar a connu le même problème… en pire.

Interrogée à ce sujet, elle raconte les réactions et commentaires désobligeants à son encontre. «J’ai rarement eu affaire à des situations dramatiques, mais il y avait des moments où mes adversaires attribuaient mes bons scores à la chance. Il a fallu que je fasse mes preuves, plus que si j’avait été un garçon».

Elle se souvient notamment de rivaux qui, après avoir été battus, refusaient de lui serrer la main, comme le veut l’usage. Ou d’un autre encore qui «se tapait la tête contre l’échiquier après sa défaite».

Même le grand Garry Kasparov, légendaire joueur russe qui a d’ailleurs officié comme consultant pour Le jeu de la dame, avait moqué son talent. Il jugeait «impossible», d’être battu par Judit Polgar et assurait, selon cette dernière, que «les femmes ne sont pas capables de gérer ce type de pression».

Globalement, la Hongroise estime que dans le monde des échecs, «les filles doivent supporter bien plus de remarques à caractère sexiste et de regards mauvais que ce que Beth peut vivre», dans la série. Même si depuis, elle assure s’être réconciliée avec Garry Kasparov.

Un champion russe à vaincre

Garry Kasparov est à Judit Polgar ce que Vasily Borgov est à Beth Harmon. Dans la série, la jeune femme redoute particulièrement d’avoir à affronter le champion russe. Il représente l’épreuve ultime, celle qui, en cas de victoire, fera d’elle la plus grande joueuse d’échecs.

Il en était de même concernant Judit Polgar et Garry Kasparov. D’ailleurs, la championne hongroise assure avoir ressenti «de la tension et de la peur» en regardant la scène finale du Jeu de la Dame, ajoutant : «C’est ce que j’ai éprouvé contre Kasparov».

En 2002, à tout juste 26 ans, la joueuse d’échecs s’est assise face à la légende russe à Moscou, quelques années seulement après ses moqueries à son encontre. Celui qui avait dominé le classement mondial de 1985 à 2000 a sans doute regretté ses propos puisque Judit Polgar, contrairement à ce qu’il pensait, l’a battu.

La vie après la compétition

Le jeu de la Dame ne nous permet pas de savoir ce que devient Beth Harmon après son ultime partie face à Vasily Borgov. On en sait plus en revanche sur le destin de Judit Polgar.

Elle est devenue la première et reste la seule femme à intégrer le top 10 des meilleurs joueurs, en se hissant au huitième rang. La championne a occupé la place de numéro un mondial des échecs féminins pendant 25 ans, jusqu’à ce qu’elle quitte la compétition pour se consacrer à sa famille, en 2014.

Aujourd’hui, elle travaille à la promotion des échecs auprès des enfants. Elle a conçu une méthode éducative, utilisée dans quelque 500 écoles, pour leur permettre de se familiariser à la discipline de manière ludique… et «sans distinction entre garçons et filles».

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