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L’Anses signale des traitements de chimiothérapie au caractère cancérogène pour les soignants

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En soignant les malades du cancer, les professionnels de santé risquent-ils d’en développer un ? D’après la dernière recommandation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publiée ce mardi 20 juillet, oui. Le document plaide pour la reconnaissance dans la loi du caractère cancérogène de l’exposition professionnelle à 18 médicaments de chimiothérapie.

Ces substances, dites cytostatiques, sont «majoritairement utilisé[e]s pour traiter les cancers, en médecine humaine comme en médecine vétérinaire». En 2017, une enquête du ministère du Travail avait montré que 91.900 salariés y sont exposés, «de la fabrication à la manipulation, en passant par le transport, la gestion des déchets, le nettoyage, etc…». Le risque concerne donc des médecins mais aussi des aides-soignants ou infirmiers, ainsi que les vétérinaires et le personnel d’entretien.

«Paradoxalement», ces médicaments qui soignent les patients atteints de cancer peuvent «exposer les soignants qui les manipulent à des substances elles-mêmes cancérogènes», souligne l’Anses. Les substances cytostatiques sont employées en chimiothérapie en raison de leur capacité à bloquer la multiplication de certaines cellules. Elles sont utilisées pour empêcher ou ralentir la croissance des tumeurs cancéreuses, mais aussi contre certaines maladies auto-immunes et dans des traitements anti-rejet après une greffe.

Mais leur mécanisme d’action, utile pour contenir la progression des cellules malades, peut s’avérer cancérogène pour les cellules saines et induit de possibles «effets sur la reproduction et le développement». C’est pourquoi l’Anses recommande d’inclure ces médicaments dans l’arrêté du 26 octobre 2020, qui fixe la liste des procédés cancérogènes selon le code du travail.

améliorer la sécurité des professionnels

Pour l’heure, neuf types de travaux sont considérés comme tel, notamment ceux exposant au formaldéhyde, aux poussière de bois et de silice cristalline alvéolaire. L’exposition aux lubrifiants de moteur et aux gaz d’échappement de moteurs Diesel a été ajoutée en mai dernier.

Inclure les substances cytostatiques à cette liste permettrait notamment de faciliter la reconnaissance des cancers développés par des salariés exposés à ces substances comme maladies professionnelles. La sécurité des personnes concernées en serait également améliorée puisque, «contrairement aux produits utilisés en milieu industriel, le règlement européen n’impose pas de prévenir l’utilisateur du caractère dangereux des médicaments via un étiquetage spécifique», souligne Henri Bastos, directeur scientifique santé-travail à l’Anses.

En la matière, l’instance encourage à davantage de sensibilisation, aussi bien auprès des salariés que des employeurs. Elle suggère de «mettre en place une surveillance des expositions de ces professionnels» pour «maîtriser au mieux les risques existants» et de transmettre les bons gestes, comme les «techniques de retrait de gants potentiellement contaminés».





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