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La semaine de Philippe Labro : l’ombre sur la vallée, Paris dans la lumière

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Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour CNEWS, il commente ce qu’il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

MERCREDI 7 OCTOBRE

C’est une de ces catastrophes qui, soudain, oblige à relativiser toute l’actualité. Le drame vécu par les villages et les habitants de Saint-Martin-Vésubie ou Roquebillière, dans les Alpes-Maritimes, ces images de la dévastation, la boue qui envahit tout et détruit tout sur son passage, ces gestes héroïques de gendarmes ou de pompiers infatigables, ces morts (au moins cinq), ces disparus (au moins treize), ces blessés, ces survivants, tout cela nous force à remettre les choses à leur vraie place. Le président de la République, toute la journée sur le terrain, l’a bien compris et a mesuré, en faisant en sorte que la «machine France» (belle expression d’un survivant) se mette en marche le plus rapidement possible.

J’avais été un peu surpris, en parcourant vite une partie de la presse écrite, par le peu d’espace consacré à ce cruel événement. Comme si l’on ne nous servait que du Covid, et encore du Covid, du Trump, et toujours du Trump. Les habitants de la Vésubie et de La Roya avaient cru être «oubliés». Les reportages télévisés ont permis de rétablir un juste équilibre. Pour les villageois de ces si belles vallées des Alpes-Maritimes, le reste de l’actualité n’a aucune importance. Ils font penser à cette métaphore d’Henri Michaux : «Celui qui a une lame de rasoir dans l’œil se fout bien du sort de la marine anglaise.»

JEUDI 8 OCTOBRE

Il reste que le pouls du monde continue de battre. Ainsi du «show» de la Maison Blanche, cette fabrique à images et cette boîte de communication, qui peut permettre à Trump de croire que si rien n’est gagné, rien n’est encore perdu. Malgré 210 000 morts, malgré quelques sondages sévères, le milliardaire «incumbent» (c’est-à-dire titulaire) reste installé dans une Maison Blanche qu’il va désor­mais falloir désinfecter de la cave au grenier. Il demeure un redoutable «fighter», ce «combattant» qui a toujours, jus­qu’ici, réussi à déjouer tout pronostic. Il faut attendre le deuxième débat, le 15 octobre. Cela va être intéressant.

VENDREDI 9 OCTOBRE

Revenons aux livres, dont je disais ici, la semaine dernière, que leur abondante activité m’incite à en parler régulièrement. On va du plus sérieux au plus léger. Le sérieux ? La guerre des récits (éd. de l’Observatoire) de Christine Ockrent. Dans cet ouvrage très clair, bien agencé, la journaliste «raconte» les grandes puissances qui s’affrontent à l’occasion du tournant qu’aura été – et que demeurera – l’épidémie de Covid. Ma consœur a construit sa narration pendant et après le confinement, se référant à plusieurs experts ou centres de recherche. A la qualité de son expérience s’ajoute la densité de son analyse. Nous vivons, entre Chine, Russie, Etats-Unis et Europe, une «nouvelle guerre froide», dit-elle.

Le léger : Et si on parlait plutôt de mes succès ? (éd. du Cherche Midi) de Quentin Périnel. Il s’agit d’un souriant recueil des échecs de ceux qui, apparemment, gagnent : Teddy Riner, Erik Orsenna, Michel-Edouard Leclerc, Philippe Starck… Pour tous ces gens, que l’on dit célèbres, leurs échecs ont pu être bénéfiques. «Il y a une sagesse de l’échec», prétend même le philosophe Charles Pépin.

Enfin, pour les amateurs du 7e art, c’est l’œuvre d’un grand cinéaste que revisite avec talent Hélène Rochette, en commentant et illustrant Le Paris de Claude Sautet (éd. Parigramme). Un album riche en documents et photos inédites, qui évoque les plus beaux films de l’irremplaçable metteur en scène des Choses de la vie, de Nelly et Monsieur Arnaud, de César et Rosalie ou encore du Mauvais fils, à travers les bistrots de Paris ou de sa banlieue. On y rencontre «des hommes vus à travers les vitres embuées» des cafés et des troquets. On se replonge dans une ville, dans toute une époque, celle des années 1970 et 1980. On retrouve Serrault, Montand, Piccoli. Et Romy Schneider, évidemment, inoubliable. Sautet avait confié : «Il y a toujours de la pluie dans mes films… La pluie, c’est un processus d’accélération dramatique.» Cette semaine, nul ne saurait mieux dire.

Retrouvez toutes les chroniques de Philippe Labro ICI



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