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La semaine de Philippe Labro : les splendeurs d’un pays, les désastres du monde

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Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour CNEWS, il commente ce qu’il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

VENDREDI 28 AOÛT

Heureux de vous retrouver après cette longue parenthèse. Comment avons-nous vécu cet été – et comment le définir ? Les adjectifs abondent – je ne prétends pas être complet, mais on va essayer.

Un été très français. Il y a eu cette évidence, pour cause de Covid-19, selon laquelle la France est un pays d’une beauté et d’une richesse exceptionnelles, et qu’il n’est nul besoin d’aller aux Maldives ou en Patagonie pour jouir de toutes les offrandes de l’Hexagone. Des lavandes du Var aux forêts de Haute-Savoie, des verdures de l’arrière-pays basque aux embruns des côtes bretonnes, des villages intacts du Lot à ceux de la Corrèze, des ciels d’Alsace aux étendues du Nord, les chaînes de télévision n’ont pas cessé de filmer et de diffuser de sublimes cartes postales dans lesquelles de nombreux estivants ont pu pénétrer.

Un été de tous les dangers. L’inévitable relâchement de celles et ceux qui sortaient du confinement et se sont réunis pour festoyer – parfois de façon très intempestive – aura donc, en partie, amorcé un rebond de l’épidémie. Le masque est réapparu. Il ne disparaîtra plus – au moins pendant deux ans. Et puis, l’insécurité – que l’on nomme à tort «incivilités» – n’a pas cessé de choquer, d’inquiéter, d’indigner. Les maires que l’on agresse, les pillages débiles pour cause de match de foot, la violence quasi banalisée qui surgit au coin d’un arrêt de bus ou d’une bouche de métro, tous ces innocents qui ont voulu bien faire et se sont retrouvés tabassés par des voyous, tout ce qui alimente la rubrique «faits divers» des médias, et tout ce qu’il faudra bien, un jour, mieux contrôler, mieux punir.

Un été à l’actualité anxiogène. De l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny aux affrontements multiples dans les villes américaines entre policiers et manifestants de toutes tendances, des actions du président turc Recep Tayyip Erdogan dans le bassin méditerranéen à la répression de la Chine, qui veut définitivement soumettre Hong Kong et en finir avec la démocratie, du duel entre Donald Trump et Joe Biden (bien malin celui qui peut prévoir qui l’emportera dans soixante-six jours !), de l’effrayante explosion à Beyrouth, avec ses morts, ses responsables jusqu’ici intouchables, désastre qui enfonce un peu plus le Liban dans le malheur, combien d’événements presque tous négatifs ont en partie occulté l’accord très positif Merkel-Macron, symbolisant une Europe qui tient debout, malgré tout ?

Un été de déception. Le PSG ! Les larmes de Neymar, la joie de Coman.

Un été de culture. Le besoin de musique, de spectacles, de cinéma, d’expositions n’a jamais été aussi fort – et aussi peu assouvi. Saluons celles et ceux qui ont tout de même réussi à performer, à encourager les gens à revenir dans les salles, à se battre pour ne pas céder à l’excès de précaution qui paralyserait le retour du public. On peut, en revanche, se réjouir de la bonne santé du livre. Les libraires connaissent une fréquentation encourageante, et la déferlante de nouveaux romans et essais, français ou étrangers, confirme que cette rentrée littéraire va très bien se passer. J’ai retenu, parmi tant d’ouvrages que j’ai reçus, le dialogue de Gisèle Halimi avec Annick Cojean, Une farouche liberté (éd. Grasset) et la réédition en deux volumes du Bloc-notes de François Mauriac (éd. Robert Laffont, collection Bouquins), avec une préface de Jean-Luc Barré. Selon lui, le grand écrivain-journaliste n’a pas subi «l’usure du temps». Cette somme de textes (deux volumes qui couvrent la période allant de 1952 à 1970) est un trésor. Du style, de la verve, de la précision, une grande intelligence. Beaucoup d’autres parutions prolongeront cet été indéfinissable. Mais vers quel automne irons-nous ? Il est souhaitable de l’aborder avec courage, patience, et, surtout, une exigeante capacité d’adaptation. Et puis, il reste l’espoir – sans quoi nous ne pourrions vivre ou survivre.



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