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La semaine de Philippe Labro : la fureur des océans, la sagesse d’un homme


Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour CNEWS, il commente ce qu’il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

Si vous le voulez bien, nous allons essayer de proposer une chronique sans vaccin, sans Covid-19, sans variants, sans Delfraissy ou Salomon, sans Véran ou Castex, sans confinement, déconfinement ou reconfinement, sans malaise national et sans baisse du PIB… Un simple carnet de notes, une petite bouffée d’air du temps, si possible fraîche, si possible positive.

MERCREDI 3 FÉVRIER

Vendée Globe : ça y est, ils sont presque tous arrivés, et les quatorze derniers ont, selon moi, autant de mérite et de vertus que les premiers. Cette belle aventure n’a provoqué aucune polémique, aucune critique, il n’a fallu signer aucune pétition, les ligues de la pensée correcte n’ont pas manifesté. Ce genre d’événements constitue une réussite. Grâce, désormais, à la technologie, nous avons pratiquement pu vivre en direct cette confrontation avec les océans, avec la nature, superbe et féroce. Et puis, il y a eu le respect d’une loi de la mer et de la navigation : pour avoir aidé un camarade en détresse, c’est Yannick Bestaven qui l’emporte, même si c’est Charlie Dalin qui a franchi la ligne en premier. Tout cela est bien.

JEUDI 4 FÉVRIER

Je revois – en podcast – la prestation de Bernard Tapie, dimanche dernier, invité par l’excellent Laurent Delahousse, à 20h30, sur France 2. Avec une voix amincie et amoindrie par la violence du traitement médical que subit cet homme dans sa lutte contre le cancer, il fait preuve de dignité, de pudeur, de cohérence et, dans chacun de ses propos, de cette «intelligence de la vie», de cette perception de l’état d’esprit des gens de tous bords. Tapie était arrogant, il devient sage. Il était flamboyant, il est lumineux. Il était insolent, il est bienveillant. C’était un bateleur, il devient philosophe.

VENDREDI 5 FÉVRIER

En thérapie, la série d’Olivier Nakache et Eric Toledano, à suivre sur Arte, fait un tabac. Il est vrai que l’adaptation de BeTipul, un feuilleton culte israélien déjà repris aux Etats-Unis (In Treatment) et dans dix-neuf autres pays, a de quoi passionner. Bien écrit, bien construit, avec des interprètes de très grand niveau. Ils sont tous bons, mais je suis surtout séduit par Reda Kateb, en flic de la BRI, et Céleste Brunnquell en nageuse de 16 ans. Force des visages. Talent de vérité.

Je veux aussi signaler la réédition du livre Le cinéma selon Jean-Pierre Melville (éd. Capricci), un entretien réalisé par Rui Nogueira, qui confirme, si nous ne le savions pas déjà, la singulière intelligence de ce metteur en scène se qualifiant lui-même d’«opomaniaque» – obsédé par son œuvre. Il dit : «Plus je vieillis, rien ne compte plus que mon œuvre. J’y pense jour et nuit.»

Enfin, envie de vous faire découvrir une réjouissante publication reçue comme cadeau de Noël : A la découverte des oiseaux (éd. Dunod), signé Frédéric Jiguet. Pour quiconque est fasciné par la «gent ailée», dont parle La Fontaine, c’est un fabuleux guide d’observation et d’information. Illustrations riches. Et surtout, grâce à un petit QR code imprimé en haut de chaque page, on peut facilement le photographier avec son portable et reproduire le chant de chacune des 120 espèces. Ça va de A comme accenteur mouchet à V comme verdier d’Europe.

«Cela fait quatre ans que Trump, sa méthode, son langage, son totalitaire narcissisme ont allumé les feux du racisme et de l’extrême droite armée», estime Philippe Labro.

Pas besoin d’être ornithologue ou spécialiste. Il suffit, chez vous, sur votre lieu de travail ou dans les transports, n’importe où, n’importe quand, d’une minuscule manipulation et vous entendez le chant de la mésange charbonnière ou celui du pinson des arbres. C’est court, ça dure quel­ques secon­des, mais c’est incroyable et merveilleux, la plus belle évasion quo­ti­dienne possible dans le gris absolu de nos vies actuelles. Bravo à Frédéric Jiguet, chercheur et professeur au Muséum national d’histoire naturelle. La musique d’une tourterelle ou d’une bergeronnette vous fera oublier, ne fût-ce qu’un instant, le chant morose de la «Covidie». 

Retrouvez toutes les chroniques de Philippe Labro ICI



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