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La semaine de Philippe Labro : la douceur de Carrière, la puissance de Brody


Philippe Labro est écrivain, cinéaste et journaliste. Chaque vendredi, pour CNEWS, il commente ce qu’il a vu, vécu et observé pendant la semaine. Un bloc-notes subjectif et libre.

LUNDI 8 FÉVRIER

Les Américains, qui aiment les gagneurs, s’extasient devant le nouvel exploit de Tom Brady, 43 ans, qui vient de remporter, avec son équipe de football, le célèbre Super Bowl, à Tampa, en Floride. Son septième. En général, la carrière d’un pratiquant de cette discipline d’une dureté inouïe (le football made in USA, c’est la guerre) dure quatre ou cinq ans. Brady est là depuis vingt ans et annonce, avec son sourire de premier rôle au cinéma, qu’il n’a pas encore fini. Il est devenu «le plus grand de tous les temps», selon les médias américains. N’exagérons rien.

MARDI 9 FÉVRIER

Disparition de Jean-Claude Carrière, à 89 ans. Son portrait, son prodigieux chemin de créateur, remplissent des pleines pages de journaux. C’est normal : on ne mesurait peut-être pas assez, de son vivant, l’extraordinaire et multiple talent de cet homme, né à Colombières-sur-Orb (Hérault) dans une famille modeste, et qui a écrit des scénarios pour les plus grands réalisateurs (Milos Forman, Louis Malle, Andrzej Wajda, Philip Kaufman, et Luis Buñuel, bien sûr, dont il fut le complice), des pièces de théâtre, des livres, des essais, des entretiens (avec le dalaï-lama).

On reste ébahi, admiratif, et, en réalité, terriblement humble, devant une telle multiplicité d’expression et de réussites. On se souvient aussi, et peut-être surtout, de sa générosité, sa capacité d’écoute, la douceur de sa voix, son regard pénétrant, sa tolérance, sa liberté de penser, sa fidélité en amitié, son charme naturel, son humour… Aucune comédie chez cet homme, aucun artifice. Vous sortiez d’une rencontre avec lui euphorique et modeste : d’une part, la joie d’avoir approché une telle personnalité ; d’autre part, la conscience de vos limites. Mais il n’imposait pas sa force, son savoir, son expertise. Aucune arrogance. Et avec ça, un goût de la vie, du vin, de l’amour. Un sage, une exception.

MERCREDI 10 FÉVRIER

Il a neigé cette nuit et, ce matin, à Paris, je n’ai pas vu beaucoup de sable ni de sel dans ma rue, ni sur les voies publiques ou les places que j’ai pu traverser pour aller travailler. J’ai failli me casser la figure trois fois sur le trottoir. Ce n’est pas grave. Mais enfin, on n’avait donc rien prévu ? Ça va s’arranger, me répond-on. Bien sûr, bien sûr…

JEUDI 11 FÉVRIER

Le monde continue de vivre dans la hantise des nouveaux variants, la suspicion sur certains vaccins, l’observation des chiffres – nombre de morts, d’hospitalisations, de personnes en réanimation. Nous ne cessons d’osciller entre les précisions plus qu’alarmistes de certains «experts» médicaux et le choix (provisoire ou définitif) de l’exécutif d’éviter le confinement.

Il y a presque un an, tous les soirs, à nos fenêtres, nous applaudissions l’ensemble du personnel soignant, du brancardier au chirurgien, de l’infirmière à l’anesthésiste. Les bravos et les chants se sont tus. Pourquoi ? Ils sont toujours là, ces héros et héroïnes du jour et de la nuit. Ils souffrent, ils tiennent bon et, eux aussi, sont souvent atteints par le virus, quand ce n’est pas par ce qu’on appelle un «burn out», traduisez par «brûlure», «épuisement». Tâchons de ne pas oublier ce que nous leur devons.

VENDREDI 12 FÉVRIER

Quelques livres reçus récemment et susceptibles d’éveiller votre intérêt, puisque, c’est une chance, la lecture n’a jamais été autant «essentielle» (un adjectif qui restera, quand on fera la liste des nouvelles expressions que la crise sanitaire aura fait naître). Emmanuel le Hardi (éd. de l’Observatoire) d’Alain Duhamel. L’inconnu de la poste (éd. de l’Olivier) de Florence Aubenas – journaliste et écrivaine du plus haut niveau, modèle de persévérance dans l’enquête et de précision dans le récit, dans la tradition de Truman Capote et son fameux De sang-froid. Dans un tout autre genre, La vie en bleu (éd. Albin Michel) de Philippe Tournon. Un peu de foot à la française. Aucun Tom Brady, mais du Platini et du Deschamps. Ce n’est pas mal non plus ! 

Retrouvez toutes les chroniques de Philippe Labro ICI



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