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Knysna 2010 : le 20 juin, jour sombre de l’histoire de l’équipe de France

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Le 20 juin 2010, à Knysna, en pleine Coupe du monde, l’équipe de France entrait dans l’Histoire de la pire des manières. Devant les caméras du monde entier, les joueurs de Raymond Domenech décidaient de faire grève et de ne pas s’entrainer.

Ce triste épisode était le summum de plusieurs événements de la crise traversée par les Bleus. Quelques mois auparavant (novembre 2009), les vice-champions du monde de 2006 décrochaient leur ticket pour le Mondial en Afrique du Sud après un barrage qui aura longtemps fait parler. Une main de Thierry Henry juste avant le but qualificatif de William Gallas contre l’Eire. Le début d’un véritable désamour pour cette équipe de France et d’une ambiance complètement délétère autour d’elle.

2010 restera comme l'année noire du football tricolore.

Et avant d’atterrir, les Bleus allaient connaitre des mois de préparation compliqués, avec notamment «l’affaire Zahia» qui concernait Karim Benzama (non sélectionné), Franck Ribéry et Sidney Govou (ce dernier a toutefois eu des relations avec elle lorsqu’elle était déjà majeur). Puis pour ne rien arranger sur le terrain, alors qu’il était très critiqué depuis sa main contre les Irlandais, Thierry Henry se voit pousser sur le banc par Raymond Domenech, qui lui retire également le brassard de capitaine au profit de Patrice Evra. Ce qui provoquera la colère de Williams Gallas, vice-capitaine, qui n’a pas été tenu au courant.

Et avant d’embarquer pour l’Afrique du Sud, en plus des fameux clans dont on parle dans les médias, c’est l’hôtel réserver par le staff de l’équipe de France qui fera beaucoup jazzer. Le fameux Pezula Resort, un hôtel de luxe, le plus cher des équipes qualifiées pour la Coupe du monde avec des chambres doubles à 589 euros la nuit. «J’attends que l’équipe de France nous éblouisse par ses résultats plutôt que par le clinquant des hôtels, avait confié à l’époque la Secrétaire d’Etat Rama Yade (qui avait toutefois choisi un hôtel plus cher à Soweto d’après le Canard enchaîné de l’époque). Moi, je les ai appelés à la décence en temps de crise.»

Arrivés sur le continent africain, rien ne s’arrangera en interne. Domenech, qui critiquera l’implication de ses hommes, ne semble plus du tout tenir son groupe. Certains joueurs refusent de se rendre en conférence de presse.

La fameuse mi-temps de France-Mexique

Et après un premier match nul soporifique contre l’Uruguay (0-0) où les choix tactiques ont été très incompris de tous, c’est le Mexique qui se présente aux Bleus. En plus d’enregistrer une défaite (2-0) qui les condamne quasiment, les Tricolores allaient vivre un épisode désormais dans toutes les têtes : l’altercation entre Nicolas Anelka et Raymond Domenech à la mi-temps de la rencontre. Des insultes auraient été proférés par l’ancien attaquant du PSG, du Real Madrid et de Chelsea entre autres envers son sélectionneur. Ils seront relayés par le quotidien L’Equipe qui en fera sa une.

Le lendemain, Anelka sera exclu. Une affaire qui prendra énormément d’ampleur. Si Jean-Louis Valentin (directeur délégué de la Fédération) et Jean-Pierre Escalettes (président de la FFF) tenteront de minimiser l’incident, Patrice Evra lâchera une bombe : «Mais le problème de l’équipe de France, ce n’est pas Anelka, c’est le traître qui est parmi nous, il faut le dire. Comment cette chose a pu sortir dans la presse ? Il n’y a que nous, les joueurs et le staff, qui savions. C’est ce traître qu’il faut éliminer du groupe.» Une tirade qui restera dans l’histoire également.

A noter que Domenech et Escalettes étaient prêts à conserver Anelka s’il s’excusait «publiquement». Ce ne fut pas le cas, et il fut alors définitivement exclu le 19 juin. Il prendra toutefois part à un dernier dîner avec ses coéquipiers. Un dîner lors duquel l’idée d’une grève à vue le jour.

Le lendemain, le 20 juin 2010, la journée s’ouvre avec un Franck Ribéry qui débarque sur le plateau de Téléfoot en claquettes-chaussettes. Très ému, l’ancien marseillais s’excuse auprès des Français pour le niveau affiché lors des deux premiers matchs de ce Mondial et dément les rumeurs d’altercation avec Yoann Gourcuff.

On s’attendait alors à une belle journée et mais quelques heures plus tard, au moment d’arriver sur le terrain d’entrainement, après avoir salué les supporters présents au Field of Dreams, les Bleus refusent de s’entrainer et remontent dans le bus devant les caméras du monde entier.Ce qui provoque la colère de Robert Duverne, qui en jettera son chronomètre.

Dans le bus, sans chauffeur (descendu à la demande de Raymond Domenech), les coéquipiers d’Évra prépare une lettre qui sera lue par leur sélectionneur. «Par ce communiqué, tous les joueurs de l’équipe de France, sans exception, souhaitent affirmer leur opposition à la décision prise par la Fédération française d’exclure Nicolas Anelka.» Du jamais vu dans l’histoire du football tricolore.

Deux jours après, le 22 juin, les Bleus disputent leur dernier match contre l’Afrique du Sud et s’inclinent (2-1). Eliminés, ils essuieront de nouvelles critiques.

Cet échec conjugué à cette grève, qui a écorné l’image de la France, provoquera un énorme scandale dans l’opinion publique. Le président de l’époque, Nicolas Sarkozy a demandé à apporter des réponses structurelles au mal-être de l’Équipe de France, et a annoncé le 23 juin 2010, après diffusion du communiqué de l’Élysée, une réunion des États Généraux sur la gouvernance du football français.

Des bouleversements auront lieu au sein de la Fédération française de football. Jean-Pierre Escalettes sera remplacé par Noël Le Graët, Raymond Domenech par Laurent Blanc. Et pour éviter un nouveau fiasco, la FFF a mis en place une charte de bonne conduite, divulguée en 2011.



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