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JoeyStarr, Louis Chedid, Laurent Garnier, Kyan Khojandi… une cinquantaine de personnalités partagent leurs expériences du trac

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A l’occasion de la sortie du livre « L’étonnant pouvoir du trac et autres effets secondaires » signé Romain Lesaffre – alias Château Brulant du groupe de Airguitar les Airnadette – une cinquantaine de personnalités issues du monde artistique, sportif et politique ont partagé avec lui leur expérience du trac.

De Joeystarr à Louis Chedid en passant par Kyan Khojandi, Alain Bernard, Laurent Garnier entre autres, ils livrent leurs anecdotes et subterfuges pour dompter cette mystérieuse réaction du corps, aussi paralysante pour certains que stimulante chez d’autres.

Un sentiment qui va et vient différemment selon les profils, et que Romain Lesaffre, lui-même sujet au trac à certaines périodes de sa vie, a voulu décrypter pour mieux le cerner, comprendre son utilité et offrir des solutions pour le maîtriser. Car cette réaction physique faisant appel à notre instinct primaire de protection face à un danger, comme l’explique l’auteur champion de France de Air Guitar en 2006, est étonnante.

Le bon trac, ça existe

Parfois salutaire, il permet de se dépasser le temps de la performance, comme l’ont constaté Bruno Solo et Louis Chedid, capables de jouer avec une gastro carabinée ou une rage de dent, oubliant la douleur le temps du show. Il est aussi recherché par certains, comme en témoigne l’humoriste et acteur Bruno Salomone. « Pour moi, le trac est un moteur. Il me donne des ailes et il est même nécessaire : il permet de faire des choses que je ne ferais pas dans la vie », explique-t-il.

« Pour moi, le trac est un moteur. Il me donne des ailes »
Bruno Salomone

 

Un sentiment partagé par le guitariste Yarol Poupaud, pour qui « ne pas avoir le trac du tout serait ennuyeux » parce que « monter sur scène comme on irait faire ses courses, ça ne marche pas ». Une vibration qu’il n’est pas le seul à rechercher, comme en témoigne aussi JoeyStarr. « Moi, j’aime l’accident ! Si tu ne sors pas de ta zone de confort à 52 piges, si tu ne fais pas des choses qui t’éclatent encore, quel est l’intérêt ? … Ca fait partie de l’exercice !» explique l’artiste, qui avoue avoir déjà ressenti ce sentiment dont il fait son affaire : «quand je mets le pied dans un seau, j’arrive toujours à m’en sortir ! »

Le trac et ses tracas

Mais il arrive qu’il soit aussi un sentiment handicapant qui se manifeste aussi bien physiquement – tremblements, maux de ventre, de tête, vomissements – que psychologiquement – déprime, dévalorisation de soi, irritabilité – comme le relate à grand renfort d’exemples Romain Lesaffre. Un trac qui d’après son enquête peut puiser sa source aussi bien dans l’inné que dans le vécu, et engendrer des réactions variées qui s’invitent de mille façons, aussi bien avant que pendant la performance.

« En tournée, c’est l’arrivée devant le panneau de la ville qui me met la boule au ventre », note l’auteur, compositeur et interprète Louis Chedid qui dompte son trac en répétant, avouant toutefois faire « des cauchemars avant les tournées : des histoires de gens pas contents qui partent par paquets, ou je ne me souviens d’aucune chanson, ou c’est la technique qui foire, le rideau qui ne se lève jamais… Tout ça, ce doit être une façon de digérer le trac d’une tournée », note-t-il.

Un trac qui a bien failli empêcher l’humoriste Kyan Khojandi de monter sur la scène de Bercy par le passé, comme il l’a confié à Romain Lesaffre. «Bercy, Foresti, 12 000 personnes. Je fais deux pas sur l’escalier pour monter sur cette grande scène et là, je vois l’escalier se renverser dans mon esprit. Je dis à mon manager : “Tu leur expliqueras, je n’y vais pas !”», et d’ajouter « Il a dû me pousser sur scène, sinon je laissais tomber ! Après j’ai kiffé». Un sentiment qui a également conduit l’humoriste à jouer à ses débuts assis, feignant une sciatique. « C’était dans un café-théâtre de 42 places et il n’y avait que 12 personnes dans la salle. À l’époque, j’étais tellement traqueux que j’ai dit aux gens que j’avais une sciatique et que j’étais obligé de m’asseoir (…). C’était le seul moyen pour tenir le trac à distance. Comme j’avais dit au public : “Je suis désolé, mon médecin m’a dit de ne pas venir, mais je suis venu quand même”, ils m’ont soutenu et du coup ça m’a aidé. J’avais détourné l’angoisse en sciatique. ». 

Le trac est quelque chose de personnel qui dépend de (…) 125 000 raisons qui nous sont propresRomain Lesaffre

 

Des manifestations du trac qui ont touché plus d’un artiste, comme le raconte aussi l’humoriste Bérengère Krief ou le chanteur Tété, mais aussi des sportifs de haut niveau, et dont les origines peuvent être multiples, comme le détaille cet ouvrage. L’enjeu du moment, la peur de l’inconnu, le manque d’estime de soi, le lieu, la pression du succès… peuvent être autant de facteurs déclencheurs, souligne Romain Lesaffre pour qui «le trac est quelque chose de personnel qui dépend de nos failles, du regard que l’on porte sur soi, qui est porté sur nous et de 125 000 autres raisons qui nous sont propres», note-t-il.

Des parades anti-tracs

Face à lui chacun a ses parades, arriver au dernier moment au théâtre pour repousser le moment fatidique, comme le note l’humoriste Kheiron, s’isoler et faire « 36 000 vocalises » comme l’a expérimenté à ses débuts Pauline Croze, pratiquer la cohérence cardiaque ou mettre en place des rituels, comme le suggère l’auteur Romain Lesaffre entre autres conseils de psychologues.

Certains adoptent un objet fétiche à l’instar du DJ, compositeur et producteur de musique électro Laurent Garnier : « J’ai un slip porte-bonheur des Doors et une paire de chaussettes avec des cassettes dessinées dessus, je les mets quand je fais des concerts importants. C’est très con mais ça a encore marché à la dernière soirée où je l’ai mis, à Berlin ! J’ai aussi fait ça avec des tee-shirts pendant longtemps. C’est toujours difficile de jouer dans un contexte tout à fait nouveau et dans ces cas-là, on a besoin de se rattacher à quelque chose de connu. Et c’est plus facile de se dire que ça a marché grâce à ça, que grâce à moi. »

Une technique également adoptée un temps par le médaillé olympique Alain Bernard. Une méthode que ce superstitieux a depuis abandonnée, expliquant avec humour : « un jour, on était à table avec Laure Manaudou, et elle me demande de lui passer le sel. Je lui ai répondu : “Mais faut pas faire ça !” Le lendemain, elle a battu le record du monde. Parfois, tu as des croyances, et ces contre-exemples te disent que ça ne sert à rien tout ça ».

Au fil de cette enquête de 220 pages et des centaines de témoignages d’artistes bien sûr, mais aussi de sportifs, d’avocats, de politiciens ou de chefs d’entreprise, Romain Lesaffre livre les clefs pour comprendre cette réaction qui sous sa plume devient de moins en moins mystérieuse.

Avec sérieux mais aussi humour, il lève le voile sur ce sentiment que tout le monde a un jour ressenti, en prenant la parole en public ou en passant un examen, et permet de mieux l’appréhender grâce aux conseils et techniques d’accompagnement de psychiatres et de professionnels. En résulte un livre de coaching feel good qui permet d’aborder le trac différemment. Une réaction «loin d’être anormale, au contraire» insiste son auteur. 



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