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Jean-Marie Le Pen relaxé après ses propos sur la «fournée» en 2014


Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé ce vendredi 29 octobre l’ex-président du Front national Jean-Marie Le Pen. Il était jugé pour provocation à la haine raciale, après avoir prononcé en 2014 une phrase polémique que beaucoup ont qualifié d’antisémite.

Le 6 juin 2014, celui qui était alors député européen s’en était pris dans une vidéo aux artistes engagés contre le Front national, comme Yannick Noah, Guy Bedos ou Madonna.

Alors que son interlocutrice évoquait le nom du chanteur Patrick Bruel comme l’un de ses détracteurs, Jean-Marie Le Pen avait commenté dans un rire : «Ça ne m’étonne pas. Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois !». Ces propos avaient déclenché un tollé, Patrick Bruel étant d’origine juive.

UN «BON MOT» MAIS PAS UNE DISCRIMINATION 

Le tribunal a reconnu que les propos de Jean-Marie Le Pen avaient pour cible la communauté juive, car «le mot fournée» renvoyait à «l’image quand bien même symbolique du processus d’extermination systématique des Juifs d’Europe», a expliqué la présidente du tribunal. 

Cependant, les juges ont considéré qu’il s’agissait, non pas d’un appel à la discrimination et à la violence, mais d’«une jubilation pour faire un bon mot face à un auditoire acquis».

Lors du procès, le ministère public avait considéré que ses propos constituaient une «grave faute morale», mais n’avait pas présenté de réquisitions. De son côté, Jean-Marie Le Pen avait de nouveau soutenu dans un courrier transmis au tribunal que le mot «fournée» n’avait «jamais eu de signification polémique ni même politique».

«Une faute politique» pour Marine Le Pen

L’ex-président du FN, âgé de 93 ans, n’était pas présent à l’énoncé du jugement. Son coprévenu Jean-François Jalkh, ex-directeur de publication du site internet du FN sur lequel a été publiée la vidéo, a lui aussi été relaxé.

Ces propos avaient à l’époque déclenché une pluie de condamnations et semé la discorde au sein de la famille politique de Jean-Marie Le Pen. Sa fille Marine Le Pen, alors présidente du FN, avait décrit«une faute politique».

Le cofondateur du parti a été exclu du mouvement à l’été 2015, avant d’être déchu de sa présidence d’honneur au congrès de mars 2018.

Jean-marie le pen Déjà condamné

L’ancien candidat à l’élection présidentielle a déjà fait l’objet de multiples condamnations judiciaires, notamment pour «contestation de crime contre l’humanité», quand il avait qualifié les chambres à gaz de «point de détail de l’histoire de la deuxième Guerre mondiale».

En 1993, il avait été condamné à une amende pour son jeu de mot de 1988, «Durafour crématoire», visant le ministre de la Fonction publique de l’époque, Michel Durafour.



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