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Fukushima : il y a 10 ans, le Japon ravagé par un tsunami


Sur les écrans de télévision, partout dans le monde, les images défilaient en boucle : le séisme, d’une puissance terrifiante et le tsunami, emportant tout sur son passage. C’était il y a dix ans, le 11 mars 2011.

Déjà ravagé par les eaux, le Japon devenait, les jours suivants, le théâtre de la pire catastrophe nucléaire au monde depuis Tchernobyl (Ukraine) en 1986, celle de la centrale de Fukushima Daiichi.

Une décennie plus tard, le démantèlement du bâtiment est toujours en cours et pourrait encore durer pour trente à quarante ans. La mission est particulièrement délicate, entre le retrait du combustible fondu et le traitement des 1,23 million de tonnes d’eau contaminée encore stockées sur le site.

Les digues anti-tsunami, déjà courantes au Japon avant 2011, ont fleuri depuis. Et notamment près de Fukushima, où un rempart discontinu de 430 kilomètres, courant sur les côtes jusqu’aux départements voisins, Miyagi et Iwate, doit être achevé prochainement.

Un séisme ultra-puissant de magnitude 9

Mais le 11 mars 2011, aucune digue n’a pu contenir les éléments déchaînés. Le tremblement de terre sous-marin enregistré ce jour-là à 14h46, heure locale, a par la suite été identifié comme l’un des plus puissants jamais enregistrés au monde : de magnitude 9,0 sur l’échelle de Richter.

Avec un épicentre localisé à 24 km de profondeur, et à 130 km au large du département de Miyagi, le séisme a été ressenti dans une grande partie du pays. La secousse était d’une telle ampleur que la principale île nippone, Honshu, a été déplacée de 2,4 mètres vers l’est.

Ce n’était que le début de la catastrophe puisqu’environ trente minutes plus tard, un tsunami, déclenché par le tremblement de terre, frappait les côtes japonaises. Par endroits, les vagues ont atteint plusieurs dizaines de mètres de haut, franchissant sans difficulté les murs anti-tsunami et arrachant les bâtiments de leurs fondations.

Un mur d’eau de 15 mètres

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située face à l’océan, a ce jour-là été heurtée par un gigantesque mur d’eau de 15 mètres de hauteur. Privé de courant, le bâtiment n’a pu compter sur ses groupes électrogènes de secours, noyés.

Résultat : les coeurs de trois des six réacteurs de la centrale sont entrés en fusion, faute de pouvoir être refroidis. L’hydrogène s’est accumulé dans les bâtiments réacteurs, provoquant plusieurs explosions les jours suivants et le rejet d’importantes émissions radioactives dans l’air, les eaux et les sols de la région.

15.899 décès, 2.527 disparus et plus de 6.000 blessés

Humainement, le bilan a été lourd, principalement à cause du tsunami. En décembre 2020, la police japonaise faisait état de 15.899 décès, 2.527 disparus et plus de 6.000 blessés. Immédiatement après la catastrophe et en raison des risques liés à la radioactivité, une «zone interdite» de 20 km autour de la centrale a été délimitée. Elle représentait alors environ 12% de la superficie du département de Fukushima.

Les habitants qui vivaient à l’intérieur ont reçu l’ordre de quitter immédiatement les lieux et beaucoup d’autres, vivant pourtant hors de ce périmètre, ont également décidé de partir. Plus d’un an après, en mai 2012, le nombre d’évacués s’élevait déjà à 164.865 personnes.

Dix ans plus tard et après d’importants travaux de décontamination, la «zone interdite» ne représente plus que 2,4% du département, soit 337 kilomètres carrés. Pourtant, en 2020, les autorités recensaient encore 36.811 personnes déplacées.

Certaines ont simplement refait leur vie ailleurs mais d’autres se montrent encore réticentes à l’idée de revenir dans cette zone, par peur des radiations. Pourtant, selon les conclusions d’un rapport de l’ONU, publié ce mardi 9 mars, «aucun effet néfaste sur la santé des habitants de Fukushima pouvant être directement attribué à l’exposition aux radiations n’a été documenté».

En ce 10e anniversaire, le traumatisme reste néanmoins vif dans l’esprit des Japonais. Aussi, selon le Japan Times,  la «Flamme d’Hiroshima et de Nagasaki», issue des bombardements atomiques et conservée depuis dans un sanctuaire de Tokyo, doit aujourd’hui être transférée dans un temple du département de Fukushima.

Rebaptisée «flamme non nucléaire» pour l’occasion, elle doit symboliquement relier les villes d’Hiroshima et Nagasaki à Fukushima et l’atoll de Bikini, théâtre d’un essai de bombe américaine à hydrogène en mars 1954. Ce feu sera installé à côté d’un monument en pierre exprimant «le regret de ne pas avoir empêché l’accident nucléaire» et cohabitera avec un musée retraçant ces différentes catastrophes, qui ont marqué l’Histoire japonaise.





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