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Etats-Unis : grande inquiétude chez les étudiants français et étrangers

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L’administration de Donald Trump a pris la décision ce 6 juillet de ne pas accorder ou d’invalider les visas d’élèves étrangers si leur université a mis en place des cours uniquement en ligne pour le semestre à venir.

Ce changement concerne plus d’un million d’étudiants étrangers dans le pays. D’autant que plusieurs universités prestigieuses avaient pris la décision de majoritairement faire cours en numérique l’année prochaine, Harvard en tête. 

Pour beaucoup, cette nouvelle est incompréhensible, et place leur futur dans l’inconnu. «La situation est très incertaine et très violente», regrette Manon, doctorante en littérature comparée à la University of Southern California (USC). Rentrée en France au début du confinement, elle ne sait pas si elle va pouvoir retourner aux Etats-Unis pour terminer sa thèse facilement. 

«L’université a réagi assez vite en nous expliquant qu’elle allait mettre en place certains cours de manières physiques, mais qui seront également disponibles en ligne», raconte la Française. Si ceux-ci sont effectivement comptabilisés comme «présentiels», le visa devrait fonctionner. Reste à savoir de quelle manière le gouvernement et le service d’immigration vont contrôler le fonctionnement des facultés dans le pays. 

Une décision «humiliante»

Dans le même département que Manon, qui regroupe beaucoup de nationalités, ces cours physiques ne rassurent pas forcément tout le monde. Antoine, doctorant français à USC et resté aux Etats-Unis, estime que sa situation demeure «confortable», mais déclare malgré tout rester sur ses gardes : «quand ICE (United States Immigration and Customs Enforcement, le service d’immigration américain), qui a souvent été pointé du doigt, s’occupe de ta situation, ce n’est pas forcément rassurant».

Mahmoud, originaire d’Egypte, est lui inquiet en raison de l’avancée importante de l’épidémie dans son pays, difficilement gérée par un système de santé aux abois. Rentrer sur place lui semble impossible. «Ce serait un désastre pour suivre les cours avec le décalage horaire. Je ne devrais pas avoir à choisir entre aller au campus au milieu d’une pandémie ou quitter le pays. Si ce n’est pas humiliant, je me demande ce qui peut l’être», affirme-t-il.

Mais que ce soit pour Manon ou les autres concernés, l’inquiétude ne s’arrête pas seulement au fait d’être présent sur place. «Comme tous les doctorants, je touche une bourse de l’université qui me fait vivre. Si je ne suis pas aux Etats-Unis pour suivre les cours, je ne sais pas s’ils vont trouver justifier le fait de me la verser», s’alarme-t-elle.

Un procès à venir

«Rajouter de l’instabilité politique pour des étudiants qui s’inquiètent déjà de financer leurs études est incompatible avec un travail scientifique de qualité», déclare Jonathan Esolé, professeur de mathématiques à la Northeastern University de Boston. Congolais, ayant notamment fait ses études en Belgique et en Angleterre, il est sensible à cette question. Outre les difficultés pour les étudiants, il estime que la décision gouvernementale est «catastrophique», puisqu’elle risque de faire perdre «le leadership américain dans la recherche acquis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale». 

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C’est notamment la raison pour laquelle certaines universités comme le MIT et Harvard ont pris la décision de contester la décision des services d’immigration ce 8 juillet. La plainte déposée par les deux entités souligne que «l’effet – et peut-être le but – est de créer autant de chaos que possible pour les universités et les étudiants». Un sentiment partagé par Manon, qui voit un «geste politique pour mettre en difficulté les universités», lieux réputés pour être indépendants, souvent démocrates, et donc critiques du gouvernement de Donald Trump. Le président justifie sa politique en assurant qu’il était «ridicule» pour les établissements comme Harvard de fermer pour éviter la propagation de la maladie. La bataille judiciaire est désormais lancée.

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