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En Pologne, les femmes se mobilisent pour le droit à l’avortement

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En Pologne, la législation sur l’avortement faisait déjà partie des plus restrictives de l’Union européenne. Si bien que la dernière décision du Tribunal constitutionnel, qui proscrit l’IVG en cas de malformation grave du foetus, a été la goutte d’eau. Celle qui a poussé les Polonaises a investir les rues pour faire entendre leur colère.

Amorcée dès l’annonce du jugement, jeudi 22 octobre, la mobilisation n’a pas cessé depuis. Pour les opposants, majoritairement des femmes, cette décision équivaut à l’interdiction totale de l’avortement, puisque «98% des IVG légales en Pologne concernent les malformations du foetus» selon Krystyna Kacpura, directrice de la Fédération pour les femmes et le planning familial.

Les données officielles montrent que le pays de 38 millions d’habitants a enregistré seulement 1.100 cas d’IVG pour l’année 2019. Mais, selon les ONG, ces chiffres ignorent les avortements pratiqués clandestinement, en Pologne ou dans des cliniques étrangères, estimés à 200.000 par an.

Ceux qui s’opposent au jugement du Tribunal constitutionnel craignent justement que cette nouvelle restriction favorise ce genre de pratiques. Krystyna Kacpura s’inquiète notamment du sort des femmes les plus modestes à qui il ne restera plus «que des méthodes dangereuses, comme un avortement réalisé par des personnes non qualifiées».

Des services religieux perturbés

Droit et Justice (PiS), le parti ultra-catholique et nationaliste actuellement au pouvoir est notamment dans la ligne de mire des manifestants. A Varsovie, des milliers de personnes ont afflué dans le quartier de son chef de file, Jaroslaw Kaczynski. Dans d’autres villes, des rassemblements ont été organisés devant les sièges locaux du parti, mais aussi devant des églises ou des évêchés.

Dimanche 25 octobre, des manifestants ont même perturbé le service religieux, interrompant la messe dominicale. A Poznan, une ville de l’ouest de la Pologne, les protestataires ont empêché le prêtre de poursuivre son office et refusé de bouger jusqu’à l’arrivée de la police. Dans le même temps, d’autres appelaient à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, à Lodz.

Plusieurs médias locaux ont également rapportés des graffitis griffonnés sur plusieurs églises, dans différentes villes à travers le pays. Le slogan «L’enfer des femmes» semble notamment avoir été largement repris par les protestataires.

Interrogée par l’agence de presse Reuters, Julia Miotk, une manifestante de 26 ans a déclaré : «Je suis ici aujourd’hui parce que cela me dérange que dans un pays laïc, l’Eglise décide pour moi de mes droits, de ce que je peux faire et de ce que je n’ai pas le droit de faire». Un discours loin d’être anodin dans un pays où la tradition catholique est profondément ancrée.

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