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Election présidentielle en Iran : qui est Ebrahim Raïssi, le conservateur favori du scrutin

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L’ère d’Hassan Rohani prend fin. Ce 18 juin, les Iraniens votent pour élire le remplaçant de l’actuel président de la République islamique. Pour le remplacer, un homme semble avoir pris un avantage décisif : Ebrahim Raïssi.

Ce dernier pourrait donc redonner le pouvoir aux conservateurs en Iran, après huit années d’une présidence réformatrice qui n’a pas été couronnée de succès. Le pays et ses habitants sont aujourd’hui plus que jamais victimes d’une crise économique causée par l’isolement de la nation et symbolisée par les sanctions imposées par les Etats-Unis et l’échec de l’accord sur le nucléaire. Le mécontentement est d’ailleurs tel que l’abstention pourrait être record d’après les sondages. 

Un juge craint 

Ebrahim Raïssi possède une certaine réputation. Le juge religieux est notamment connu pour avoir participé à une série de procès politiques pour se débarrasser de militants à la fin des années 1990, après la fin de la guerre entre l’Iran et l’Irak. D’après des ONG spécialisées dans les droits humains, plus de 5.000 personnes auraient été exécutées. Certains craignent donc un «tour de vis» sécuritaire dans le pays s’il venait à être élu. 

Mais depuis, le politicien de 60 ans n’est pas resté inactif. Après une candidature manquée à la présidentielle de 2017, il est nommé à la tête du pouvoir judiciaire en 2019, ce qui fait de lui l’un des hommes les plus puissants du pays. Très investi dans la lutte contre la corruption, il est accusé par l’opposition d’avoir utilisé son poste pour ternir la réputation de ses principaux opposants politiques.  

Potentiel futur guide suprême 

Le poste de président de la République islamique d’Iran pourrait n’être qu’une étape dans la carrière d’Ebrahim Raïssi. En effet, il est considéré comme un proche de l’Ayatollah Ali Khamenei, l’actuel Guide suprême iranien. Si ce dernier ne l’a pas affirmé tel quel, il est admis qu’Ebrahim Raïssi est son favori pour le scrutin de vendredi, ce qui lui donne un clair avantage dans les urnes. 

Mais ce n’est pas tout. En effet, il se murmure chez les observateurs que le conservateur pourrait devenir le prochain Guide suprême du pays. Les deux hommes partageraient en effet des vues très semblables sur la manière de diriger le pays, d’autant qu’Ebrahim Raïssi était élève d’Ali Khamenei au séminaire. 

UN NOUVEL ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE ? 

Depuis le départ de Donald Trump et l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, l’hypothèse d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien fait son chemin. Si Ebrahim Raïssi ne s’est jamais montré très ouvert aux négociations avec l’étranger, il est impératif pour le pays de faire lever les sanctions internationales. Depuis plusieurs années, le pays souffre en effet d’une crise économique et sociale qui fait des ravages. 

A noter que les négociations ne devraient pas être aisées. Comme le rappelle Bloomberg, Ebrahim Raïssi était hostile à l’accord de Vienne signé en 2015. L’Ayatollah Khamenei étant cependant favorable à de nouvelles négociations, il est peu probable que le futur président, quel qu’il soit, refuse de discuter avec les nations occidentales. 



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