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École : que signifie s’habiller de «façon républicaine» ?

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«On vient à l’école habillé d’une façon républicaine». L’intervention du ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, ce 21 septembre sur RTL, n’est pas passée inaperçue. Mais la formule n’a pas manqué d’interpeller.

«L’école n’est pas un lieu comme les autres. Vous n’allez pas à l’école comme vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Vous allez à l’école dans une tenue correcte», a-t-il expliqué à l’antenne, avant de poursuivre : «On ne vient pas à l’école en short, que ce soit pour un garçon ou une fille (…) On vient à l’école habillé d’une façon disons républicaine, qui permet une plus grande égalité entre tous».

Sur les réseaux sociaux, certains ont ironisé, relayant la photo de la toile de Delacroix «La liberté guidant le peuplant» représentant une Marianne seins nus sur les barricades. Avec à la clé une question obsédante : qu’est-ce qu’une tenue républicaine ?   

En effet, s’habiller de manière républicaine, ça veut dire quoi, exactement ? La mini-jupe est-elle moins républicaine que la chemise à col Claudine ? le jogging plus anti-républicain que le jean ? Pour tenter d’y voir plus clair, nous avons interrogé le chasseur de tendances Vincent Grégoire, du bureau de style NellyRodi.

«En ce moment, il y a un énormément de crispation autour de la symbolique du vêtement, l’importance du vêtement, le retour de la morale, de la pudeur, de la liberté. Où commence la liberté, où elle s’arrête ? Une question qui tourne souvent autour du féminin et de la place de la femme» dans la société, décrypte le spécialiste.

Dans ce contexte quels seraient les attributs d’une tenue républicaine ? Le concept a des contours flous. «Est-ce une tenue laïque, sobre, un nouvelle uniforme ?», se questionne Vincent Grégoire avant d’ajouter : «le vêtement républicain, c’est une allégorie. Si on prend les choses littéralement, le vêtement républicain, c’est le bonnet phrygien, la cocarde, le pantalon bouffant, la grande chemise. Mais cela peut également être la blouse, la veste boutonnée qui gomme tout». 

Le décolleté et le crop top antirépublicains ? 

Certaines pièces plus que d’autres cristallisent, bien sûr, les crispations, à l’instar du crop top, petit haut qui s’arrête au-dessus du nombril. Il est très apprécié des jeunes filles, comme les décolletés plongeants. Mais ces derniers sont-ils réellement antirépublicains ? Pas si sûr, si l’on regarde les représentations traditionnelles de Marianne, l’un des symboles de la République. «Marianne peut avoir un décolleté hyper plongeant, parce qu’il faut allaiter les enfants de la France. Cette représentation républicaine est plutôt du côté de la générosité, de l’abondance. Dans l’imagerie, elle est souvent pulpeuse, ronde et c’est aussi un symbole de liberté et d’émancipation », note Vincent Grégoire.

Et le chasseur de tendance de rappeler une anecdote étonnante. «Pendant la révolution française, il y avait des codes très précis. Les révolutionnaires ont apporté des références pour déboulonner l’ordre ancien, l’ancien régime, et prôner cette émancipation. Ils portaient des pantalons très fluides avec des rayures. Cette liberté, c’était des joggings avant l’heure. Et puis, il ne fallait pas se couper les cheveux dans le cou, pour justement aller à l’encontre du couperet de la guillotine». Autant d’éléments, symboles de liberté, issus de la révolution, qui donnent une autre perspective à nos tendances actuelles. 

Les marques par essence non républicaines 

Un autre point est souvent au cœur du débat, même si Jean-Michel Blanquer ne l’a pas cité : l’omniprésence des marques et de leurs logos, fièrement affichés par les jeunes sur leurs baskets, doudounes, jeans ou sacs. «La marque n’est pas républicaine par essence. Elle exacerbe les différences sociales, les tensions et la verticalité qui n’est pas recherchée dans l’école républicaine, qui au contraire est en quête d’horizontalité», souligne Vincent Grégoire. «Certains brandissent les marques comme un trophée, comme un blason. Tout le contraire donc d’un vêtement qui permettrait à tout le monde de gommer les différences». Mais difficile aujourd’hui, d’imaginer un monde sans marques. 

Un retour à l’uniforme ?   

Seule solution, dans ce cas : le retour de l’uniforme à l’école. Le sujet revient épisodiquement dans l’actualité, mais pourrait-il être l’habit républicain par excellence ? 

«C’est le vêtement qui va gommer les disparités sociales, de genres, mais avec son petit nom brodé parce qu’on reste quand même un individu. C’est la même chose avec l’uniforme militaire». S’il est toujours en vigueur dans de nombreux établissements au Royaume-Uni, il n’a jamais été obligatoire au sein de l’école publique en France. Aucune loi, ni décret n’a jamais imposé le port de l’uniforme à l’école, expliquait ainsi Claude Lelièvre, historien de l’éducation dans les colonnes de ouest France en 2018, alors que François Fillon, candidat à l’élection présidentielle de 2017, avait quant à lui évoqué son retour. Sans succès. 

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