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Décès de Bertrand Tavernier : ses 5 plus grands films


Le réalisateur Bertrand Tavernier, très fin connaisseur du cinéma mondial, s’est éteint ce jeudi 25 mars. S’il avait diminué le rythme de sortie de ses films – lui qui était capable d’en livrer deux par an -, il restait à l’écoute de l’évolution du 7eme art, entre masterclass et expositions. Il laisse derrière lui une importante filmographie éclectique, exigeante tout en restant grand public, et marquée par quelques chefs-d’oeuvre inoubliables, à l’image des cinq films sélectionnés par CNEWS, et présentés de manière chronologique.

Que la fête commence (1975)

Avec ce film en costume situé au début du XVIIIe siècle, en pleine Régence, le réalisateur retrouve son acteur fétiche Philippe Noiret, inoubliable en Philippe d’Orléans avide de débauche. Il est accompagné par ses compères et «Grands ducs» Jean Rochefort, en abbé Dubois prêt à toutes les compromissions pour s’attirer les faveurs du pouvoir, et Jean-Pierre Marielle, aristocrate breton ruiné qui cherche à obtenir l’indépendance de la région par la révolte. Avec son ton désinvolte, ironique et acerbe, le film de Tavernier, qui rencontre un grand succès public et critique (avec 4 César à la clé), est parfois vu comme une critique sous-jacente des années Giscard, que le réalisateur considère décadentes. 

coup de torchon (1981)

Avec ce film tragi-comique, Bertrand Tavernier prend la direction de l’Afrique occidentale française des années d’avant-guerre. Il mêle l’adaptation du roman noir éponyme de l’Américain Jim Thompson et sa propre relecture du récit Voyage au bout de la nuit, signé Céline. On y suit les velléités de vengeance et de punition d’un policier sans envergure, là encore campé par Noiret, pour assainir selon ses volontés la communauté de colons d’un petit village. Sur son tableau de chasse figurent sa femme (Stéphane Audran) et son amant (Eddy Mitchell), sa maîtresse (Isabelle Huppert), et son supérieur (Guy Marchand). Reportant sur ces futurs accusés ses propres faiblesses et renoncements, il en fera des victimes expiatoires. La réussite du film en salle fera chou blanc aux César. Avec neuf nominations, il repartira pourtant bredouille, détenant pendant de longues années ce triste record.

CAPITAINE CONAN (1996)

Ce film de guerre fut un véritable succès public, et confirma la révélation de l’acteur Philippe Torreton dans le rôle titre, avec un César du meilleur acteur à la clé, quand Tavernier récoltait celui du meilleur réalisateur. Ici, le cinéaste plonge les spectateurs dans une période méconnue de l’Histoire. Celle de l’après Première Guerre mondiale, quand l’armistice avec l’Allemagne est signée, mais que les troupes françaises situées les Balkans doivent rester mobilisées pour faire face à la menace bolchévique venue de Russie. On y suit le jusqu’au-boutisme du capitaine Conan – qui se considère comme un guerrier plus qu’un soldat – pour remplir sa mission et défendre ses hommes, plus proches des repris de justice que des soldats régis par le code militaire. 

dans la brume électrique (2009)

Pour Bertrand Tavernier, ce film ressemble à un aboutissement, celui de décennies d’attirance et d’analyse du cinéma américain. C’est en effet le seul film de fiction qu’il réalisa aux Etats-Unis, dans la très francophile Louisiane. On y suit l’enquête pour meurtre de l’inspecteur Dave Robicheaux, dans une ambiance ou l’étrangeté le dispute à la noirceur. Une très jeune prostituée est retrouvée morte et mutilée. Robicheaux, campé par un brillant et désabusé Tommy Lee Jones, suspecte le baron local de la pègre. De nombreux signes le replongent dans son passé et celui de la région, emprunt de racisme. Malheureusement pour Tavernier, le film connut une sortie mouvementée aux Etats-Unis, puisque seule la Louisiane présenta le film en salles, le film n’étant disponible qu’en DVD sur le reste du territoire.

quai d’orsay (2013)

Bertrand Tavernier, grand adepte de l’adaptation de romans pour ses films, se penchait cette fois sur la BD Quai d’Orsay, carton d’édition signé Christophe Blain et Antonin Baudry. On y suit la vie du ministère des Affaires étrangères pendant la guerre en Irak en 2003. Thierry Lhermitte se glisse dans la peau du ministre Alexandre Taillard de Worms, sorte de double survolté de Dominique de Villepin. Le tout sous les yeux d’une jeune recrue, le chargé des discours Arthur Vlaminck (Raphael Personnaz). Comme dans la bande dessinée, les dialogues savoureux fusent, la frénésie du ministre tranche avec le flegme du directeur de cabinet Claude Maupas (génial Niels Arestrup, lauréat du César du meilleur second rôle pour sa prestation), et le final – le fameux discours de Villepin à l’ONU contre l’intervention américaine en Irak – flamboyant.



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