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Cuir Vegan, cuir animal : quelles différences ?


Le cuir dit «vegan» est à la mode. De plus en plus de marques l’introduisent dans leurs collections. Mais quelles différences existe-t-il avec un cuir animal ? D’où provient-il et offre-t-il les mêmes propriétés ?

Il n’est en effet pas toujours facile de s’y retrouver. Conçu en grande majorité à base de plastique, recyclé ou non, et dans une moindre mesure en matières végétales, le cuir vegan n’est pas à proprement parler du cuir. 

Le cuir, une appellation protégée

D’ailleurs pour les professionnels de la filière, le cuir vegan n’existe pas. L’appellation « cuir » est ainsi encadrée légalement par un décret. Il doit obligatoirement être issu de matières animales, puisqu’il est le résultat du tannage de la peau de bête.

« Le cuir est une appellation protégée. On ne parle de cuir que quand c’est d’origine animale. Parler de cuir vegan est un oxymore », explique ainsi Achille Gazagnes, fondateur de la marque de baskets écoresponsables MoAe, conçues à partir de fruits et de plantes recyclés.

Ce que l’on appelle par déformation cuir vegan n’est donc pas du cuir au sens strict du terme. 

Un mode de production bien spécifique 

Le mode de production du cuir animal et de cuir dit vegan n’ont en effet rien en commun. Le cuir animal est le fruit de la transformation opérée par les tanneries et les mégisseries sur la peau, comme l’explique la Fédération Française de la Tannerie Mégisserie sur son site. Il est le résultat de plusieurs opérations mécaniques et chimiques. 

La peau est ainsi «réhydratée et nettoyée », elle est également épilée puis acidifiée afin de la préparer au tannage. C’est cette étape qui permet de transformer la peau en cuir en y fixant des tanins pour la rendre imputrescible. Le cuir obtenu subira ensuite de nouvelles interventions qui lui confèreront sa souplesse, sa couleur ou encore sa texture. 

 Plastique ou fibre végétale : différents substituts

Les «cuirs» vegan sont quant à eux, le fruit d’un assemblage de différents matériaux, mais ils ont en commun de ne pas utiliser de peau animale. Ainsi, la substance la plus utilisée pour produire des matières imitant le cuir est tout simplement le plastique, neuf ou recyclé.

Dans ce cas, on parle communément de cuir synthétique. Parmi ces matières artificielles, il est possible de citer le skaï ou l’alcantara, bien connus du grand public et créés à partir de fibres synthétiques dérivées du pétrole.

Mais d’autres matières innovantes ont vu le jour ces derniers temps, à l’instar des fibres végétales. Pomme, raison, maïs, cactus… permettent depuis peu de créer des produits vegan, dont l’apparence se rapproche du cuir, mais conçus à base de fruits ou de plantes associés à d’autres matériaux pour stabiliser la matière. En Angleterre, où le concept est plus développé, on parle ainsi de «biomaterial» ou d’«apple skin », de «pineapple skin ». 

Plusieurs griffes se tournent vers ces matières végétales pour créer des modèles se substituant au cuir. Parmi elles, Veja, qui propose plusieurs modèles de baskets en toile de coton recouverte d’un enduit composé en partie de maïs et d’huile de ricin, ou encore Le coq sportif, qui a lancé l’année dernière une gamme végétale à base de résidus de raisins.

Un rendu identique ? 

Cuir animal ou substitut synthétique ou végétal, peut-on alors s’attendre au même rendu ? Durabilité, souplesse, texture, là encore, il existe des différences. Si visuellement, les professionnnels s’accordent à dire que ces matières ont une apparence proche, voire quasi similaire au cuir, elles ne possèdent pas les mêmes propriétés.

«Ces matières que l’on appelle à tort alternatives ne possèdent pas du tout les qualités du cuir», souligne ainsi Frank Boehly, président du Conseil national du cuir (CNC).

En mars dernier, le CNC se félicitait ainsi des résultats de l’étude comparative menée par l’institut allemand FILK sur les propriétés physiques du cuir et neuf matières alternatives à base de cactus, pomme, ananas, champignons et autres végétaux. Cette étude « révèle qu’aucune de ces matières alternatives ne présente les qualités naturelles du cuir en matière d’usage, de longévité et de résistance à la craquelure, à la perméabilité, à l’absorption de l’eau et à la déchirure» notait le CNC. 

Ainsi, les cuirs synthétiques, à base de plastique, seront moins flexibles et moins respirants car totalement imperméables. Les biomatières n’auront pas la même durabilité qu’un cuir premium constate de son côté Achille Gazagnes, mais «elles tiendront dix ans et seront plus écoresponsables» en termes de pollution et de respect de la vie animale, explique ce dernier. 

Cuir ou matière vegan : l’impact environnemental en question 

Les consommateurs sont en effet de plus en plus sensibles à l’impact écologique de leur mode de consommation, voire du bien-être animal. Dans ce contexte, cuir animal et substitut vegan sont mis en concurrence. 

Régulièrement critiquée pour son impact environnemental et notamment l’usage du chrome, la filière du cuir française met en avant la durabilité de ses produits et les démarches entreprises pour assainir la production. Parmi elles : la réduction de la consommation d’eau, la baisse des produits chimiques utilisés ou la mise en place de normes européennes. «Tout n’est pas noir ou blanc», insiste Frank Boehly estimant que le plastique est la matière la plus dangereuse pour la planète. 

 

Ainsi, si les matières vegan s’affranchissent de l’usage de matière animale, elles ne sont pas forcément toutes écologiques. «De nombreuses marques sautent aujourd’hui le pas pour remplacer le cuir par des matériaux vegan. Cela sonne bien. Malheureusement, la composition de ces nouveaux matériaux n’est pas très transparente » constate la marque Veja. Et pour cause, il est nécessaire de différencier les matières végétales des matières purement synthétiques, issues de l’industrie pétrolifère puisqu’en plastique.

De leur côté, les peaux végétales, composées en moyenne de près de 50 % de plantes ou fruits, ne sont pas encore totalement vertes. Si elles semblent plus respectueuses de l’environnement, leurs fibres nécessitent encore d’être assemblées à d’autres substances, comme le plastique recyclé ou le coton. Leur défi pour les années à venir sera de trouver des solutions  pour augmenter leur part de matière végétale et être toujours plus propres.  





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