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Crack : la prise en charge des toxicomanes est au cœur des discussions


Les problèmes sanitaires et sécuritaires liés aux trafics de drogue – notamment autour de la consommation et du deal de crack – s’aggravent, mais les autorités peinent encore à les régler.

Dérivée bon marché de la cocaïne, diluée avec du bicarbonate de soude ou, plus dangereux encore, avec de l’ammoniaque, cette drogue, aux effets puissants mais très brefs et particulièrement dévastateurs, fait depuis des années des ravages à Paris et dans d’autres grandes villes françaises comme Bordeaux, Strasbourg ou Lille. Si le nombre de consommateurs est estimé à une dizaine de milliers en France, une poignée d’entre eux ont sombré et vivent dans la rue. Avec des conséquences parfois tragiques.

Une précarité extrême

Traités en paria, la plupart des toxicomanes ont tout perdu, ne touchent aucune aide, n’ont plus de famille et survivent en commettant des vols ou, plus généralement en ce qui concerne les femmes, en se prostituant. Ils «portent des problématiques de précarité extrêmement importantes», résultat «d’années de consommation à la rue […] avec toutes les violences que l’on peut imaginer», explique le docteur Thomas Dusouchet, responsable de l’association Gaïa à Paris.

Le crack est tellement addictif qu'il est quasiment impossible de s'en sortir seul et sans aide.

Autrefois discrète, leur simple présence est désormais devenue un problème, notamment dans le centre-ville de Bordeaux ou à Paris depuis le démantèlement fin 2019 de la Colline du Crack, où ils avaient trouvé refuge. D’un côté, eux se disent prisonniers de cette drogue ultra addictive pour laquelle il n’existe aucun traitement de substitution. De l’autre, les riverains des zones ouvertes de consommation manifestent leur colère face à la violence et l’insécurité générées par la présence des consommateurs mais aussi des dealers, se sentant abandonnés des pouvoirs publics.

Des solutions à l’étude

Mais face à ce fléau en explosion, force est de constater que les solutions manquent à l’appel. Il existe pourtant de nombreuses structures pensées pour accueillir les personnes souffrant d’addictions. Une centaine de centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogues (CAARUD) sont ouverts à tous, principalement dans les grandes villes. Deux salles de consommation à moindres risques (SCMR) – appelées «salles de shoot» – ont également été inaugurées à Paris et Strasbourg en 2016, pour une expérimentation de six ans. Mais tout cet arsenal semble montrer ses limites.

Souvent accusée de ne rien faire, la municipalité parisienne plaide de son côté pour la mise en place rapide d’un «réseau métropolitain» de lieux d’accueil, proposant consommation supervisée, accès aux soins et hébergement. Un projet ambitieux qu’elle n’entend pas mettre en place seule, dans la mesure où l’accompagnement des toxicomanes est une compétence du ministère de la Santé, et que la lutte contre le trafic de stupéfiants est une compétence du ministère de l’Intérieur.

Le 15 septembre, le Premier ministre Jean Castex a donné son feu vert pour «la création de nouveaux lieux dédiés à l’accueil et au repos», invitant même l’édile parisienne à lui proposer des sites pour les accueillir, juste avant que le ministre de la Santé Olivier Véran annonce à son tour, le 23 septembre, la prochaine expérimentation de Haltes soin addiction (HSA) financées par l’Etat.

Les toxicomanes, dépendants au crack, ont été regroupés au nord-est de Paris, dans un square «isolé».

Un débat qui s’est en outre invité dans la campagne présidentielle, puisque certains candidats ont fait part de leurs idées, à l’instar de Valérie Pécresse qui propose l’ouverture d’un centre de désintoxication. De quoi rendre encore plus complexe ce dossier déjà explosif.



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