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Covid-19 : une infirmière qui avait soigné Boris Johnson démissionne et dénonce sa gestion de la crise


Lorsque Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a contracté le Covid-19, Jenny McGee était à son chevet. Mais depuis, cette infirmière a remis sa démission et annoncé son départ, ce mardi 18 mai. Elle évoque un «manque de respect» de la part du gouvernement envers les soignants.

Jenny McGee a exprimé son ressenti dans le documentaire «The year Britain stopped» («L’année où la Grande-Bretagne s’est arrêtée»), consacré à l’épidémie de coronavirus en Grande-Bretagne et dont la diffusion sur la chaîne de télévision britannique Channel 4 est prévue pour le 24 mai.

Selon le Guardian, elle y revient sur son travail en tant qu’infirmière en chef des soins intensifs de l’hôpital St Thomas de Londres, là où Boris Johnson a été hospitalisé lorsqu’il a été contaminé. La jeune femme a veillé le Premier ministre pendant deux jours et se souvient notamment «d’avoir pensé qu’il avait l’air très très malade», lorsqu’elle l’a aperçu pour la première fois.

A sa sortie de l’hôpital, Boris Johnson a nommément remercié Jenny McGee et un autre infirmier, Luis Pitarma, devant les médias, assurant que si son «corps avait fini par avoir assez d’oxygène», c’était parce qu’ils l’avaient «surveillé à chaque seconde durant la nuit».

Par la suite, l’infirmière a été invitée dans le jardin de Downing Street. Elle indique s’y être rendue, mais avoir refusé de participer à une session d’«applaudissements pour les soignants». Au début de la pandémie, les Britanniques ont, comme les Français, régulièrement manifesté leur soutien aux personnels des hôpitaux en les applaudissant depuis chez eux.

De l’«indécision» et des «messages contradictoires»

Ce jour-là, Boris Johnson et ses équipes souhaitaient donc que leurs invités reproduisent cette tradition dans le jardin de Downing street. Mais pour Jenny McGee, il s’agissait surtout d’«une très bonne occasion», pour eux, de prendre des photos. «Vous savez, un peu comme, voici Boris et ses amis du NHS (National Health Service, le système de santé publique du Royaume-Uni, ndlr)», développe la jeune femme.

Or, l’infirmière préférait «rester en dehors de ça». Elle explique que beaucoup de ses collègues estimaient que le gouvernement ne s’était pas montré «très efficace» dans sa gestion de la crise. Jenny McGee évoque l’«indécision» mais aussi «les messages contradictoires» des autorités. «Tout ça était vraiment bouleversant», justifie-t-elle.

Selon elle, la pire période a été celle juste avant Noël 2020. A ce moment-là, l’exécutif britannique était très critiqué pour ne pas avoir imposé de nouvelles restrictions plus tôt et, à l’hôpital St Thomas, les malades du Covid-19 ont afflué. «Je ne sais pas comment décrire l’horreur que nous traversions, lâche la jeune femme. Nous étions désespérés».

Pour Jenny McGee, la goutte d’eau a été d’entendre le gouvernement de Boris Johnson proposer d’augmenter le salaire du personnel du NHS de 1%. «Nous n’obtenons ni le respect ni la paie que nous méritons», s’indigne-t-elle. Alors, dans une déclaration rendue publique mardi 18 mai, l’infirmière a annoncé son intention de «prendre du recul par rapport au NHS […] après l’année la plus difficile de [sa] carrière».

En réaction, un porte-parole de Downing Street a souligné la «reconnaissance» du gouvernement britannique envers les soignants du NHS, dont le dévouement est «allé au-delà des attentes». «C’est pourquoi ils ont été exemptés du gel des salaires du secteur public mis en place en raison de la situation économique difficile créée par la pandémie», poursuit-il.

L’exécutif fait également état d’un investissement de «30 millions de livres sterling (environ 34.730.600 euros, ndlr) pour soutenir la santé mentale du personnel» et de l’élargissement du nombres de places disponibles dans les écoles de médecine d’Angleterre «afin de continuer à développer [la] main-d’oeuvre».

«En fait, je regrette d'avoir dit ça. Oubliez ce que j'ai dit», a ensuite rétropédalé le Premier ministre britannique.

Des arguments qui n’ont pas suffi à retenir Jenny McGee, sachant que les soignants partageant sa lassitude ne sont pas rares. Selon une étude menée par le Royal College of Nursing, la proportion d’infirmiers envisageant de quitter la profession est passée à 36% en 2020, soit plus d’un tiers, contre 27% à la fin de 2019. De son côté, Jenny McGee n’a pas abandonné sa vocation mais a décidé de l’exercer au soleil, avec un nouveau contrat dans les Caraïbes.





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